Relance d'un essai de vaccin préventif contre le sida

le 28 novembre 2005 à 17h13 , mis à jour le 28 novembre 2005 à 18h24

Les tests ont été autorisés à reprendre. Ils avaient été suspendus en février dernier après la découverte d'une complication neurologique chez un patient américain.

sida virus vih © INTERNE

L'Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) a annoncé lundi qu'elle venait de redémarrer un essai portant sur un vaccin préventif contre le sida, Vac 18, qui avait été officiellement suspendu en février dernier, après avoir été interrompu fin décembre 2004. Cette décision avait été prise après l'apparition d'une myélite, une complication neurologique sérieuse pouvant aller jusqu'à la paralysie, chez un patient américain participant à un essai portant sur la même préparation vaccinale.

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a autorisé la reprise de l'essai "sous réserve d'un renforcement des procédures visant à garantir la sécurité des personnes et leur information éclairée", précise l'ANRS. L'expertise des données relatives aux essais français et l'analyse du dossier médical du volontaire américain "n'ont pas permis de mettre en évidence un lien direct entre les lipopeptides reçus et les effets secondaires rapportés", ajoute l'agence.

132 volontaires

Le Vac 18, tout comme les précédents vaccins expérimentaux (ANRS Vac 14, Vac 16 et Vac 17), associent des fragments de protéines (peptides) du virus du sida, synthétisées en laboratoire, avec des lipides (d'où le terme de lipopeptides) destinés à favoriser leur pénétration des cellules immunitaires.

L'essai Vac 18 vise à comparer l'effet de trois doses de lipopeptides et d'un placebo sur la réponse immunitaire. Cet essai en phase II, destiné à définir la meilleure dose, fait suite à un premier essai (phase I) ayant eu pour but de vérifier si le produit est bien toléré et provoque des réponses immunitaires.

Ce deuxième test va porter sur 132 personnes recrutées au sein du réseau de 650 volontaires, tous bénévoles, que compte l'ANRS. Les volontaires ayant participé à l'essai Vac 18 dès son lancement en septembre 2004 — une première en Europe — jusqu'à sa suspension "n'ont pas été réintégrés" lors de son redémarrage, compte tenu du délai écoulé, a précisé l'ANRS. Pour garantir la protection des personnes se prêtant aux essais vaccinaux, le "dispositif de sélection et de suivi sera encore renforcé en mettant en place un suivi neurologique, ophtalmologique et immunologique".

Le vaccin contre la rougeole au service de la lutte anti-sida

L'Institut Pasteur et la firme GlaxoSmithKline Biologicals ont annoncé lundi qu'ils s'engageaient dans une collaboration à l'échelle européenne pour poursuivre des recherches sur un vaccin contre le virus du sida (VIH) dérivé d'un vaccin contre la rougeole. Les recherches en sont au stade de l'expérimentation animale. La collaboration est prévue pour durer quatre à cinq ans et les essais chez l'homme devraient commencer "au cours de la troisième année", selon l'Institut et GSK. "Si on met des protéines du VIH" dans le vaccin contre la rougeole, cela pourrait "permettre d'installer une mémoire (NDLR immunitaire) très longue qui pourrait être rappelée par un autre vaccin", selon Frédéric Tangy, de l'Institut Pasteur.

le 28 novembre 2005 à 17:13
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