Une canicule tous les deux ans en France en 2100

le 10 novembre 2005 à 11h06 , mis à jour le 10 novembre 2005 à 11h11

En 2100, le réchauffement climatique aura de lourdes conséquences sur la France : un été sur deux pourrait être caniculaire et l'enneigement des montagnes ne sera plus qu'un souvenir.

Planète : un réchauffement inéluctable ? © INTERNE

De récentes expertises prévoient en France d'ici la fin du 21è siècle une augmentation nettes des températures. Les deux scénarios les plus extrêmes des climatologues envisagent à cette date, pour la France, une hausse de la température moyenne de 2 à 2,5°C pour le plus optimiste et de 3 à 3,5°C pour le plus pessimiste par rapport à 1990.

Cette évolution est énorme si l'on considère qu'à la dernière période glaciaire il y a 20.000 ans, avec cinq degrés de moins sur la Terre, la banquise recouvrait l'Europe. "Depuis 1975, le réchauffement est déjà très marqué en France et en Europe de l'ouest : plus d'un degré par an contre 0,6 C° à l'échelle de la planète", relève le climatologue Jean Jouzel, représentant français au bureau du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais). En 2001, le dernier rapport de ce groupe d'experts de l'ONU prévoyait une augmentation moyenne planétaire de 1,4 à 5,8 degrés en 2100 par rapport à 1990.

Des scénarios pour la France

Pour la France, les experts ont réalisé récemment une synthèse de scénarios climatiques dérivés de ceux du GIEC. "Nous avons calculé les changements de température pour la phase 1960/1989 et pour 2070/2099, soit deux périodes de 30 ans", explique Serge Planton, responsable du groupe de recherches Climat à Météo-France, en détaillant deux scénarios, un pessimiste et un plus optimiste.

Dans les deux cas, indique M. Planton, les précipitations présenteront d'importantes variations saisonnières : jusqu'à 20% de pluies supplémentaires en hiver et 35% en moins en été, affectant surtout le sud. Jusqu'à 10% de précipitations supplémentaires en hiver et de 5 à 25% en moins en été dans le scénario le moins pessimiste.

Les étés seront donc secs et chauds : alors que de 1960 à 1989, une seule journée d'été dépassait chaque année les 35 degrés en moyenne nationale, on pourrait compter de un à sept jours de grosse chaleur, voire 14 jours, à la fin du 21è siècle. Dans ce cas, un été sur deux serait au moins aussi chaud que l'été 2003. On pourrait atteindre les 29 jours de sécheresse par an contre 20 jours pour la plus longue période de sécheresse observée sur la période 1960-89, souligne Serge Planton.

Parallèlement, la diminution de l'enneigement en France se confirme. Pour deux degrés de plus, la période d'enneigement diminuerait d'un mois et toucherait surtout la moyenne montagne, poursuit-il. Une telle évolution condamnerait la plupart des stations des Alpes et des Pyrénées. Quant aux glaciers, "ils ne cessent de reculer depuis dix ans, comme celui d'Argentières dans les Alpes. Et ils vont continuer de fondre", note encore l'expert de Météo-France.

La France ne sera ni épargnée ni particulièrement exposée au réchauffement climatique, mais ses régions sud, comme tout le pourtour méditerranéen, courront des risques accrus de sécheresse et, par conséquent, d'incendies. "Quand on parle de réchauffement climatique, c'est tout un ensemble: la végétation change, les dates des vendanges ont été pratiquement déplacées d'un mois en un siècle... Il existe toute une série d'indices probants, même sans thermomètre", prévient Jean Jouzel.

Anne Chaon (AFP)

le 10 novembre 2005 à 11:06
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6 Commentaires

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  • Jérémy, le 11/11/2005 à 17h33

    I faut espérer que les gouvernements prennent conscience au plus vite de ce qui se passe car ce n'est pas en développant des moteurs hybrides que ça va s'arranger. Il faut trouver une autre ressource d'energie abondante at pourquoi pas une autre planète

  • Dan, le 11/11/2005 à 11h18

    Pures spéculations...Les chercheurs sont comme nos politiques...Ils se prennent pour le nombril du monde dans leur petit univers...

  • Gerald, le 10/11/2005 à 22h40

    Comme le dit notre ami nimois, c'est surtout le manque total d'énergies fossiles en 2100 qui sera, et de loin, le plus grave. Et pas en 2100, mais plutôt dès 2020. JSM, vous serez sans doute encore là, quand tous les gouvernants qui n'avaient rien voulu voir venir hurleront tous en coeur: "on ne savait pas". Une fois de plus, ce sera un mensonge, mais l'humanité sera face à la plus grande catastrophe qu'elle ait jamais connue.

  • Raph, le 10/11/2005 à 21h31

    OK, mais il faudrait aussi que les pays fassent attention .... comme les états Unis... la preuve, 4 ou 5 ouragans en 2005, ... Au lieu de faire la guerre en Irak et dépenser des sommes astronomiques, Le connard de Bush devrait penser à la pollution, l'insudtrie, etc etc .... Bon c'est vrai les vaches polluent la terre par leurs "pets" mais elles ne sont pour rien !

  • François, le 10/11/2005 à 17h27

    Un doute sur ça... "Depuis 1975, le réchauffement est déjà très marqué en France et en Europe de l'ouest : plus d'un degré par an contre 0,6 C° à l'échelle de la planète" 30° de plus depuis 75 ? Je ne dois pas habiter la même france, surtout pas ce matin (brouillard givrant à 50 km de Paris) Quand aux vendanges, la carte de la Région IDF sur la vigne montre qu'on a surtout perdu en surface... Bientôt le retour de la vigne autour de Paris au lieu des champs "forcés" au boues d'épuration ?

  • JSM, le 10/11/2005 à 11h32

    Je vais dire comme les politiques: M'en fou en 2100 je ne serais plus là... Entre de telles annonces, le court actuel du pétrole et l'état des ressources fossiles faut vraiment penser à nos descendants et réagir au niveau international.

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