© DRDes satellites pourraient être utilisés pour remorquer, grâce à la seule force de la gravitation, des astéroïdes menaçant d'entrer en collision avec la Terre, estiment deux astronautes américains dans l'édition de jeudi de la revue britannique Nature.
Plusieurs scientifiques ont déjà étudié la possibilité d'amarrer un satellite à un astéroïde pour le dévier de sa trajectoire et l'empêcher ainsi de s'écraser sur notre planète. Or, l'arrimage à une surface vraisemblablement instable, conjugué au fait que la plupart des astéroïdes tournent sur eux-mêmes, rendent la manoeuvre problématique, soulignent les auteurs, Stanley Love et Edward Lu, tous deux astronautes à la Nasa.
L'engin spatial pourrait se contenter d'un survol stationnaire de l'astéroïde, avant de l'entraîner en dehors de la trajectoire dangereuse par la seule force de la gravitation, sans lien physique avec le corps céleste. Les propulseurs devraient exercer leur poussée avec un angle suffisamment ouvert pour éviter d'atteindre la surface de l'astéroïde et de réduire ainsi l'efficacité de l'attelage.
Selon les calculs effectués par les deux astronautes américains, un engin spatial d'une masse de 20 tonnes serait suffisant pour "tirer" un astéroïde de 200 mètres de longueur, en le survolant pendant un an. Le risque d'une collision entre un astéroïde et la Terre, entraînant des conséquences cataclysmiques, est étudié depuis de nombreuses années par les scientifiques. Les experts estiment ainsi que le météorite qui a frappé la région du Mexique il y 65 millions d'années, provoquant l'extinction des dinosaures, mesurait entre 5 et 15 km de long.
L'agence spatiale américaine a mis en place, depuis plusieurs années, un programme d'observation qui devrait permettre d'identifier, d'ici fin 2008, 90% du millier d'astéroïdes de plus d'un kilomètre de diamètre pouvant affecter gravement le climat terrestre en cas de collision.
"Comme toute méthode utilisée pour dévier un objet [céleste, NDLR], on ne saura jamais si ça marche avant de le tester en vrai", explique à tf1.fr Patrick Michel, de l'Observatoire de la Côte d'Azur. Des tests qui seraient possibles à des coûts "pas très élevés", poursuit-il. "Cette méthode a pour avantage de ne pas toucher l'objet, souligne Patrick Michel. En revanche, elle ne peut marcher que pour des objets très petits, pas trop éloignés d'une forme sphérique et dont on connaît la trajectoire suffisamment à l'avance".
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