Lancement réussi pour Venus Express

le 09 novembre 2005 à 08h40 , mis à jour le 09 novembre 2005 à 11h36

La sonde européenne fait route vers la planète Venus qu'elle devrait atteindre dans 163 jours. Venus Express aura pour mission première d'étudier l'atmosphère de l'étoile du Berger, considérée par les scientifiques comme la soeur jumelle de la Terre.

lancement de la sonde venus express

La sonde européenne Venus Express a été lancée mercredi avec succès vers l'étoile du Berger à l'aide d'une fusée Soyouz-Frégate à partir du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, marquant ainsi le premier pas de l'Europe vers Vénus. La fusée s'est élevée à 03H33 GMT (04h33 à Paris) et la sonde s'en est séparée environ une heure et demie après le lancement pour entamer un voyage de 163 jours, soit un peu plus de 5 mois, pour atteindre la planète. Jean-Yves le Gall président de Starsem, la société chargée du lancement, a salué une "mission parfaite". "Le bébé a crié, Venus Express va commencer sa mission opérationnelle", a déclaré pour sa part Jean-Pierre Cau, responsable du programme scientifique chez EADS Astrium, maître d'oeuvre pour la construction de la sonde, à la réception du premier signal de l'engin.

Etudier l'atmosphère de Vénus

Le lancement de la sonde, qui devait avoir lieu le 26 octobre, avait été reporté en raison de la présence de poussières dans la coiffe du lanceur. Venus Express, qui restera sur orbite autour de la planète pendant 500 jours, a pour mission essentielle d'étudier l'atmosphère de Vénus - composition, températures - a précisé l'Agence spatiale européenne (Esa). Elle est "unique dans le système solaire et la comprendre est très important", a souligné un des scientifiques de la mission, Hakan Svedhem. Très dense et chaude, cette atmosphère est constituée à 96% de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également de l'azote, du dioxyde de soufre (SO2) et de la vapeur d'eau. Par ailleurs, à une soixantaine de kilomètres d'altitude, les vents soufflent, pour une raison inconnue, à quelque 400 km/h. La planète est couverte d'une épaisse couche de nuages dont les sept instruments à bord de la sonde tenteront de percer les secrets pour en tirer également des enseignements sur la géologie et une éventuelle activité volcanique. La sonde parcourra son orbite quasi polaire et très elliptique - 250 km de périgée et 66.000 km d'apogée - en 24 heures.

460 degrés au sol

Souvent considérée par les astronomes comme la soeur jumelle de la Terre, Vénus partage avec elle de nombreuses caractéristiques : les deux sont faites de roches, elles ont une taille et une masse comparables. Mais leur évolution a été très différente et la température au sol sur "l'étoile du Berger" (ainsi que l'avaient baptisée les Anciens) atteint 460 degrés celsius. La plus grande partie de Vénus est composée de plaines, avec seulement deux grands plateaux et quelque 800 cratères de volcans dont Venus Express dira peut-être si certains sont actifs. Parmi les autres questions auxquelles la sonde pourrait répondre est l'origine de la croûte vénusienne, relativement jeune (500 millions d'années environ) alors que la planète a été constituée il y a 4 milliards d'années. La sonde survolera une planète qui tourne extrêmement lentement sur elle-même : un jour vénusien correspond à la durée de 243 jours terrestres. Et elle fait le tour du Soleil en 225 jours terrestres (365 pour la Terre).

Venus Express, construite sous la maîtrise d'oeuvre de la société EADS Astrium, est la première sonde européenne à être lancée vers Vénus. Jusqu'à présent, seules des sondes américaines et soviétiques ont été envoyées vers cette planète depuis 1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée en douceur. Vénus est l'astre le plus lumineux du ciel après le Soleil et la Lune. Elle est la première à apparaître le soir et la dernière à disparaître à l'aube.

(Photo : le lancement de la sonde sur la base de Baïkonour au Kazakhstan - LCI)

le 09 novembre 2005 à 08:40
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6 Commentaires

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  • Terry, le 10/11/2005 à 18h33

    Tomsav, Strasbourg: tout a fait d'accord, comme quoi le capitalisme et l'appat du gain on y prend gout tres vite... Laurent, Paris: oui, la navette sera retiree a partir de 2010, c'est pourquoi les USA reviendront a un systeme de capsule comme dans les annees 60-70 (un pas en arriere a mon avis) et comme les Russes. Mais il y aura un ecart de temps durant lequel seuls les Russes pourront atteindre l'ISS, d'ou l'interet pour les US de continuer le financement du programme Russe. C'est egalement la que l'on en vient a regretter que le l'Europe n'ait pu mener son projet de navette Hermes a bien... Le budget de la NASA est de 17 milliards, je ne sais pas si les 9 milliards que tu annonces sont une erreur ou si tu ne comptes qu'un sous ensemble (vols spaciaux uniquement ?). Dans tes statistiques, tu ne comptes que la NASA, or ce ne sont pas les seuls a effectuer des lancements de satellites aux Etats-Unis... Et pour finir, je ne suis pas Americain.

  • Tomsav, le 09/11/2005 à 22h54

    "maintenue a flot par l'argent des Etats-Unis". Tu vois Terry, les russes sont ne sont pas fort uniquement en maitrise spaciale: ils maitrise egalement economie ;-)

  • Laurent, le 09/11/2005 à 19h57

    A Terry de Dallas. La NASA a annoncé qu'apres 2010, les navettes du système Space Shuttle seront retirées de la flotte américaine; a partir de cette date, seule la russie assurera les vols vers l'ISS.D'ici à 2010, la NASA prévoit de maniere d'ailleurs exagérément optimiste 28 vols en tout, nombre tres insuffisant pour garantir la maintenance normale de la station. Jusqu'en 2005, la Russie a assuré tous les vols vers la station gratuitement,avec ses propres fonds. Elle demande d'ailleurs a juste titre que les USA paient les frais engagés par la russie pour compenser l'incapacité US actuelle d'envoyer des navettes vers l'ISS. Le vaisseau US qui succédera aux navettes us actuelles, le CEV, a une vocation strictement interplanétaire, et surtout ne disposera pas de dispositif d'arrimage sur l'ISS. En outre,les obligations de la russie envers les usa concernant l'ISS prennent fin au printemps;la russie prévoit donc légitimement d'envoyer 2 cosmonautes russes par mission ainsi qu'un touriste pour en financer une partie.Donc pas d'américains pris en charge. Le budget spatial russe pour 2006 est de 220 millions de dollars contre 9 milliards pour les usa;les vols progress et soyouz etant surs et de l'ordre de 65 millions de dollars piece contre 500 millions pour un vol de navette us, dont on connait les déboires passés et actuels. Voilà pour l'ISS. Concernant la position de leader de la russie pour les vols commerciaux et scientifiques à ce jour,je conseille à Terry de méditer les chiffres suivant, prouvant le leadership russe en matière de tirs de lanceurs effectués et réussis : Chiffres 2004 : Russie (Roskosmos) 46,2 %, États-Unis (NASA) 29,6 %, Chine 14,8 %, Agence spatiale européenne 5,6 %, Inde 1,8 %... Je pense que ces chiffres parlent d'eux memes;je sais que pour un américain,il est difficile d'accepter que l'on n'est pas le premier... Le multipolarisme est notre avenir et notre chance.

  • Terry, le 09/11/2005 à 17h00

    Laurent, Paris: les Russes leaders en nombre de lancements commerciaux et scientifiques reussis ? D'ou tiens tu tes statistiques ? Regarde par exemple l'historique de leurs missions sur Mars: http://www.russianspaceweb.com/spacecraft_planetary_mars.html Tu oublies egalement que l'ISS est une initiative Americaine, que sa construction est en retard pour les parties attribuees a la Russie en raison des deboires financiers de l'agence spaciale Russe, maintenue a flot par l'argent des Etats-Unis sans qui elle serait morte depuis longtemps...

  • Xx, le 09/11/2005 à 10h27

    Belle réussite, une forme parfaite de fusée, c'est le nouveau soyouz 2, bientôt il y aura le soyouz 3 integrant la capsule kilipper, elle décollera de Kourou a coté d'Ariane, il n'y a pas réellement de leader, il y a des choix et des cooperation, les usa veulent mars via la LUne, les europeens et les russes veulent developper l'iss et l'exploration automatisée, les chinois veulent la lune. Y'en a qui pensent que ca ne sert a rien, mais cela boost toute l'industrie, compte tenu des brevets développé dans tous les domaines.

  • Laurent, le 09/11/2005 à 09h42

    Merci aux russes pour cette réussite; n'oublions pas que ce sont les leaders, devant les USA, en matière de nombre de lancements commerciaux et scientifiques réussis. Sans eux, l'ISS serait morte depuis bien longtemps.

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