© LCIPrivés de récré. Les poulets français n'ont rien à se reprocher mais, grippe aviaire oblige, des milliers d'entre eux vont prendre dans les jours à venir le chemin des poulaillers. Mardi, la France a décidé le confinement immédiat des élevages de volailles de plein air dans 21 départements. 11 millions de volailles sont concernées par cette mesure, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture. Pourquoi ? Tout sédentaires qu'elles soient, ces volailles ont le malheur de se trouver sur le chemin des oiseaux migrateurs, donc de volatiles potentiellement malades. Aucun cas de grippe aviaire - et encore moins de sa forme dangereuse pour l'homme le H5N1 - n'a été détecté dans l'Hexagone. La mesure est valable jusqu'au 1er décembre, stipule un arrêté publié mardi matin par le Journal officiel.
Cependant, même dans les 21 départements, le confinement ne sera pas toujours de mise. Le décret prévoit par exemple, lorsqu'il n'existe pas de bâtiment d'élevage, "des mesures protectrices adaptées d'effet équivalent" ainsi qu'une surveillance renforcée par les services vétérinaires. En dehors des régions concernées par le confinement, "les mesures protectrices applicables depuis la fin du mois d'août seront renforcées": ne pas nourrir ou abreuver les oiseaux en plein air, et ne pas utiliser les eaux superficielles pour abreuver les oiseaux et nettoyer les bâtiments.
Tout en se félicitant de ces mesures, de nombreux éleveurs éleveurs ont demandé que la mise en pratique de ces bonnes résolutions soit rapidement précisée par les autorités : quels produits utiliser pour nettoyer les installations ou pour purifier l'eau, par exemple ? Pierre Bernard, vice-président du Comité interprofessionnel de la volaille de la Bresse, plaide lui pour une application sur mesure, en fonction des particularités des élevages dans chaque département (à lire : notre interview).
Plus prudent que l'AFSSA
"Je suis bien conscient des difficultés que pourraient rencontrer les éleveurs et de notre devoir de les accompagner", a assuré le ministre de l'Agriculture. Ce dernier a promis que le gouvernement reverrait la répartition des budgets de l'Etat pour faire face à cette crise mais n'a pas chiffré le coût de ces nouvelles mesures.
Dans son dernier avis, de vendredi, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) ne recommandait pas le confinement des volailles d'élevage, telles que celles prises récemment en Allemagne. Dimanche encore, Pascale Briand, directrice de l'agence, estimait auprès de Reuters qu' "il ne semblait pas que nous soyons arrivés à un stade de risque suffisant pour élever les précautions au niveau du confinement". La directrice de l'Afssa précisait qu'une telle mesure serait justifiée en cas d'apparition de foyers de la maladie à l'ouest de l'Europe.
Le seul cas de H5N1 révélé dans l'UE depuis dimanche est celui d'un perroquet en Grande-Bretagne. Mais il était en quarantaine... "Ce qui est nouveau, c'est la découverte de quelques foyers isolés en Russie situés sur le couloir de migration de l'Est vers le Nord de l'Europe et la façade atlantique", a indiqué le ministre de l'Agriculture mardi lors de sa conférence de presse. Or, ces cas étaient déjà connus du public,et de l'AFSSA, ce week-end. Le ministre aurait donc, comme il le peut, dépassé les recommandations des experts. Par précaution.
Vers la vaccination
"Il y a un emballement politique et médiatique", commentait mardi Yves de la Fouchardière, directeur des Fermiers de Loué. L'entreprise, dont le siège est au Mans, n'est pas concernée par le confinement total. "Cette décision était prévisible et il n'est pas interdit de penser qu'on enfermera bientôt toutes les volailles... et nous le ferons", poursuit le patron qui, après une chute des ventes il y a dix jours, constate une remontée des courbes ces derniers jours.
"Dans six mois, quand des cas de grippe aviaire auront été détectés dans chaque pays d'Europe, l'Etat nous autorisera peut-être à vacciner les volailles contre cette maladie", prédit l'entrepreneur. A ce jour, les autorités sanitaires estiment que la vaccination n'est pas nécessaire et risquerait de développer une plus grande résistance des virus. Sans compter qu'il n'existe pas de vaccin unique pour toutes les volailles.
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Départements concernés : Ain, Aube, Bouches-du-Rhône, |
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