© PETRUT CALINESCU / AFPAlors que la grippe aviaire se rapproche encore des frontières de l'UE, la Commission européenne a décidé lundi l'interdiction immédiate de l'importation de Turquie d'oiseaux vivants et de plumes, et reste vigilante sur l'évolution de la situation en Roumanie. "La détection de la grippe aviaire en Turquie est très inquiétante, étant donnée sa proximité avec les frontières européennes", a commenté le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs Markos Kyprianou.
En Roumanie, où des canards auraient été contaminés dans le delta du Danube, "les tests qui ont été faits n'ont pas confirmé la présence de la grippe aviaire", a déclaré Philip Tod, porte-parole de Markos Kyprianou. Des experts européens sont attendus à Bucarest pour aider à identifier le virus, a précisé la Commission, qui compte sur de nouveaux résultats pour mercredi. Si les tests sont positifs, "nous n'hésiterons pas à agir immédiatement", a assuré Philip Tod. Trois Etats membres de l'UE, la Grèce, la Hongrie et la Pologne, ont déjà annoncé leur intention d'interdire l'importation des volailles de Roumanie. Une initiative que la Commission a refusé de commenter, préférant mettre l'accent sur l'approche "communautaire" qu'elle met en place.
Les contrôles aux frontières renforcés
L'embargo contre la Turquie ne vise pas les volailles vivantes. A l'exception de certaines viandes dont le traitement par la chaleur tue le virus de la grippe aviaire, ces volailles et les produits qui en sont issus sont déjà interdits en raison d'autres problèmes vétérinaires. La portée de l'embargo annoncé lundi est difficile à évaluer puisque la Commission ne dispose pas de chiffres sur les importations effectivement concernées, celles d'oiseaux de compagnie ou de plumes. Bruxelles a en revanche précisé lundi que la Roumanie avait exporté 8 tonnes de poulets vivants ou de carcasses en 2004, et près de 6.500 tonnes de préparations à base de poulet.
L'embargo visant la Turquie fait suite à l'abattage ces derniers jours dans la province de Balikesir, dans le nord-ouest de la Turquie, de milliers de volailles, après l'identification du premier cas de grippe aviaire dans le pays. Aucune contamination humaine n'a à ce jour été détectée dans la région. "En Turquie, les tests sont positifs mais (...) nous ne sommes pas en mesure de confirmer si c'est un virus faiblement ou hautement pathogène", a précisé Philip Tod. Ankara devait envoyer lundi des échantillons au laboratoire européen agréé par l'UE. Les analyses précises du virus devraient être disponibles d'ici mercredi. L'objectif est notamment de déterminer s'il s'agit ou non du H5N1 de la grippe aviaire, qui a entraîné en Asie la mort de millions de volatiles et d'une soixantaine d'êtres humains depuis fin 2003.
L'embargo annoncé lundi suit ceux imposés en août à la Russie et au Kazakhstan. Alors que le virus se rapproche de semaine en semaine, les 25 ont aussi récemment décidé de renforcer le contrôle aux frontières pour s'assurer du respect de ces interdictions, ainsi que la surveillance des oiseaux migrateurs, considérés comme les principaux vecteurs potentiels du virus H5N1 transmissible à l'homme. Bruxelles, qui a qualifié lundi de "réel" le danger de pandémie en cas de mutation du virus pour s'adapter à l'homme, a insisté pour que les 25 suivent les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé, notamment en renforçant leurs stocks d'antiviraux. L'UE cherche également à assurer une complète coordination entre les 25 en cas d'épidémie. Ainsi, avant la fin de l'année, "un exercice de simulation" aura lieu pour "tester la capacité des décideurs européens à coordonner leur réponse à une pandémie", a précisé Philip Tod.
L'Afssa sur le qui-vive |
En France, les mesures de prévention d'une pandémie restent inchangées pour l'instant. Le 25 août denier, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait estimé que le risque immédiat, en France, de contamination par les oiseaux migrateurs des poulets d'élevage en plein air était "faible". Cet avis, qualifié par l'agence de "partiel et préliminaire" purrait être revu si les cas suspects de grippe aviaire en Roumanie devaient être confirmés par les analyses du laboratoire européen de Pirgright au Royaume-Uni. |
(Photo AFP /PETRUT CALINESCU : dans le delta du Danube)
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