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consacré à la grippe aviaire
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont appelé mardi à Luxembourg à une coordination internationale pour faire face à la grippe aviaire, au lendemain de l'apparition, en Grèce, du premier cas suspect dans le territoire de l'Union. Les ministres ont "reconnu que la grippe aviaire et pandémique constituaient une menace mondiale et appelé à une réaction internationale coordonnée".
Les chefs européens de la diplomatie ont aussi estimé que le problème de la grippe aviaire "devait être traité simultanément dans l'UE et à sa source". Ils ont "salué les efforts déployés par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), l'OIE (l'Organisation mondiale de la santé animale), la FAO (Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture), la Banque mondiale et la Commission (européenne) pour mobiliser les pays touchés et les pays exposés dans la perspective de la réunion de l'Onu qui se tiendra à Genève du 7 au 9 novembre".
Le commissaire européen à la Santé, Markos Kyprianou, avait auparavant déjà insisté sur "la nécessité d'une coopération internationale" pour lutter contre la grippe aviaire, dont la variante asiatique, véhiculée par le dangereux virus H5N1, est apparue en Turquie et Roumanie la semaine dernière. Le commissaire n'a donné aucune information supplémentaire sur la situation en Grèce. Bruxelles s'est déjà dite prête à interdire les mouvements de volailles de la région touchée, mais attend ce mardi des analyses supplémentaires pour passer à l'acte. Le ministère grec de l'Agriculture a cependant déjà interdit mardi le transport de volailles en provenance de la région de l'île de Chios, en mer Egée, où le cas a été découvert.
"Nous devons être préparés"
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a, de son côté, estimé que l'UE devait assurer "avant tout qu'il y a les plans d'urgence les plus adéquats en Europe pour faire face à toute transmission du virus aviaire aux êtres humains". Jack Straw a également insisté sur la nécessité de ""rassurer les citoyens européens que la Commission européenne et les Etats membres se coordonnent vraiment et effectivement pour assurer un traitement rapide et efficace de toute apparition de grippe aviaire parmi la volaille et autres oiseaux".
La veille, la Commission européenne avait de nouveau encouragé les Etats membres à stocker des antiviraux pour se conformer aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et couvrir 25% de leur population. Plus généralement, l'UE a déjà pris une série de mesures pour se protéger contre la grippe aviaire. Jeudi, elle a interdit les importations en provenance de Roumanie d'oiseaux vivants et de produits issus de la volaille, alors qu'un embargo similaire existait déjà à l'encontre de la Turquie depuis lundi. D'autres mesures de prévention, dans l'UE même, ont été renforcées vendredi pour réduire le risque d'introduction de la grippe aviaire dans les élevages avicoles. L'idée est par exemple, dans les zones à risques, d'enfermer la volaille ou de mettre en place des systèmes de détection précoce. Les 25 doivent identifier sur leur territoire ces zones à risques (marécages, axes migratoires...) et y empêcher le contact entre les oiseaux sauvages et la volaille. Une autre réunion de ministres, ceux de la Santé cette fois, est prévue jeudi et vendredi au Royaume-Uni, afin d'y aborder la question de la préparation de l'UE à une éventuelle pandémie.
En France, Dominique de Villepin a annoncé mardi, à l'Assemblée nationale, qu'il réunirait la semaine prochaine l'ensemble des groupes parlementaires pour faire le point sur la grippe aviaire, soulignant que la France n'était "pas à l'abri". Le Premier ministre a assuré que "tous les Français seront tenus au courant en temps réel de l'évolution de la situation et des différentes mesures prises par le gouvernement." La crise a aussi eu un impact direct sur les discussions budgétaires : la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a supprimé une mesure du projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoyant un financement de la lutte contre la grippe aviaire en estimant que "la prise en charge de menaces sanitaires graves est une mission régalienne de l'Etat".
Le ministère grec de l'Agriculture va envoyer dans un laboratoire britannique spécialisé dans la grippe aviaire un second échantillon de la volaille suspecte signalée lundi sur l'îlot d'Oinousses, pour déterminer si elle est porteuse du virus H5N1. Cet échantillon de tissu, prélevé sur la dinde une fois abattue et d'abord envoyé mardi matin pour examen dans le laboratoire grec spécialisé de Salonique, a été réclamé par le laboratoire de Weybridge, au sud-est de Londres. C'est ce laboratoire britannique qui, d'ici sept jours, devrait pouvoir fournir des résultats définitifs. La volaille suspecte n'a pour le moment été déclarée positive qu'au virus d'un sous-type H5.Analyses complémentaires sur la dinde grecque suspecte
photo d'ouverture : Philippe Douste-Blazy, à la réunion de Luxembourg (TF1)
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