L'Europe face à la grippe aviaire

le 14 octobre 2005 à 18h29 , mis à jour le 15 octobre 2005 à 07h51

L'arrivée en Turquie du virus de la grippe aviaire H5N1 a ravivé en Europe les craintes d'une pandémie. Les 25 ont soutenu vendredi le renforcement des mesures de protection.

[Expiré] [Expiré] oiseaux grippe aviaire © AFP

Cela s'appelle le "principe de précaution". Les experts vétérinaires des Etats membres de l'UE ont soutenu vendredi le renforcement des mesures de lutte contre la grippe aviaire proposé par la Commission européenne, tout en affirmant qu'à ce stade la détection du virus en Roumanie et en Turquie ne représentait pas un danger pour la santé publique.

Le renforcement des mesures consiste surtout en l'amélioration des mesures de sécurité dans les poulaillers, comme par exemple l'enfermement des poulets, ou la mise en place de systèmes de détection précoce dans les zones à risques comme les marécages, a précisé Bruxelles. Et d'ajouter : "Les mesures appropriées, en fonction des circonstances nationales".

Embargo

Si le Premier ministre français Dominique de Villepin a assuré vendredi qu'il n'était pas question, "à ce stade", "d'enfermer les poulets", Berlin a demandé aux Etats régionaux allemands de faire procéder rapidement à l'enfermement des volailles dans les régions de grands élevages. Les ministres des Affaires étrangères des 25 doivent se retrouver mardi à Luxembourg pour discuter notamment de la grippe aviaire.

La présence en Turquie du virus H5N1, qui a causé la mort en Asie depuis 2003 d'une soixantaine de personnes, a été confirmée jeudi. Un deuxième foyer du virus H5 de la grippe aviaire a été détecté vendredi en Roumanie, à une soixantaine de kilomètres du premier, dans le delta du Danube. Mais les résultats des analyses précises du virus, pour savoir s'il s'agit du H5N1, ne seront pas disponibles avant samedi après-midi, selon la Commission.

Sans attendre ces résultats, l'UE a interdit jeudi toutes les importations de Roumanie d'oiseaux vivants et de tous les produits issus de la volaille. Un embargo similaire existait déjà à l'encontre de la Turquie. Alors que le commissaire européen à la Santé Markos Kyprianou a laissé entendre jeudi que le vecteur de la maladie "pourrait être transmis par les oiseaux migrateurs", la Turquie traversée par trois grandes routes de migration a interdit vendredi la chasse aux oiseaux sauvages.

Ruée sur le Tamiflu

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tout en se disant préoccupée, n'a pas jugé nécessaire vendredi de relever son niveau d'alerte épidémiologique. "Tout indique pour l'instant que le virus H5N1 ne se propage pas facilement de l'oiseau à l'homme pour infecter ce dernier", a précisé l'agence de l'Onu.

Les appels répétés des autorités à ne pas céder à la panique et les mesures de protection décidées par l'UE et les différents pays européens n'ont pas empêché une ruée sur les pharmacies. En Turquie, les habitants ont épuisé en quelques jours les stocks de 28.000 doses de Tamiflu, le seul antiviral jugé efficace pour lutter contre la grippe aviaire mais qui ne doit être pris qu'à titre curatif. En Roumanie, faute de pouvoir obtenir du Tamiflu, les habitants se sont rabattus sur le vaccin de la grippe ordinaire.

Cette ruée est désormais en passe de s'étendre au reste de l'Europe : les pharmacies ont été dévalisées en Belgique, en Allemagne ou en France. Les Etats, encouragés jeudi par Bruxelles à "faire des stocks d'antiviraux", passent également des commandes de Tamiflu aux laboratoires suisses Roche.

Le groupe pharmaceutique a fait savoir jeudi qu'il était submergé de commandes et allait multiplier sa production par huit ou dix d'ici à 2006. Mais l'hebdomadaire scientifique Nature a publié vendredi une étude qui révèle qu'une souche du H5N1, identifiée sur une fillette de 14 ans au Vietnam, est résistante au Tamiflu. Des essais en laboratoire sur des animaux ont montré que ce virus était sensible à une autre substance appelée zanamivir et commercialisée par le britannique GlaxoSmithKline sous le nom de Relenza. Pour financer notamment les achats d'antiviraux et de vaccins, Bruxelles a relancé vendredi l'idée d'étendre le recours au Fonds européen de solidarité, normalement destiné aux catastrophes naturelles, au cas où une pandémie se déclencherait.

(IMAGE AFP)

le 14 octobre 2005 à 18:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Marie, le 15/10/2005 à 13h22

    S'il n'y avait pas de laboratoires pharmaceutiques on serait peutêtre tous déjà morts. Heureusement qu'il y a encore des chercheurs et des labos pour prendre le risque de développer des médicaments(cela prend des années!!).Ceux qui critiquent sont surement ceux qui se sont précipité pour faire leur stock de tamiflu avant les autres...

  • Val, le 15/10/2005 à 11h25

    Et comment saura t on si l'on a une rhume, une angine ou la grive aviaire ? qui nous informe des symptomes ? tout le monde ne court pa chez le medcin dès qu'il a le nez qui couel et de la fatigue ...

  • Cathy, le 15/10/2005 à 08h33

    Comme d'habitude, il ne faut pas s'affoler, mais il y a 19 ans et demi quand tchernobyl a explosé, la consigne était la même ne pas affoler la population, totale aucune protection et voilà maintenant des centaines de gens malades comme moi de la thyroïde, je pense qu'il faut être extrèmement vigilant à partir de maintenant mais le problème est-ce que les médecins sauront détectés la grippe aviaire chez les humains, connaissent-ils les symptômes s'ils nous soignent pour une banale grippe bonjour les dégâts, je me demande s'ils sont formés pour cela,de toute manière nous sommes les cobayes de la médecine.

  • Demba, le 15/10/2005 à 02h35

    à Fabrice, C'est peut-être la preuve que la Turquie n'est si loin de l'Europe. Quand elle s'enrhume l''Europe tousse, apparemment.

  • Romeo, le 14/10/2005 à 23h22

    Qui est à l'origine de ce virus, la nature, l'hommme, les sientifiques,les financiers, bizarre ???????

  • Nauleau, le 14/10/2005 à 23h12

    On a dit non a la turquie en europe et voilà ce qui arrive alors dites non aux volatilles turques !!! Mais non c'est une blague anti-villièriste, le bouffon député de ma Vendée. Plus sérieusement laissé les pigeons où ils sont. A part nous chier dessus il n'y a rien a craindre. On aime bien se faire peur en france, il n'a eu que 62 morts sur le continent le plus peulpé du monde... Regardez le film "28 jours plus tard", cela vous donnera un ordre d'idée sur une pandémie ilienne !!!!

  • Parisien, le 14/10/2005 à 22h09

    Qu?est ce qu'il faut faire de tous ces pigeons à paris? J?en ai plain sur mon balcon et mes enfants les touches des fois?

  • BENVIVI, le 14/10/2005 à 22h06

    Ce que personne ne veut dire et que les journalistes a la solde de l argent censurent, c est que malheureusement aucun vaccin n est efficace pour le moment. Tout n est question que d argent et tout est bon pour engraisser ces complexes pharmaco-pognon sur notre dos.

  • Fabrice, le 14/10/2005 à 21h34

    Via la Turquie, la grippe aviaire est déjà en Europe. C'est vraiment inquietant en tout cas et ça va très vite!

  • Diti, le 14/10/2005 à 20h47

    L'OMS s'inquiète de la progression du virus de la grippe aviaire en Europe mais minimise le danger pour l'homme dans l'immédiat... Un pas en avant, deux pas en arrière comme d'habitude : les "gaffes" concernant les menaces en Roumanie de ces dernières 48 heures qui ont fait l'objet de "démentis" dans l'information donnent confiance ! Bravo l'Europe, bravo ceux en qui nous devrions avoir confiance et qui prétendent qu'il n'y a pas lieu de s'affoler.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience