Sida sidaction logo © drLe " stade sida " c'est le moment où le niveau d'immunité des malades est passé en-dessous d'un chiffre fatidique qui permet aux maladies opportunistes de s'installer. Si les malades attendent d'être à ce stade pour se faire traiter, la prise en charge est considérée comme tardive. Hugues Fischer, membre d'Act Up et conseiller scientifique à l'Agence nationale de recherches sur le sida nous explique les conséquences de cet aspect de l'épidémie.
TF1.fr : Comment expliquez-vous cette prise en charge tardive ?
Hugues Fischer : Il n'y a pas de réponses toutes faites à cette question, il existe beaucoup de raisons. Cela concerne bien sûr des personnes qui ont peu accès à l'information parce qu'ils sont en situation précaire et dont le premier souci est de se loger ou de se nourrir et pas de faire un test VIH. On trouve aussi les immigrés plutôt récents qui ne se sentent pas concernés par les discours de prévention des médecins et des médias. Ils ne sont pas assez intégrés dans la société pour s'identifier aux messages envoyés. Ensuite, et c'est une part très importante, les personnes qui ont accès aux messages de prévention et aux soins mais qui ne mesurent tout simplement pas le risque, qui sont à cent lieues de s'imaginer être contaminées. Par exemple, des hétérosexuels de 45 ans avec une famille, un travail, qui se sentent loin du sida.
TF1.fr :Combien de personnes sont-elles concernées en France chaque année ?
HG: Selon l'institut de veille sanitaire, 47% des malades qui sont déclarés au stade sida apprennent leur séropositivité à ce moment-la. Mais il y a un autre chiffre inquiétant : 27% des personnes au stade sida qui connaissaient leur séropositivité n'étaient pas traités. Ces personnes ont appris leur état lors d'un test mais ont préféré ne rien faire et attendre que le sida se déclare pour être pris en charge. C'est un réel problème. Au final, ces chiffres montrent que peu de personnes sont traitées suffisamment tôt.
TF1.fr : Quelles conséquences sur les traitements ?
HG : Une personne prise en charge tardivement a un risque 16 fois plus élevé de décéder dans les 6 mois qui suivent le diagnostic. Si les traitements sont les mêmes, ils sont plus compliqués à établir. Il existe une vingtaine de molécules différentes. Chaque traitement est lourd et contraignant, et présente de nombreux effets secondaires différents. Quand le médecin a le temps, il peut tester son efficacité et adapter le traitement à la personne, le personnaliser en quelque sorte pour qu'il soit mieux toléré par le malade. Mais lors d'une prise en charge tardive, on n'a pas le droit à l'erreur, il faut en quelque sorte frapper vite et fort pour arrêter la progression du virus. Les patients apprennent la dure nouvelle de leur maladie et en plus, ils subissent un traitement de choc. Psychologiquement, c'est dur.
TF1.fr :Que suggérez-vous pour remédier à ce problème?
HG :On incite les médecins à proposer le test à leur patient, mais ce n'est pas toujours suivi car les médecins sont comme tout le monde, ils ont des a-priori sur leurs patients et n'imaginent pas que certains puissent être atteints du sida. Donc, je pense que le plus important est de changer l'image du sida. C'est une maladie toujours considérée comme honteuse et c'est cette idée de honte, d'immoralité et de punition qui freine le dépistage. Certaines personnes considèrent qu'ils ne peuvent pas l'attraper car ils ne sont pas immoraux ! De plus, le rejet avéré des séropositifs effraie et les gens préfèrent ne pas savoir qu'ils sont atteints de peur de la discrimination. Si on arrive à changer l'image du sida pour en faire enfin une maladie comme les autres, les gens se feraient plus facilement dépister, au même titre qu'ils se font dépister pour un cancer.
Un acteur espagnol atteint du VIH épouse son compagnon |
Un acteur espagnol porteur du sida, Ramon Linaza, a épousé mercredi à Madrid son compagnon depuis 27 ans, Carlos Patiño, également acteur, pour manifester en faveur de la lutte contre le VIH à la veille de la journée mondiale contre le sida. Le maître de la cérémonie était le très médiatique conseiller socialiste de la mairie de Madrid Pedro Zerolo, qui a incarné la lutte en faveur du mariage homosexuel instauré par le gouvernement socialiste, entré en vigueur le 4 juillet. "Nous voulons rendre public notre engagement affectif et solidaire forgé pendant 27 ans. Un engagement qui inclut la lutte contre le VIH à travers le traitement (médicamenteux) et la vie saine", a assuré M. Linaza. |
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