Grippe aviaire : une "action urgente" pour produire un vaccin

le 08 novembre 2005 à 16h16 , mis à jour le 08 novembre 2005 à 16h21

Il sera important de détecter rapidement la souche pandémique de grippe aviaire pour "gagner du temps" et produire davantage de vaccins. C'est ce qu'a souligné l'OMS lors de la 2e journée de la conférence mondiale de Genève consacrée à la maladie.

Le nouveau vaccin contre la grippe disponible dès jeudi

Pour réussir à produire rapidement et en quantité suffisante des vaccins contre une éventuelle pandémie grippale humaine, il faut une "action urgente", a déclaré mardi Klaus Stöhr, coordinateur du programme mondial de lutte contre la grippe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il intervenait lors de la 2e journée de la conférence mondiale de Genève consacrée à la grippe aviaire.

En cas de pandémie, il ne s'agirait pas seulement de produire en quantité suffisante, mais de détecter rapidement la souche pandémique pour déclencher sans tarder la production de vaccins adaptés. En gagnant quelques jours ou une semaine avec une détection précoce, de 11 à 80 millions de doses supplémentaires pourraient être produites, a souligné le Dr Stöhr. Prévoir dès maintenant une procédure d'enregistrement rapide, par les autorités sanitaires, des futurs vaccins pandémiques pourrait faire gagner un ou deux mois, et permettre de produire 112 à 224 millions de doses supplémentaires, selon le coordonnateur de l'OMS.

Actuellement, 300 millions de vaccins contre la grippe saisonnière sont produits chaque année. Ils protègent simultanément contre trois virus différents de la grippe. "900 millions de doses pourraient être produites en huit mois" contre un seul virus, par exemple une forme humanisée du virus aviaire H5N1, selon le Dr Stöhr, à condition que le vaccin pandémique soit efficace à dose similaire. "C'est encore bien loin de ce dont nous avons besoin en cas d'une pandémie", a relevé Margaret Chan, représentant du directeur général de l'OMS chargé de la grippe pandémique.

Agir en 48 heures

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Lors de cette conférence, l'Organisation internationale de la santé animale (OIE) a proposé pour sa part la création d'un fonds international associant public et privé, destiné à promouvoir des systèmes vétérinaires de qualité dans tous les pays afin de lutter contre les maladies émergentes du type de la grippe aviaire. "Notre objectif principal est de réduire l'excrétion virale (diffusion du virus dans les excrétions des volatiles malades) et la circulation du virus chez les volailles" car "cela réduit en même temps la probabilité d'une apparition d'une pandémie humaine", a rappelé le directeur général de l'OIE, le Dr Bernard Vallat.

Il faut en effet agir dans les 48 heures qui suivent une contamination, en abattant les volailles de l'élevage concerné, "avant même la confirmation du diagnostic qui peut prendre trop longtemps", a-t-il dit. Ce délai écoulé, le virus se diffuse et les coûts d'intervention sont alors multipliés. Pour parvenir à ce but, il est essentiel de faire respecter des normes de qualité des services vétérinaires, ainsi que les normes internationales sur le commerce des animaux et des produits alimentaires, a affirmé le Dr Vallat. Selon lui, des "fonds de compensation" nationaux alliant agriculteurs, entreprises du secteur et compagnies d'assurance doivent également être créés. Or, sans système d'indemnisation approprié, de nombreux éleveurs ne signaleront jamais les cas de maladie.

photo : archives TF1

le 08 novembre 2005 à 16:16
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