"Alerte" à la grippe aviaire en Bretagne

le 03 novembre 2005 à 07h00 , mis à jour le 03 novembre 2005 à 22h26

Un exercice "grandeur nature" sur un foyer de grippe aviaire fictif se déroule jusqu'à ce vendredi dans un élevage du Finistère. Objectif : valider la chaîne d'alerte et le dispositif d'isolement.

grippe_aviaire_test_finistere

Des vétérinaires aux gendarmes, les services de l'Etat ont débuté jeudi la simulation dans une exploitation avicole du Finistère de la "course contre la montre" qui devrait être lancée si un cas de grippe aviaire était découvert en France.

Jeudi 8h05 : l'alerte est donnée par un vétérinaire. Averti par l'agriculteur, il a constaté une sur-mortalité - de l'ordre de 15 à 20% de l'élevage en moins de 48h - dans une exploitation de Kergloff, un village proche de Carhaix. La priorité est alors "d'encercler le plus rapidement possible un éventuel virus dans un élevage", explique François Lucas, le préfet délégué à la sécurité de la zone Ouest, initiateur de ce scénario fictif avec les services vétérinaires. Deux heures plus tard, les premiers prélèvements sont réalisés sur les volailles en cause, puis adressés au laboratoire de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) de Ploufragan (Côtes-d'Armor), compétent au niveau national.

Entre temps, un arrêté préfectoral de mise sous surveillance de l'exploitation a été pris, dans l'attente des résultats des prélèvements qui ne seront connus que dans un délai de 48 à 72 heures. "Il faut bloquer le virus, éviter qu'il ne se propage par le biais notamment des remorques ou le transfert d'animaux", explique Gilles Salvat, directeur de l'Afssa de Ploufragan. Des rotoluves sont mis en place pour désinfecter les roues des véhicules près des bâtiments, dont l'accès est alors strictement réglementé par les gendarmes. "Entre la qualité des élevages et la capacité des administrations à se mobiliser, notamment les services vétérinaires, il y a tout lieu d'être rassuré", assure François Lucas.

Plus d'une centaine de journalistes

Cliquez ici pour accéder
à notre dossier spécial.

L'exercice, qui se termine ce vendredi, s'est déroulé jeudi sous l'oeil de plus d'une centaine de journalistes, dont un représentant d'une télévision japonaise, dans un contexte d'inquiétudes mondiales d'une propagation de la maladie. Les éleveurs craignent que la médiatisation de cet exercice ne vienne alimenter une psychose qui a déjà conduit à une baisse des ventes de volailles évaluée entre 20 et 30%, selon les estimations des professionnels. "C'est injuste, ce qui nous arrive. Il n'y a aucun problème en France, on a fait des efforts considérables - vous voyez bien, ici tout est nickel - et pourtant on est vu comme des empoisonneurs éventuels", regrette Jean-Noël Sidaner, président de l'interprofession volailles de Bretagne. "On va se donner tous les moyens pour retrouver la confiance des consommateurs, surtout dans la perspective des fêtes de fin d'année", a poursuivi l'aviculteur, ajoutant que la profession comptait "interpeller l'Etat".

L'exercice a été suivi par trois parlementaires, Marc le Fur (UMP), Marie-Renée Oget (PS) et Denis Jacquat (UMP), membres de la mission de suivi de la crise aviaire. La Bretagne, qui compte surtout des élevages industriels, représente 40% de la production nationale pour les poulets destinés à la consommation.

La France réclame des aides européennes spéciales

Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, a affirmé jeudi au Sénat que la France avait demandé pour la filière avicole française "des aides spécifiques à la Commission européenne" et mis en place des "mesures de report de charges sociales" et "d'échéances fiscales". Les industriels de la volaille ont demandé vendredi au ministère de l'Agriculture l'adoption immédiate de mesures financières pour aider la filière, victime d'une baisse d'environ 20% de ses ventes depuis le début de la crise de la grippe aviaire.

par Frédéric GAULIER (AFP)

Photo d'ouverture : une des volailles "réquisitionnées" pour le test grandeur nature de jeudi - DR

le 03 novembre 2005 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • KERDRAON, le 04/11/2005 à 11h04

    HEUREUSEMENT QU'IL S'AGIT D'UN EXERCISE. CAR EN APPRENANT LE DEPART DE L 'ELEVEUR,DE SON ELEVAGE NOUS SOMMES EN DROIT DE NOUS POSER DES QUESTIONS SUR LA TRANSMISSION DE CE VIRUS,IL A DONC ETE EN CONTACT FORCEMENT AVEC DONC IL A LA POSSIBILITE DE LE TRANSMETTRE SOIT A D 'AUTRES ELEVAGES. N'Y AVAIT IL PAS UNE MESURE DE PRECAUTION A PRENDRE A CE NIVEAU?????

  • Isabelle, le 03/11/2005 à 12h36

    Ouh! C'est bien embetant ca pour le parisien originaire de Bretagne (voir reactions precedentes) qui voulait s'isoler dans sa maison natale (combinaisons, masques, approvisionnement) en cas de grippe aviaire. Il semblerait que la Bretagne est un haut risque vu le nombre de volailles (40% de la consommation francaise!).

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience