
L'équipe hospitalière de l'hôpital de Nice a finalement décidé d'opérer dès ce matin le jeune Nicolas, atteint d'un cancer. L'opération, débutée à 8 heures, est prévue de durer entre six et huit heures. Ses parents souhaitaient que leur fils soit opéré au plus vite d'une tumeur au visage mais, divisé, le corps médical avait refusé l'opération. Les parents ont alors saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris pour qu'il oblige les médecins à opérer. Mardi, ce dernier a déclaré irrecevable la demande des parents. "Le désir légitime des demandeurs de tout mettre en oeuvre pour favoriser la guérison de leur enfant ne peut leur permettre de demander à l'Etat de s'immiscer dans les relations patients/praticiens et dans l'exercice indépendant de l'art médical", a expliqué dans sa décision le juge des référés, Florence Lagémi. L'appréciation de la pertinence de cette opération "ne relève pas, de surcroît, du débat judiciaire mais de la seule compétence des professionnels de santé".
"On a bafoué nos droits"
Mais surprise, quelques heures après cette décision de justice, le centre régional de lutte contre le cancer Antoine Lacassagne de Nice, où devait se dérouler l'opération, a finalement indiqué que l'équipe médicale en charge de Nicolas avait décidé de l'opérer. Ce choix a été fait "dans le seul souci de l'intérêt de l'enfant" et "en accord avec les directeurs du centre Antoine Lacassagne et du Centre hospitalier universitaire de Nice", a précisé dans un communiqué le Pr Jean-Pierre Gérard, directeur du centre Lacassagne.
Résultat, les parents laissent éclater leur colère. "On a perdu beaucoup de temps dans cette affaire. Le cancer, lui, n'attend pas. On a bafoué nos droits et c'est notre enfant qui en fait les frais". Le jeune garçon va en effet perdre sa joue au cours de cette opération, alors qu'une prise en charge plus précoce aurait permis d'éviter cette ablation.
Un retard dû aux désaccords entre patriciens
Les parents du petit Nicolas, 6 ans, exigeaient que soit reconnu leur libre choix thérapeutique de demander que leur fils soit opéré et non qu'il fasse l'objets d'examens complémentaires comme le recommandait une partie du corps médical. L'opération chirurgicale, initialement prévue mardi, avait été reportée sine die car une partie du corps médical ayant eu accès au dossier du jeune patient s'opposait à cette intervention à risque.
Atteint d'une forme rare de cancer, le jeune Nicolas présente une tumeur à la mâchoire qui est en train de gonfler. Pour le médecin qui le suit, le Dr Nicole Delépine, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny, le développement de cette tumeur exigeait une intervention chirurgicale même si celle-ci présente des risques pour la santé du patient. Le jeune Nicolas a une espérance de vie très réduite et l'opération est destinée à ce que la période qui lui reste à vivre ne soit pas insupportable, ont expliqué les parents. Le grossissement de la tumeur aurait en effet pour conséquence de l'empêcher de parler et de s'alimenter normalement. Le chirurgien niçois qui avait été contacté par le Dr Delépine avait décidé de renoncer momentanément à l'intervention du fait des désaccords profonds entre les patriciens sur le cas de l'enfant.
Photo d'ouverture : Nicolas - DR
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