© INTERNEUn rapport de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), publié mardi, estime que le vieux continent pourrait connaître un réchauffement de 2 à 6,3 degrés Celsius "dans les 100 prochaines années". La température moyenne mondiale augmentera, elle, de 1,4 à 5,8 degrés Celsius dans la même période, rappelle l'AEE, citant la fourchette établie en 2001 par les experts scientifiques de l'ONU.
"Les changements ne seront pas uniformes sur le continent", observe l'agence européenne, dont la publication coïncide avec la conférence de l'ONU sur le changement climatique, en cours depuis lundi à Montréal. La hausse du thermomètre serait encore "légèrement plus élevée" en Grèce, en Italie et en Espagne, alors qu'elle serait plus faible sur la côte Atlantique, grâce à l'influence modératrice de l'océan, selon le document. "Si les tendances actuelles se poursuivent, presque tous les étés seront plus chauds que les pires canicules d'aujourd'hui d'ici 2080, dans de nombreuses régions d'Europe", affirme l'AEE.
Une telle hausse risque d'avoir des impacts considérables sur l'agriculture, les modes de vie et la santé humaines ainsi que sur la variété des espèces animales et végétales. Ainsi dans les Alpes, un réchauffement de 5 degrés "provoquerait une perte d'environ 97% des plantes endémiques à la région".
L'UE loin de Kyoto
L'Union européenne estime que tout doit être fait pour que le réchauffement planétaire soit limité à 2 degrés en moyenne vers 2100, correspondant à une concentration de 550 parties par million (ppm) pour l'ensemble des gaz à effet de serre et de 450 ppm pour le CO2, le principal d'entre eux. "Mais les dernières estimations suggèrent qu'une concentration de 550 ppm (...) a 70% de chances de se traduire par une température supérieure à 2 degrés", indique l'AEE. Le cap des 2 degrés "a des chances d'être dépassé dès 2040-2070", si l'envolée actuelle des émissions de CO2 se poursuit, avertit-elle.
L'Union européenne est mal partie pour respecter le protocole de Kyoto (moins 8% d'émissions pour les 15 pays membres de l'UE au moment de la conclusion de l'accord), écrit encore l'Agence. Entre 2008-2012 elle sera, sans nouveaux programmes d'action, à moins 2,5% seulement en dessous de son niveau de 1990. Les 25 membres actuels de l'Union enregistreraient une hausse d'émissions de 30% d'ici 2030 par rapport à 1990, sur la base des tendances actuelles.
Par Odile MEUVRET (AFP)
photo : médiathèque de la Commission européenne
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