© INTERNEIl aura suffi de trois canards, morts de surcroît, pour que la Roumanie se retrouve menacée d'embargo par l'Union européenne... Depuis son apparition en Asie du Sud-Est, le virus de la grippe aviaire s'est peu à peu rapproché du continent européen. Bruxelles a interdit lundi l'importation des oiseaux vivants et des plumes en provenance de Turquie, après l'identification du virus de la grippe aviaire dans le pays et attendait mercredi des résultats pour prendre des décisions concernant la Roumanie. Tests qui, pour l'heure, n'ont rien révélé d'alarmant.
"Tous les tests virologiques pratiqués en Roumanie continuent à être négatifs concernant la grippe aviaire. Tous les jours qui passent renforcent notre conviction qu'il n'y a pas de grippe aviaire là bas", a déclaré mercredi une porte-parole du commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou. "Nous ne prévoyons pas de proposer des mesures contre la Roumanie, à moins que la présence d'un virus de la grippe aviaire très pathogène soit détectée", a-t-elle continué.
Des dizaines de milliers de volatiles abattus par précaution
Depuis l'annonce de la détection des trois cas présumés de grippe aviaire en Roumanie, trois Etats membres de l'UE, la Grèce, la Hongrie et la Pologne, avaient annoncé dès lundi leur intention d'interdire l'importation de volaille de Roumanie. Les autorités roumaines, maintes fois critiquées pour la lenteur de leur réaction devant des crises ou des catastrophes naturelles, telles les graves inondations ayant sévi l'été dernier, avaient pourtant rapidement réagi dès la découverte, vendredi, à Ceamurlia de Jos (dans le delta du Danube) des trois malheureux canards porteurs présumés du virus. Le village avait aussitôt été placé sous quarantaine tandis que les vétérinaires commençaient à abattre quelque 45.000 volatiles. Une réaction rapide alors vantée par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), malgré les protestations des éleveurs.
Malgré les tests pour l'heure négatifs en Roumanie, le virus se rapproche de semaine en semaine, et les 25 ont récemment décidé de renforcer le contrôle aux frontières ainsi que la surveillance des oiseaux migrateurs, considérés comme les principaux vecteurs potentiels du virus H5N1 transmissible à l'homme. La Roumanie elle-même ne semble pas considérer ces tests négatifs comme une garantie absolue, puisqu'elle a annoncé mercredi son intention de poursuivre malgré tout l'abattage de volailles. Le ministre roumain de l'Agriculture a souligné que ses experts n'étaient pas encore en mesure d'avoir un résultat définitif sur la nature du virus détecté sur les trois canards de Ceamurlia de Jos.
Concernant la Turquie, des résultats sur la nature précise du virus, à savoir s'il s'agit du H5N1, qui a entraîné en Asie la mort de millions de volatiles et d'une soixantaine d'êtres humains depuis fin 2003, sont toujours attendus pour vendredi. En cas de présence d'un virus faiblement pathogène, l'embargo décidé lundi pourrait éventuellement être levé.
Photo d'ouverture : archives
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