© INTERNEOù en est-on dans la lutte contre le paludisme ? Plus de 1.500 chercheurs, bailleurs de fonds et représentants d'organisations non-gouvernementales, étaient réunis de lundi à samedi, dans la capitale camerounaise de Yaoundé, pour faire un point sur l'état des différentes recherches sur cette maladie ainsi que sur la difficile mobilisation des fonds. "Toutes les trente secondes un enfant meurt de paludisme (dans le monde), ce qui signifie 3.000 morts par jour et plus d'un million par an, chacune de ces morts représentant une tragédie individuelle, familiale et collective pour les communautés et les pays affectés", ont déploré les participants dans un "Appel de Yaoundé" lancé samedi soir à la clôture de la conférence. L'Afrique est particulièrement frappée par cette "tragédie" et le Produit intérieur brut (PIB) du continent "est réduit chaque année de 12 milliards de dollars du fait du paludisme", poursuivent les participants. Ils affirment "avec inquiétude que les objectifs contenus dans la Déclaration d'Abuja pour faire reculer le paludisme d'avril 2000 n'ont pas été atteints".
"Nous avons préféré conclure ces travaux par un appel à l'action au lieu de déclarations, comme par le passé, qui n'ont pas été toujours suivies d'actions", a affirmé le ministre camerounais de la Santé, Urbain Olanguena Awonoet. "Le constat est que tout le monde est effectivement remobilisé pour combattre le paludisme", a-t-il assuré. Malgré cette mobilisation affichée, les participants ont déploré que, pour un besoin annuel de 3 milliards de dollars pour lutter contre cette maladie dans le monde, seulement 20% (600 millions de dollars) soient actuellement mis à disposition par les bailleurs de fonds. Ces derniers, ainsi que les institutions internationales, notamment le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Unicef et l'Union européenne, se sont engagés à boucler ce financement. "Nous avons de l'argent disponible mais nous tenons absolument à ce que ces fonds soient effectivement affectés à cette maladie et que les solutions en termes de prévention et de soins atteignent les villages les plus reculés", a expliqué le député européen Thierry Cornillet à la clôture des travaux. Enfin, un programme d'action a été adopté pour la décennie 2005-2015, afin de créer plus de synergies entre les bailleurs, les gouvernements, les chercheurs, le secteur privé et les ONG.
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