© AFP/THOMAS COEXAlors que la présence du virus aux portes de l'Europe renforce les craintes d'une épidémie animale à grande échelle, et peut-être un jour humaine, le Premier ministre Dominique de Villepin a tenu à montrer vendredi que son gouvernement était mobilisé face aux risques liés à la grippe aviaire en présidant une réunion interministérielle sur le sujet à Matignon.
"Nous ne sommes pas en situation de pandémie" et il n'y a "aucun cas" de transmission "d'homme à homme" de la grippe aviaire, a insisté Matignon dans un communiqué publié à l'issue de cette réunion. M. de Villepin a rappelé à cette occasion "les deux priorités" du gouvernement : "prévenir en étroite coordination avec nos partenaires européens la propagation de l'épizootie en Europe" et "protéger la santé des Français".
Tamiflu
Surtout, alors que les informations en provenance d'Asie et de l'est européen ont créé un climat de vive inquiétude, le chef du gouvernement a exhorté, sur Europe 1, la population à ne "pas céder à la panique", tout en reconnaissant que "c'est une affaire qu'il faut prendre au sérieux".
M. Bertrand a assuré qu'en cas de pandémie, l'Etat permettrait aux médecins de "prescrire gratuitement" de l'anti-viral Tamiflu aux malades et qu'il ne servait à rien de s'en procurer dès maintenant. La France disposera de 14 millions de traitements antiviraux d'ici la fin de l'année, dont "9 millions sont aujourd'hui déjà disponibles en partie sous forme de gélules, en partie en vrac", a-t-il précisé, en rappelant que 40 millions de vaccins dirigés contre un éventuel virus aviaire humanisé ont été réservés par la France.
D'autre part, 50 millions de masques de haute protection ont été distribués aux hôpitaux, 70 seront disponibles à la fin de l'année et 80 millions supplémentaires début 2006, soit au total 200 millions de masques disponibles début 2006 (le tiers de la production mondiale).
Réunion de l'Afssa lundi
Rappelant l'interdiction de l'importation de volailles de Turquie et de Roumanie dans l'UE, le Premier ministre a souligné qu'il n'était pas question "à ce stade" d'enfermer les volatiles et qu'il n'y avait aucun danger à consommer de la volaille "cuite", alors que les professionnels du secteur ont noté une baisse des ventes ces dernières semaines. Il a précisé avoir lui-même mangé du poulet la veille.
"Nous avons un dispositif d'ores et déjà opérationnel", a souligné M. de Villepin, en précisant qu'il y avait "un plan de prévention" qui, "en fonction de l'élévation du risque, comme cela existe pour les catastrophes naturelles, déclenchera à chaque fois des interventions". "Nous sommes dans la première alerte", a-t-il dit. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) se réunira lundi "pour faire un certain nombre de recommandations scientifiques" sur la grippe aviaire.
La Commission européenne a annoncé jeudi que le virus détecté en Turquie était bien le H5N1, celui qui a entraîné en Asie la mort d'une soixantaine de personnes depuis fin 2003. L'Organisation mondiale de la santé a fait part vendredi de sa préoccupation mais a minimisé le danger pour l'homme dans l'immédiat.
(PHOTO AFP/THOMAS COEX)
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