Le sida "banalisé" fait moins peur

Par Par M. D. avec AFP, le 24 novembre 2005 à 18h08 , mis à jour le 24 novembre 2005 à 18h16

Les Français connaissent mieux le sida mais en ont moins peur, selon une étude présentée jeudi. Une "banalisation" qui inquiète les experts.

sida virus vih © INTERNE

Face à une "forme de banalisation" de l'infection par le virus du sida, il est "urgent" de relancer des campagnes de prévention, notamment auprès des jeunes. Le directeur de l'Agence nationale contre le sida (ANRS), Jean-François Delfraissy, l'a martelé jeudi en présentant une étude sur "les connaissances, attitudes, croyances et comportements" face à la maladie (1).

Cette enquête, réalisée en 2004, montre une "amélioration des connaissances sur les modes de contamination". Reste que 15,8% des personnes interrogées (contre 18,7% en 2001) croient à tort qu'il est possible d'être contaminé "dans les toilettes publiques" et 8% imaginent à tort qu'on peut courir un risque "en buvant dans le verre d'une personne contaminée". Idem pour les moyens de protection : le préservatif masculin reste considéré comme un moyen efficace de protection (94,3%) ; en revanche, certaines idées fausses persistent : 15% des Français pensent qu'il est efficace de se laver après l'acte sexuel.

L'exposition au risque augmente

"On constate une diminution globale de la peur suscitée pour les différents risques et maladies", notent les experts. "Moins d'une personne sur quatre craint le VIH pour elle-même", soit le chiffre le plus faible enregistré depuis 1994. Seuls 31% des répondants se sentent concernés par les campagnes d'information sur le sida, perçu "de plus en plus comme une maladie chronique". Le rapport révèle une "ouverture marquée" à l'égard des séropositifs mais "plus les circonstances impliquent un degré élevé d'intimité" avec eux, "moins les répondants les acceptent" : "14% seulement [accepteraient d'avoir] des rapports sexuels protégés" avec eux.

"En 2004, une personne sur dix déclare avoir effectué un test de dépistage du virus du sida au cours de l'année, proportion stable depuis 1998", écrivent les experts. Parallèlement, le recours à une consultation de dépistage anonyme et gratuit est tombé de 13,2% en 2001 à 8,6% en 2004. Or, pour la première fois depuis 1994, la proportion d'hommes déclarant plusieurs partenaires au cours de l'année est passé de 10% à 14% entre 2001 et 2004. "Le multipartenariat augmente surtout parmi les catégories où il est déjà relativement élevé : les moins de 30 ans et les diplômés du supérieur". Du fait de cet accroissement, "la proportion de personnes exposées au risque du sida augmente".

Insistant aussi sur les effets secondaires de traitements lourds, Jean-François Delfraissy a jugé "urgent" de "rebooster les campagnes de prévention", notamment auprès des jeunes. Lesquels, selon l'étude, "ont certes acquis des habitudes de prévention mais apparaissent moins sensibilisés au VIH/sida".

(1) menée en commun avec l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes).


Par Par M. D. avec AFP le 24 novembre 2005 à 18:08
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1 Commentaires

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  • Feawing, le 25/11/2005 à 10h06

    En même temps cette banalisation pourrait avoir un impact positif en permettant au séropositifs de ne plus subir des autres des réactions hypertrophiées et absurdes...

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