
Cliquez ici pour découvrir notre dossier
consacré à la grippe aviaire
Pour la première fois dans l'UE, la grippe aviaire a été repérée lundi sur un îlot grec, sans que l'on sache encore si elle a été provoquée par le redoutable virus de souche asiatique H5N1, déjà identifié en Roumanie et en Turquie. Un possible nouveau cas a été repéré en Roumanie dans le delta du Danube, où les villageois "ignorent complètement" les conseils de prudence prodigués par les autorités, selon un médecin local. Des cas suspects ont également été repérés en Macédoine, où plus d'un millier de volailles mortes avaient été découvertes pendant le week-end. La progression de la grippe aviaire semblant suivre la ligne Nord-Sud de migration des oiseaux, une arrivée du virus en Italie n'est plus qu'une "question de jour", selon la virologue Ilaria Capua, de l'institut de zooprophylaxie de Venise.
Tout en cherchant à dédramatiser et en affirmant que l'apparition de la grippe aviaire en Europe "n'augmentait pas la probabilité" d'une pandémie, le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou, a reconnu que l'Europe n'avait "pas atteint le niveau de préparation (qu'elle) devrait avoir", relevant notamment l'insuffisance des stocks d'antiviraux, première ligne de défense contre la maladie. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l'existence de stocks couvrant le cas échéant un quart de la population des pays concernés.
Espagne et Portugal en retard sur les recommandations de l'OMS
Le Portugal a ainsi indiqué ne disposer pour l'instant de réserves d'antiviraux ne couvrant que 0,5% de sa population, loin des recommandations de l'OMS. Le pays a commandé deux millions de doses, mais "l'industrie pharmaceutique n'a pas encore répondu à nos commandes. C'est un problème qui ne concerne pas seulement le Portugal", a reconnu à Luxembourg Rui Nobre Gonçalves, secrétaire d'Etat au développement rural et aux Forêts. Le ministère espagnol de la Santé a annoncé de son côté qu'il allait porter à entre 6 et 10 millions de doses ses commandes de Tamiflu, le principal antiviral reconnu contre le virus de la grippe aviaire, dont le laboratoire suisse Roche a l'exclusivité. Mais il faut pour cela qu'il y ait "une production beaucoup plus massive de ces antiviraux", a souligné le directeur général de la Santé publique espagnole, Manuel Onorbe.
Dans le monde entier, les équipes de recherche travaillent sur un vaccin contre la grippe aviaire qui a déjà causé une soixantaine de morts en Asie et pourrait provoquer des millions de morts en cas de mutation. La Hongrie, pays à l'industrie pharmaceutique réputée, espère avoir d'ici à mercredi ou jeudi les résultats d'un premier test réalisé sur une centaine de volontaires. "Si ces résultats sont positifs, nous allons immédiatement lancer la procédure de mise sur le marché et la production massive du vaccin", a indiqué le Premier ministre Ferenc Gyurcsany. Des expérimentations sont aussi en cours en Australie, à l'initiative de la société CSL, et en Thaïlande.
- Australie : le ministre de la Santé envisage de vacciner contre le virus de la grippe aviaire l'ensemble de la population, soit une vingtaine de millions d'habitants, si les essais humains réalisés par la firme australienne CSL s'avèrent concluants.Ailleurs dans le monde
- La Syrie, frontalière de la Turquie, a décidé mardi d'interdire toutes les importations de volailles et d'oiseaux ; même mesure en Iran
- Jordanie : le gouvernement a alloué six millions de dinars (près de 8,4 millions de dollars) aux ministères de la Santé et de l'Agriculture pour prévenir une éventuelle épidémie
- L'Ukraine a interdit toute importation de volailles et de leurs produits dérivés provenant de Grèce : même mesure dans les Emirats arabes unis
Photo d'ouverture : élevage de poulets - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...





