Une molécule qui combat le tabagisme dans la tête

Par Par Matthieu DURAND, le 17 novembre 2005 à 17h10 , mis à jour le 17 novembre 2005 à 19h22

La Varenecline, développée par le laboratoire Pfizer, présente une efficacité jamais observée dans le sevrage au tabagisme. Des test sont actuellement menés en France.

tabac médicament comprimé pilule gellule pharmacie © INTERNE

Le médicament n'est pas encore commercialisé qu'il suscite déjà les plus grands espoirs chez les fumeurs qui veulent écraser une bonne fois pour toute leur dernière cigarette. Il faut dire que les résultats de la troisième phase d'étude de la molécule, appelée Varenicline, sont impressionnants : ils montrent que "son efficacité pour le sevrage au tabagisme sont supérieurs à tout ce qu'on avait connu jusque là", explique à tf1.fr Ivan Berlin, maître de conférences au service de pharmacologie au CHU Pitié-Salpétrière, à Paris.

Le laboratoire Pfizer, qui a mis au point la molécule, a réuni des volontaires, âgés de 18 à 15 ans et qui fumaient une dizaine de cigarettes par jour. Un groupe a reçu de la Varenicline, un autre du Zyban (un antidépresseur dont on a découvert qu'il aidait à arrêter de fumer) et un troisième du placebo. Au bout de neuf semaines de traitement, l'abstinence tabagique a été constatée pendant quatre semaines consécutives chez 44% des fumeurs du premier groupe, 30% de ceux du groupe 2 et près de 18% du groupe 3.

La Varenicline est consommée sous forme de comprimés une à deux fois par jour, précise le docteur Berlin. Avantage de la molécule : "On peut individualiser les quantités prescrites", pointe le pharmacologue. "Il est envisageable de donner le médicament pendant un an ou plus, ajoute-t-il. Les stratégies thérapeutiques doivent changer car les personnes qui arrêtent de fumer rechutent. C'est pour prévenir ces rechutes que les laboratoires font désormais des études à long terme."

Des nausées mais pas d'accoutumance

Quelques effets indésirables ont été identifiés mais ils ne sont pas graves. Il s'agit "essentiellement des nausées pour 30% des patients dans les premiers jours puis elles tendent à s'atténuer", indique le docteur Berlin. En revanche, il précise que "l'accoutumance est peu probable : on ne peut pas considérer ce médicament comme un traitement substitutif ; ce n'est pas une drogue".

La Varenicline est un médicament de type agoniste partiel. En clair, "il y a des récepteurs à la nicotine dans le cerveau et des sous-types de récepteurs, qui sont responsables des effets du tabac", explique Ivan Berlin. "La Varenicline s'accroche au récepteur et a un effet imitant celui de la nicotine, poursuit-il. Quand les gens fument après avoir pris la molécule, la nicotine n'a pas d'effet." Une étude sur les effets du médicament est actuellement en cours en France. La mise sur le marché n'est pas prévue avant 2007.

A l'origine, des travaux réalisés en France

Pfizer a développé la Varenicline en s'appuyant sur les travaux du professeur Jean-Pierre Changeux, responsable de l'unité Récepteurs et cognition à l'Institut Pasteur, tient à souligner le docteur Berlin. Le neurobiologiste français est un "pionnier dans l'identification et le clonage des récepteurs nicotiniques, malgré ses difficultés à obtenir des budgets pour son service", assure Ivan Berlin. Et le pharmacologue enfonce le clou : "C'est un cas exemplaire qui montre l'importance de la recherche fondamentale pour des applications cliniques qui interviennent 20 ou 30 ans plus tard".

Par Par Matthieu DURAND le 17 novembre 2005 à 17:10
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5 Commentaires

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  • Lo-Ran, le 18/11/2005 à 15h24

    Mr Georges de Perpignan, je vous soutiens. Mais retentez quand même l'expérience. Faites des périodes "sans". Moi, ce qui me fait peur dans la cigarette, c'est que 1/3 des fumeurs développera un cancer des voies respiratoires (gorge, poumons, etc...). A moins d'aimer la médicalisation et les douleurs attenantes, je pense que c'est LE meilleur argument pour arrêter. L'autre argument ex-aequo est l'aspect financier.

  • Baladan, le 18/11/2005 à 13h46

    Content de savoir q'il existe quelque chausse d'eficaz contre le tabagisme j'attend avec impaience de pouvoir l'esseyer puisque le cyban me fatiguée enormement.Envoye moi des nouvelles de que posible sur ce medicamment,puisque je fume depuis 28 ans, merci.

  • Fred h, le 18/11/2005 à 10h06

    Perso, j'ai arrêt par deux fois de fumer. La première fois sans aucun problèmes physiques, mais la deuxième fois, au bout de 1 semaine j'ai du me mettre aux patchs car je ressentait trop le manque physique, le manque psychologique n'est rien comparé au manque physique qui dans certains cas, est très fort.

  • Georges, le 17/11/2005 à 21h05

    Régis de Paris: Ma grand-mère aussi s'est arrété du jour au landemain après avoir fumé cigarettes sur cigarettes pendant 50 ans... Elle a tenu bon sans aucun problème. En ce qui me concerne, je n'y suis jamais parvenu plus de trois mois, malgré toute ma volonté. Disons que j'ai arreté avec des "effets secondaires" encore plus néfastes: Agressivité sans bornes, transpirations, pertes de mémoire...Infernal. Je me suis vite remis à la cigarette (qui, pourtant ne me manquait plus au niveau du geste). Je pense qu'au delà de la volonté et du psychisme, le corps de chacun réagit biologiquement à sa manière. J'attends une molécule éfficace avec impatience pour en être débarassé.

  • Regis, le 17/11/2005 à 17h54

    Je me suis arreté de fumer depuis 3 ans, du jour au lendemain apres avoir fumé un paquet par jour pendant 15 ans... je pense que la volonté est plus forte que n'importe quel produit chimique....

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