Grippe saisonnière/grippe aviaire, le point

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND, le 11 octobre 2005 à 07h00 , mis à jour le 11 octobre 2005 à 12h00

Les Groupes d'observation de la grippe (Grog) sont sur la brèche, prêts à détecter tout virus de grippe "classique". Sur la menace de grippe aviaire, le docteur Anne Mosnier, une des coordinateurs nationaux du réseau, se veut rassurante.

Un service spécial lutte contre l'épidémie de grippe à l'hôpital de Nice

tf1.fr : Alors que les premiers cas de grippe aviaire ont été identifiés en Turquie et en Roumanie, le réseau Grog a-t-il renforcé sa surveillance en France ?

Anne Mosnier : Nous sommes en période de pré-alerte, le réseau est en activité maximale, notre objectif étant de détecter les premiers cas de grippe "classique" le plus rapidement possible. Si nos "vigies" — médecins, pédiatres, pharmaciens — sont confrontées à un virus autre que celui de la grippe saisonnière, ils peuvent effectuer des prélèvements et les transmettre aux centres de référence nationaux. C'était déjà le cas pour le Sras [Syndrome respiratoire aigu sévère, NDLR]. Concernant la grippe aviaire, nous n'avons pas mis en place de surveillance particulière. Au jour d'aujourd'hui, c'est une maladie des volailles. Il n'existe pas de transmission interhumaine efficace sinon, depuis le temps, nous serions déjà au-delà de la pandémie.

tf1.fr : Le virus peut tout de même passer de la volaille à l'homme...

A. M. : Dans le cadre d'une épizootie — d'une épidémie de grippe aviaire chez les oiseaux —, les personnes travaillant dans des élevages risquent d'être confrontées à des fortes doses de virus. Un virus très pathogène pour l'homme car il est accidentel que le virus passe à l'homme. Et si le virus s'humanise [c'est-à-dire s'il devient transmissible entre humains, NDLR], il perdra probablement en gravité, même si bien sûr, il provoquera des morts. Dans tous les pays du monde, la surveillance s'est majorée : on repère davantage de cas de grippe aviaire mais il ne s'agit pas toujours du virus H5N1 (lire l'encadré ci-dessous). Il y a certains cas, avec d'autres virus que le H5N1, dont on n'aurait pas parlé il y a trois ans.

tf1.fr : Quelles recommandations donnez-vous au grand public ?

A. M. : Comme chaque année, nous recommandons que se fassent vacciner contre la grippe "classique" les populations à risque (1) ainsi que les personnes qui voyagent beaucoup, notamment en provenance ou à destination de l'Asie. Ce vaccin ne les protégera pas contre le virus de la grippe aviaire mais il leur évitera d'avoir deux virus grippaux ["classique" et aviaire, NDLR] en même temps et de fabriquer, à partir de ces deux virus, un virus qui pourrait devenir transmissible à l'homme et donc pandémique.

tf1.fr : Et les médicaments antiviraux, tels le Tamiflu et le Relenza, dont les commandes s'envolent, est-on certain qu'ils sont efficaces contre la grippe aviaire ?

A. M. : On n'est pas certain de leur effet sur un virus de la grippe aviaire "humanisé". C'est un pari car s'ils font un effet, ils permettront de limiter le risque de diffusion pandémique.

De la grippe du poulet au risque de pandémie humaine

Une pandémie de grippe, c'est-à-dire une épidémie mondiale du type de celles survenues en 1918-19, 1957 ou 1968, pourrait être à redouter si le virus H5N1 de la grippe aviaire, s'adaptait à l'homme. Ce qui n'est pas le cas actuellement selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les oiseaux sauvages ou aquatiques servent de longue date de "réservoir de virus grippaux", mais ces derniers "n'infectent pas facilement l'homme", rappelle Sylvie van der Werf, de l'Institut Pasteur à Paris. Le porc pourrait servir de "creuset de mélange" et permettre au virus de muter pour s'adapter aux mammifères. Le virus des volailles pourrait aussi évoluer de lui-même et devenir capable d'infecter l'homme plus facilement. Le virus H5N1 est considéré comme une menace car il risque de s'adapter à l'homme. S'il infectait un homme atteint d'une grippe ordinaire, il pourrait en profiter pour "s'humaniser" en empruntant du matériel génétique à un virus courant de la grippe et ainsi devenir capable d'engendrer une pandémie de grippe humaine.
(d'après AFP)

(1) personnes âgées et malades atteints de certaines affections de longue durée : diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, mucoviscidose...

Retrouvez mercredi sur TF1.FR l'analyse de Michel Métais,
directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO)

photo : archives TF1

Par Propos recueillis par Matthieu DURAND le 11 octobre 2005 à 07:00
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16 Commentaires

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  • Vilain canard, le 12/10/2005 à 12h00

    En voilà une bonne nouvelle ! Pas d'oiseaux sauvages, pas d'oiseaux domestiques, pas de porc (parce que le virus va muter),... et donc pas de sangliers sur les tables ! Mais au fait qu'est-ce qu'ils vont se mettre dans leur bedaines ceux qui chassent... ou qui sont dans les congrès de l'OMC ? De drôles oiseaux que ceux-là, oui ma bonne dame !

  • Lionel, le 12/10/2005 à 00h30

    A luc de lyon. La parano ne t etait pas destinee.Le virus a fait moi de 70 mort en 3 ans..Et aucune contamination d homme a homme.. voila la verite. Je ne rien d autre que beaucoup crie au loup et qu a force... on connait l histoire.. Pour l instant il n y a rien d alarmiste, il faut juste prendre les precaution utile. La panique engendre des catastrophes. CNN et d autres media ne font que colporter les models les plus alarmistes comme ils l avaient fait pour le SRAS. Je ne donne pas de lecon je dit juste au gens que beaucoup de chose sont ditent clairement par exemple sur la chaine le parlement.Nos politiques sont loin de faire la politique de l autruche, tout bord confondu. Ca m enerve de voire des gens dire qu on nous cache tout, apres on s etonne que le "FN" avec ces idees toute faites fasse de bon scores. Pour finir, il se peut qu une fois muté, le virus perde de sa virulance, mais evident c est moins vendeur pour beaucoup de media.. donc on ne le dit pas.

  • Fabienne, le 11/10/2005 à 20h55

    J'ai lu pour ma part plusieurs articles concernant la grippe aviaire (et ses risques d'infection dans notre pays) provenant de plusieurs sources. C'est le seul article ou on peut lire que le risque est quand meme faible vu qu'une infection interhumaine n'existe pas encore. Je me pose du coup une question: est ce que cette chere anne est completement optimiste (elle precise que le virus perdrait de son efficacite si il devenait interhumain) car elle dedramatise la situation , ou a t'elle raison et est ce que les medias nous inquietent plus que ce qu'il ne faut (en ecrivant des pavés de textes sur des scenari possibles si il y a infection en france)? Si quelqu'un est en mesure de me repondre je l'en remercie d'avance

  • A, le 11/10/2005 à 20h50

    Je pense vraiment que si y-a déjà eu à peu près 60 morts dans le monde et qu'en plus le virus n'a pas encore vraiment "mutter", on est vraiment mal barré d'ici 5ans. Comment peut t'on dire q'il n'y a pas de risque ? Il y-a toujours un risque...

  • Maujard, le 11/10/2005 à 18h50

    Ma copine est médecin urgentiste ; il semble que cette menace la terrifie...elle en voit pourtant tous les jours...

  • A, le 11/10/2005 à 17h16

    Ce qui m'inquiète, c'est que ce que je lis ici ne correspond pas du tout à ce que l'on peut lire sur cnn.com (dont la qualité n'a rien à voir avec l'idée reçue qu'en ont les français qui ne parlent pas anglais) ou d'autres sources comme la BBC, généralement beaucoup plua alarmistes. D'ici qu'on nous refasse le coup en France du nuage de Tchernobyl ou de la vache folle ...

  • Luc, le 11/10/2005 à 15h52

    A lionel de Paris : Si tu regardais attentivement les infos au lieu de traiter les autres de paranos, tu aurais vu qu'en asie le virus a déjà infecté pas mal d'humains alors si le virus est déjà capable d'infecter des humains ça veut dire quoi pour toi??.. Au lieu de jouer bêtement les donneurs de leçons essaie de comprendre quelque chose à ce que tu regardes..

  • OLIVAUX, le 11/10/2005 à 15h38

    TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE... Bretagne, terre à risques. Quelles nouvelles maladies demain ? La grippe aviaire est aux portes de l?Europe et la Bretagne apparaît comme une terre à risques élevés, en raison des concentrations d?élevages hors-sol de volailles et de porcs. L'influenzavirus A (H5N1) s?avère mortel pour toutes les volailles. Il est très contagieux, et il a une grande capacité de mutation et de transmission aux animaux et à l?homme. Le dernier bilan de septembre 2005 établit que la grippe aviaire a provoqué une soixantaine de décès humains dans le monde. Jusqu?à présent, il n?a pas été prouvé de transmission d?homme à homme, mais cette terrible possibilité n?est pas scientifiquement exclue. Quels sont les risques sanitaires en Bretagne ? La Bretagne est un territoire doublement à risque épidémique : -premièrement, à cause de la concentration des élevages de volailles (500 millions de volailles sur le territoire breton). -deuxièmement, par le nombre de porcs, estimé entre 12 et 14 millions de têtes. De nombreux élevages sont atteints par un circovirus entraînant une maladie virale immunodéprimante dénommée MAP (maladie d?amaigrissement du porcelet) entraînant une mortalité variable de 15 à 30 %. Notre crainte repose sur l?avis de l?IVS qui précise que « le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est leur recombinaison avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l?homme à l?occasion d?une co-infection. Une telle souche recombinée pourrait acquérir une capacité de transmission inter-humaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l?absence d?immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche ». Cette probabilité est donc d?autant plus grande que les porcs sont immunodéprimés et que la concentration de la taille des unités de production en Bretagne ne cesse de croître.

  • Lionel, le 11/10/2005 à 14h55

    A tous les parano de services, sachez que le virus doit muter pour se propager d homme a homme, ce qui n as pas eu encore lieu sinon on le sauras tres tres vite vu le nombre de cas qu il y aurais. Arrete de dire qu on nous cche tout et regarder plutot les emmisions parlementaire.. vous verrez en detaille tout ce que vous croyez cache. Il suffit juste de chercher les informations. POur l instant inquietez vous plutot de vous vacciner contre la grippe normal pour essayer de sauver quelques personne de votre entourage.

  • Pierre, le 11/10/2005 à 10h28

    On nous dit que le virus est mal adapté à l'homme et on minimise le danger.. On nous dit que le porc servirait de creuset pour une mutation adaptative du H5N1... Mais on nous dit aussi qu'un homme contaminé à la fois par la grippe classique et par H5N1 permettrait à ce dernier de muter et de s'adapter à l'homme... Ce que j'en retire de tout ça c'est que H5N1 est déjà capable d'infecter l'homme ( on l'a bien vu) et que la co-infection par les deux virus a certainement eu lieu chez l'homme quelque part sur la planète. Je crains encore une fois, comme le dit Régis de Paris, que l'on nous cache le danger réel et que ça fasse encore comme le nuage de tchernobyl. Décidément les pouvoirs publics nous prennent à tous les niveaux pour des c...

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