© TF1La transformation du H5N1 en une souche hautement pathogène pour l'homme "n'est qu'une question de temps". "Nous ne savons pas quand cela va arriver mais nous savons que cela va se produire". C'est par ces mots que le directeur-général de l'Organisation mondiale de la santé, Lee Jong-Wook, a ouvert lundi une conférence mondiale à Genève consacrée à la crise de la grippe aviaire.
Pendant cette conférence de trois jours, a ajouté Lee Jong-Wook, il faut parvenir à un "large accord" sur les moyens de "contrôler la transmission du virus entre les oiseaux mais aussi d'oiseaux à humains", de renforcer le système de détection en assurant notamment l'indemniser des paysans dont on détruit les volailles, et d'accroître les capacités de production de vaccins et de médicaments antiviraux.
"Moyens politiques et financiers"
Cette première conférence sur le sujet à l'échelle mondiale a été organisée par l'agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l'OMS et la Banque mondiale. Y sont invités les ministres de la Santé et de l'Agriculture des pays concernés, ainsi que les donateurs, publics et privés. Les quatre organisations entendent y obtenir les "moyens politiques et financiers" d'une intervention efficace, alors que la maladie, devenue endémique dans certains pays d'Asie, progresse en Europe, suivant les routes des oiseaux migrateurs, et pourrait bientôt menacer le Moyen-Orient et l'Afrique.
L'OIE et la FAO estiment à 102 millions de dollars le coût d'un plan d'urgence pour les pays les plus défavorisés d'Asie du Sud-Est, et à 75 millions de dollars celui d'une aide à l'Europe de l'Est et à l'Afrique. Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé jeudi au soutien d'un plan d'action immédiat. Seuls 30 millions de dollars ont été versés jusqu'à présent pour lutter contre la maladie chez les animaux, venant d'Allemagne, du Japon, des Pays-Bas et des Etats-Unis. Une goutte d'eau comparée aux milliards de dollars mobilisés par les pays riches pour lutter contre une éventuelle pandémie, dans le cas où le virus H5N1 évoluerait en une souche transmissible entre humains.
"On a l'impression d'être entendu"
"Aujourd'hui on reconnaît qu'une des façons les plus efficaces d'éviter la pandémie c'est de supprimer ou de limiter la quantité de virus chez l'animal", souligne le directeur général de l'OIE, Bernard Vallat, dans un entretien avec l'AFP. "Maintenant, on a l'impression d'être entendu", ajoute-t-il, estimant "encourageant" l'annonce par la Banque mondiale d'un financement allant jusqu'à 500 millions de dollars pour aider les pays dans la phase initiale de lutte contre la grippe aviaire.
Et si les pays riches ne sont pas seulement mus par la compassion, ils trouveront sans doute une autre motivation dans les extrapolations de la Banque mondiale selon laquelle une pandémie pourrait leur coûter 550 milliards de dollars. Selon cette étude, une nouvelle pandémie ferait aux Etats-Unis entre 100.000 et 200.000 morts, avec 700.000 patients hospitalisés et quelque 40 millions de personnes atteintes par le virus. Elle coûterait à la première économie du monde entre 100 et 200 milliards de dollars, en pertes de production et coûts directement engendrés par la maladie.
| Simulation dans l'UE |
"Tous les pays de l'Union européenne" participeront fin novembre à un exercice de simulation des réponses face à une éventuelle pandémie de grippe humaine, a annoncé lundi la ministre espagnole de la Santé, Elena Salgado. Cet exercice, organisé par la Commission européenne, vise à tester les capacités de réponse des services de santé, mais aussi d'échanges d'informations et de gestion de la communication vis-à-vis du public, a expliqué la ministre. |
D'après AFP
Retour MYTF1
Chargement en cours...




