L'A380 dans le collimateur américain

le 06 octobre 2005 à 12h17 , mis à jour le 06 octobre 2005 à 12h25

Les experts de l'aviation civile américaine étudient les problèmes que pourraient susciter les turbulences de sillage de l'appareil européen. Un nouvel épisode de la guerre commerciale Boeing-Airbus ?

L'A380 en volLe géant s'est arraché du sol. Il commence à s'élever en bout de piste. © DR

Les autorités de l'aviation civile américaine se penchent sur les problèmes de turbulences de sillage que peut présenter le dernier né de la gamme Airbus, l'avion géant A380 qui pourra transporter jusqu'à 800 personnes. Les recherches menées par les experts américains "entrent toutefois dans le cadre d'un groupe de travail international de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI)", a précisé Laura Brown, porte-parole de l'aviation civile américaine.

Pour l'A380, "il n'y aura pas de normes américaines séparées (...) de celles fixées au niveau international par l'OACI", a-t-elle souligné. Les experts américains doivent faire des recommandations à l'organisation internationale "mais sans doute pas avant février", a encore indiqué Laura Brown qui n'a pas donné de précision sur le sens de ces recommandations.

Selon le quotidien Wall Street Journal (WSJ), mercredi, les Américains tenteraient de renforcer les normes pour les distances à respecter par les autres avions succédant au futur A380 à l'atterrissage et au décollage en raison des risques accrus de turbulences de sillage de ce super-jumbo. Ces tentatives s'inscrivent, selon le journal, dans la concurrence acharnée que se livrent Boeing et Airbus sur fonds de litiges à l'OMC sur les aides publiques.

Essais en cours

Les premiers A380 devraient être livrés vers la fin 2006, selon Airbus qui espère s'imposer avec ce nouveau concept d'avion géant long-courrier en période de prix élevés du carburant. Un porte-parole d'Airbus en France a indiqué que le groupe avait "commencé les mesures des turbulences de sillage dans le cadre des essais en vol", ajoutant que ces essais n'étaient pas encore terminés. "Plus l'avion est gros, plus il est lourd et il est donc logique que le phénomène des turbulences soit plus important", a poursuivi ce porte-parole, qui a tenu à souligner que l'avionneur européen avait conçu l'appareil "pour minimiser cet effet".

Selon le chercheur scientifique George Green, cité par le journal américain, la principale préoccupation des Américains dans ce dossier est la sécurité. "L'équité ne vient qu'en second lieu (...) parce que la FAA ne cherche pas à être ultra-conservatrice pour pénaliser la capacité" du nouvel avion, selon ce chercheur qui participe au groupe de travail de l'agence américaine.


le 06 octobre 2005 à 12:17
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23 Commentaires

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  • Pirate, le 07/10/2005 à 20h05

    N'oublions pas que si Airbus a vu le jour c'est en partie grace a des compagnies aeriennes americaines qui avaient peur du monopole de Boeing et qui ont fait expres d'acheter de l'Airbus pour assurer une concurrence. Les americains ne sont pas fair-play en economie contrairement a l'UE, ce n'est pas bien mechant.

  • Kevin, le 07/10/2005 à 10h27

    Les turbulences de sillage consitutent un des plus grand danger en aviation, particulièrement pour l'aviation légère. Il est dès lors tout à fait normal de se soucier de ce phénomène. Cela fait partie intégrante de la certification de vol de tous les avions. Les américains se soucient tout comme les européens d'assurer la sécurité aux abords des aéroports, là où les turbulences de sillage sont les plus dangereuses. La congestion du trafic aérien n'arrangeant pas les choses. Il ne s'agit pas de guéguerre commercial mais simplement de professionalisme. Alors réfléchissez la prochaine fois au lieu de partir comme d'habitude au quart de tour.

  • Xx, le 06/10/2005 à 20h51

    Le marché n'est pas sur les usa, mais sur le reste du monde.

  • Spechbak, le 06/10/2005 à 20h07

    Il est même expert en aéronautique . Quel homme

  • Lionel, le 06/10/2005 à 18h14

    Et allez donc les grand américains qui ne supportent pas de se faire damer le pion recommencent à nous jouer la vieille histoire du Concorde qui a ridiculisé leur SST à l'époque et du coup il avaient trouvé tous les motifs pour interdire Concorde et ruiner son avenir. L'A380 a fait la pige a Boeing et ça recommence, vous allez voir ils vont se débrouiller pour lui trouver tous les défauts à l'A380 et pour lui interdire tous les aéroports qui lui permettraient d'être rentable.. J'espère, si c'est le cas, que l'UE sanctionnera aussi les Boeing, a moins qu'on baisse encore notre culotte ...

  • Bassompierre, le 06/10/2005 à 18h05

    Messieurs les americains reconnaissez pour une fois que la petite EUROPE vous a battus

  • Terry, le 06/10/2005 à 17h55

    C'est incroyable: un organisme international dont l'Europe et Airbus font partie integrante se penchent sur un eventuel probleme, et il suffit de coller un titre raccoleur au possible sur l'article ("L'A380 dans le collimateur Americain": on croit rever) pour voir la meute aboyer selon un reflexe Pavlovien bien connu et entierement previsible ! Denis le febvre, Rueil-malmaison: tu as raison, mais tu ne racontes que la moitie de l'histoire. Apres l'accident l'enquete avait conclu que: 1) la tour de controle de New York n'avait pas fait respecter la distance de securite entre 2 decollages, ce qui prouve bien l'importance du probleme. 2) le pilote d'American Airlines n'avait pas respecte les consignes d'Airbus en utilisant les ailerons de queue pour contrer les remous (soumettant ainsi l'assemblage de queue a des vibrations importantes proches de la frequence de resonnance) au lieu de se servir des ailerons sur les ailes principales, comme on lui avait appris a faire dans sa formation chez Airbus. Comme quoi les Americains font bien le menage chez eux. Moi, Palaiseau: pendant des decennies le Concorde a ete de loin l'avion le plus bruyant, et personne (en France) ne semblait s'en plaindre. Aujourd'hui qu'il ne vole plus (malheureusement) et que le 747 est devenu par defaut le plus bruyant, le bruit excessif des avions serait soudainement devenu un probleme ? Excuses-moi, mais j'ai du mal a prendre ta remarque au serieux...

  • ERIC, le 06/10/2005 à 17h37

    Une précision à la réaction de Denis Lefevre. Plus subtil encore que le non respect des distances L'airbus n'était pas dans la trajectoire du 747, il a recontré la turbulence de sillage résiduelle du 747 qui s'était déplacée avec le vent et s'est trouvé d'un coup dans la trajectoire de l'Airbus (en pleine prise de cap. Jusque là pas de problème, en fait s'est une erreur de pilotage qui à précipité l'avion à terre. Le copilote qui était aux commandes de l'A310 à voulu compenser les secousses par le jeu conjugué du palonnier et du manche. Il a outrepassé la limitation mécanique de la gouverne de queue ce qui a eu pour conséquence de faire renter l'avion "en résonnance" - plus on veux compenser les secousses, plus on augmente les secousses. Le résultat, la gouverne a été arrachée et l'avion est parti au tapis. Bonne après midi à tous

  • BERNARD, le 06/10/2005 à 17h24

    DANS CETTE AFFAIRE CE NE SONT PAS LES AMERICAINS QUI SANCTIONERONT CETTE AVION, MAIS LE MARCHE.

  • Christophe, le 06/10/2005 à 16h40

    Travaillant dans l'aero depuis bientôt 10 ans je voudrai apporter quelques précisions : sur le vol AA587 le respect des délais entre les 2 décollages n'a pas été suivi. Au sein de l'OACI la FAA (DGAC en France) a un pouvoir de lobbying il suffit de se souvenir de la fausse étude menée concernant le coût des infrastuctures aéroportuaires dédiées A380 par les aéroports US. De plus, Boeing étudie un concurrent au 380 sur la base d'un 747 modifié. Concernant les crashs les médias ont un peu beaucoup et fortement extrapolé les incidents de vol (je ne parle pas d'accident) et puis cela est de la responsabilité des acheteurs tout ne s'achète pas à pas cher CQFD C'est de bonne guerre Boeing est un peu affaibli cette année, vient de subir une grève d'1 mois et les avances remboursables ne leur plaisent pas contrairement à ce que fait la NASA qui file plein de dollars à Boeing sous le couvert de programmes militaires, les crédits sont affectés au bon vouloir de Seattle. Donc pas d'affolement les US sentent qu'Airbus est leader et c'est dur à accepter

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