© ManreoLa France compte sept parcs nationaux qui assurent la conservation du milieu naturel sur leur territoire et accueillent chaque année sept millions de visiteurs. Selon la loi de juillet 1960, il s'agit d'espaces naturels remarquables qui présentent un intérêt spécial qu'il importe de préserver contre "tout effet de dégradation naturelle et le soustraire à toute intervention artificielle susceptible d'en altérer l'aspect". Un parc comprend une "zone centrale" à très haute valeur écologique dans laquelle les activités humaines sont réglementées, voire interdites. La zone périphérique, qui ne fait jusqu'à maintenant l'objet d'aucune réglementation particulière, est un lieu privilégié pour l'accueil et l'hébergement des visiteurs et pour la valorisation du parc (musées,expositions...)
La loi soumise à partir de mercredi soir aux députés veut associer les collectivités locales à la gestion de ces espaces naturels, au risque, selon les écologistes, d'en amoindrir la protection. La loi instaure pour chaque parc une "zone centrale", le cœur du parc pratiquement intouchable, et une "zone d'adhésion", définie par les communes alentour qui y adhèreront en signant la Charte du Parc. Désormais, cette charte précisera les droits, les dérogations, les accès de cette zone. Pour le ministère de l'Ecologie, le nouveau texte permet de toiletter un statut vieux de 45 ans, d'intégrer les prérogatives des collectivités locales pour tenir compte de la décentralisation et d'entériner des pratiques déjà en vigueur. "La loi ne change rien aux Parcs tels qu'ils existent mais elle intègre un certain nombre de réalités déjà existantes dans la zone périphérique", insiste-t-on au ministère.
Mais les organisations de défense de l'environnement, tout en comprenant la démarche, craignent un "grignotage" des parcs au profit d'intérêts locaux. "On risque de ne pas être en mesure d'encadrer les lobbies qui veulent diminuer le niveau de protection des parcs, de donner la prépondérance aux collectivités locales sans les garde-fous nécessaires", estime Jean-David Abel de l'association Mountain Wilderness. Les écologistes souhaitaient voir inscrit dans la loi la présence garantie d'experts au conseil d'administration des parcs : "Toucher aux parcs, c'est toucher aux joyaux de la couronne", relève-t-on en réponse au ministère. "Mais les instructions successives des ministres de l'Environnement depuis trois ans n'ont jamais été de favoriser des parcs au rabais".
Deux nouveaux parcs nationaux |
Deux nouveaux parcs doivent être créés d'ici fin 2006, en Guyane et sur l'île de la Réunion s'ajoutant aux 7 existants : Vanoise (Savoie) ; Ecrins (Hautes-Alpes et Isère) ; Port-Cros (Var) ; Pyrénées-Occidentales (Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées) ; Cévennes (Lozère, Gard et Ardèche) ; Mercantour (Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence) ; Guadeloupe. Parc de Guyane : en gestation depuis une douzaine d'année, son territoire reste à délimiter et comprendrait un tiers des 8 millions d'hectares de la forêt guyanaise. 95% du territoire du parc serait couvert par la forêt. Les écologistes s'inquiètent des activités d'orpaillage : il serait totalement interdit dans la zone centrale mais pas en périphérie du parc. Même encadrée, cette activité reste très polluante, pour les rivières notamment (mercure, cyanure), et suscite des convoitises souvent traduites en violences, ont-ils valoir. Parc des Hauts de l'île de la Réunion : 1.650 km2 (sur les 2.500 que compte l'île), soit les deux tiers du territoire, dont une zone centrale de 100.000 ha étagée et présentant des milieux océaniques et tropicaux. Elle abrite aussi le volcan de La Fournaise, l'un des plus actifs et des plus puissants du monde. |
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