Le juge n'imposera pas l'opération de Nicolas

le 29 novembre 2005 à 10h57 , mis à jour le 29 novembre 2005 à 16h22

Le juge des référés a jugé irrecevable la demande des parents de Nicolas, six ans. Ils voulaient obliger des chirurgiens niçois à pratiquer sur leur petit garçon, atteint d'une tumeur, une opération controversée au sein du corps médical. Mais la justice estime ne pas avoir à intervenir dans ce qui relève de la seule compétence des médecins.

nicolas_cancer_justice

Nicolas ne sera pas opéré. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a déclaré mardi irrecevable la demande des parents du petit garçon, atteint d'un cancer, qui souhaitaient que leur fils soit opéré au plus vite d'une tumeur au visage. "Le désir légitime des demandeurs de tout mettre en oeuvre pour favoriser la guérison de leur enfant ne peut leur permettre de demander à l'Etat de s'immiscer dans les relations patients/praticiens et dans l'exercice indépendant de l'art médical en exigeant la réalisation d'une intervention chirurgicale", explique le juge des référés, Florence Lagémi. L'appréciation de la pertinence de cette opération "ne relève pas, de surcroît, du débat judiciaire, mais de la seule compétence des professionnels de santé devant en conscience et dans l'intérêt de l'enfant décider du traitement le plus adapté à son état", ajoute l'ordonnance rendue mardi.

Les parents du petit Nicolas, 6 ans, exigeaient que soit reconnu leur libre choix thérapeutique de demander que leur fils soit opéré et non qu'il fasse l'objets d'examens complémentaires comme le recommandait une partie du corps médical. L'opération, initialement prévue le 29 novembre, a été reportée sine die car une partie du corps médical ayant eu accès au dossier du jeune patient s'est opposée à l'intervention.

Plainte pour non-assistance à personne en danger

Depuis 2002, Nicolas est victime d'un cancer qui a d'abord été traité dans le service universitaire d'oncopédiatrie du CHU de Marseille. En 2005, le cancer a connu une évolution défavorable et une métastase au niveau de la mâchoire est apparue. Peu satisfaits des soins apportés à leur enfant, les parents ont décidé de s'adresser au docteur Nicole Delépine, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). En août dernier, la métastase a commencé à gonfler. Le docteur Delépine a estimé qu'une intervention chirurgicale était nécessaire. Elle s'est alors adressée à un spécialiste de la chirurgie faciale au centre Antoine Lacassagne de Nice.

Ce dernier, favorable à l'opération, s'est finalement heurté à l'opposition de plusieurs de ses confrères qui ont recommandé des examens complémentaires, ce que les parents et le docteur Delépine ont refusé. Nicolas a une espérance de vie très réduite et l'opération aurait été destinée à ce que la période qui lui reste à vivre ne soit pas insupportable, ont-ils expliqué. La tumeur aurait en effet pour conséquence de l'empêcher de parler et de s'alimenter normalement.

Le centre où est hospitalisé le jeune Nicolas s'est déclaré mardi satisfait de la décision du tribunal. "Nous attendions un jugement qui aille dans ce sens. La décision à prendre est vraiment médicale et les médecins ont besoin de sérénité pour y parvenir", a indiqué le professeur Jean-Pierre Gérard, directeur du centre Antoine Lacassagne. "Nous avions engagé cette action pour que l'on reconnaisse nos droits, nos droits n'ont pas été respectés", a déploré pour sa part le père de l'enfant. "C'est mon gamin qui trinque, il faut qu'on soigne mon fils, c'est lui qui est au milieu de tout ça, je suis très en colère aujourd'hui". L'avocat des parents, Me Emmanuel Ludot, a fait savoir qu'il allait transmettre au parquet de Nice une plainte contre X pour non-assistance à personne en danger dans cette affaire.

Photo d'ouverture : Nicolas - DR

le 29 novembre 2005 à 10:57
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11 Commentaires

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  • Dureau, le 29/11/2005 à 18h05

    En 1971, ma soeur âgée de 6 semaines a été opérée d'une hydrocéphalie. C'était une première en france sur un bébé aussi jeune. Evidemment, mes parents n'avaient pas les cartes en main pour décider et les médecins ne leurs ont d'ailleurs pas demandé : ils ont décidé pour mes parentd car ils estimaient que c'était la seule et la meilleure chose à faire. elle s'en est sortie handicapée mental et moteur, ce qui était prévisible, et mes parents le savaient. elle a aujourd'hui 34 ans, elle est heureuse et nous a beaucoup apporté en terme de tolérance et d'ouverture. Comme quoi, ce sont bien les médecins qui doivent choisir et se lancer. Cela dit, jamais mes parents n'ont envisagé d'attaquer en justice suite aux handicaps provoqués par l'opération. La mentalité a peut-être changé aujourd'hui. De toute façon, ne jetez pas l'anathème sur les uns ou les autres : c'est un cas forcément très difficile et passionnel puisque c'est un enfant.

  • Moreau, le 29/11/2005 à 17h51

    C'est une bonne chose que la Justice ne se mêle pas de décisions médicales ; mais le peu d'info qu'on a ne me permet pas de saluer un corps médical qui se déchire en querelles de chapelle alors qu'un enfant attend la fin de leurs hésitations pour savoir s'il est condamné à souffrir les deux ans qu'il lui reste à vivre ou s'il va être opéré. Pourquoi refuser l'opération ? Il pourrait y rester ? Je suppose ses parents suffisamment intelligents pour mesurer les risques, et choisir en conscience ce qui est le mieux pour leur enfant : une opération avec de forts risques mais lui permettant une fin de vie plus supportable, ou deux ans de souffrance sans espoir d'amélioration ?...

  • Pipeau, le 29/11/2005 à 17h46

    Quelle honte de laisser souffrir un enfant de six ans ! Il mérite une vie meilleure à son âge et des soient disant spécialistes décident qu'il faut faire des examens complémentaires... mais tout le monde sait que ses jours sont comptés. Ce petit enfant n'est qu'un enfant de xi ans qui aimerait peut-être vivre son dernier Noël sous de meilleurs cieux. Si ces spécialistes pouvaient penser à ça, le monde irait mieux. A défaut de le soigner, penser à la douleur de ses parents de ne pas le voir sourire ! Le sourire d'un enfant est si précieux. Pensées très sincères à toute la famille.

  • Parisien_stressé, le 29/11/2005 à 17h25

    Messieurs les medecins , faites au mieux le plus rapidement possible pour sauver cet enfant et soulager la detresse des parents SVP.

  • Chris, le 29/11/2005 à 17h06

    Lamentable.... dans ce cas les parents n'ont rien a dire... mais si c'était le contraire si les medecins était pour et les parents non... le tribunal aurait dit ok pour le medecin.... si ce petit bonhomme n'a plus beaucoup de temps à vivre qu'on le laisse vivre ces derniers moment decemment....et sans souffir....

  • GV, le 29/11/2005 à 16h39

    Cas type du conflit insoluble: tout le monde a raison: Les Parents bien sur Les chirurgiens qui veulent opérér les chirurgiens qui refusent d'opérer les juges. Il reste à prier pour cet enfant et ses parents.

  • Françoise, le 29/11/2005 à 16h33

    Si tous les médecns sont d'accord sur le fait que les jours de l'enfant sot comptés, ils pourriant cependant avoir plus d'humanité et de compréhension, et procéder à cette opération qui lui rendrait sa fin de vie moins difficile ainsi qu'à ses parents. Quand on pense à l'opération "pièces jaunes " de Mme Bernadette Chirac, ne ne peut que se dire que cette opération demandée va dans le même sens humanitaire : aider chaque enfant à mieux vivre sa maladie, qu'il soit à l'hôpital ou chez lui.

  • Sophie, le 29/11/2005 à 16h32

    Des examens complementaires pour quoi faire ? ne peut-on laisser le choix aux parents et a leur medecin de decider ? pour proteger le corps medical de toute action future en justice, ne peut-on alors faire signer par les parents un document officiel specifiant que ceux-ci sont conscients des risques encourrus par leur enfant ?

  • Henninger, le 29/11/2005 à 16h15

    Une fois de plus le côté financier semble primer sur l'aspect humain. La medecine n'a visiblement pas souhaitée s'engager pour que l'argent des caisses ne soit " gaspillé" pour améliorer la situation d'une personne déjà condamnée à mourir. Et la justice s'en lave les mains ...Cette jurisprudence risque d'être, par ailleurs, lourde de conséquence, alors que nous vivons, dans le même temps,un vif débat sur le droit ou non du recours à l'euthanasie pour les personnes au stade terminal d'une maladie.

  • Vimal, le 29/11/2005 à 16h00

    Nom d'un chien!!!! on parle de la Vie d'un enfant et de souffrance et ce spécialiste a besoin de l'avis de... confrères ??????????!!! Mais alors à quoi sert-il ce toubib s'il n'est pas capable de respirer sans la permission des autres. Les parents ont décidé de faire pratiquer une opération pour au moins faire en sorte que leur enfant puissent simplement....se nourrir, boire ou dormir....Ils n'ont qu'à signer une décharge et on en parle plus : donnez lui une chance. Je suis révolté par ces comportements des médecins, dignes du moyen âge....

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