© INTERNEtf1.fr : Les chasseurs contactent-ils la Fédération au sujet de la grippe aviaire ?
Charlotte Dunoyer : Les chasseurs posent trois types de questions : "puis-je aller à la chasse aux oiseaux migrateurs ?", "est-ce que je prends un risque ?" et "puis-je participer à la surveillance sanitaire du territoire ?". Nous leur donnons des réponses, notamment sur notre site Internet, à partir des éléments fournis par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et divers experts.
Dans l'état actuel, chasser les oiseaux migrateurs ne représente aucun risque. Ce qui se passe en Turquie et en Roumanie est l'expression de ce que les experts avaient prévus fin août. Les chasseurs français chassent des oiseaux en provenance du Nord de l'Europe et de la Russie et qui se rendent vers l'Afrique du Nord. Selon l'Afssa, le risque de contamination direct est négligeable à nul. En revanche, en cas de vague de froid, certains oiseaux pourront quitter l'Europe de l'Est pour se rendre en Italie ou dans le Sud de la France. Les chasseurs seront les premiers à repérer ces espèces qu'ils n'ont pas l'habitude de voir. Les chasseurs sont d'ailleurs partie prenante du réseau d'alerte sanitaire Sagir, créé en 1986. Par exemple, s'ils trouvent des oiseaux morts, ils mettent des gants, les mettent dans des sachets en plastique et les amènent pour analyse, à leurs frais, aux laboratoires vétérinaires départementaux.
tf1.fr : Michel Métais, directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux, s'inquiète des élevages de gibiers d'eau que possèdent certains chasseurs et qui ne font pas l'objet de surveillance sanitaire (cliquer ici pour lire l'article)...
C. D. : Il y a plus de 15.000 huttes en France. Nous les connaissons toutes. La direction générale de l'Alimentation nous a demandé de mettre en place un protocole de surveillance des appelants [oiseaux utilisés vivants pour attirer leurs congénères sauvages, NDLR]. Nous l'avions d'ailleurs proposé dès fin août car ce sont des animaux sentinelles, qui se trouvent aux avant-postes de l'arrivée du virus. Les services vétérinaires départementaux feront ainsi régulièrement des prélèvements sur des appelants vivants [pour détecter une éventuelle présence du virus de la grippe aviaire, NDLR].
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La grande majorité des appelants reste sur le lieu de chasse. Entre 10 et 15% sont élevés sur d'autres sites mais il n'y a pas de contacts avec les autres animaux domestiques. Les appelants sont des oiseaux précieux, sélectionnés pour la qualité de leur chant ; les chasseurs ne les mélangent pas avec leur basse-cour.
tf1.fr : En cas d'apparition de la grippe aviaire en France, faut-il interdire la chasse au gibier à plumes ?
C. D. : Dans le foyer infecté, très probablement. En revanche, si on interdisait la chasse dans toute la France, on casserait "le thermomètre". Comme je dis souvent, sans thermomètre, je ne peux pas détecter la grippe. Vous savez, l'Italie en 1999 et la Hollande en 2003 ont connu des foyers de grippe aviaire, et il ne s'est rien passé en France. Nous avons l'habitude de faire face à ce type de situation.
photo : archives LCI
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