Sida : les dangers de la prise en charge tardive

Par Propos recueillis par Grace MAROUN, le 01 décembre 2005 à 06h11 , mis à jour le 01 décembre 2005 à 15h29

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, Act Up attire l'attention sur un fait alarmant : selon l'institut de veille sanitaire, 47% des patients découvrent leur séropositivité alors que le sida est déjà déclaré.

SidactionSida sidaction logo © dr

Le " stade sida " c'est le moment où le niveau d'immunité des malades est passé en-dessous d'un chiffre fatidique qui permet aux maladies opportunistes de s'installer. Si les malades attendent d'être à ce stade pour se faire traiter, la prise en charge est considérée comme tardive. Hugues Fischer, membre d'Act Up et conseiller scientifique à l'Agence nationale de recherches sur le sida nous explique les conséquences de cet aspect de l'épidémie.

TF1.fr : Comment expliquez-vous cette prise en charge tardive ?

Hugues Fischer : Il n'y a pas de réponses toutes faites à cette question, il existe beaucoup de raisons. Cela concerne bien sûr des personnes qui ont peu accès à l'information parce qu'ils sont en situation précaire et dont le premier souci est de se loger ou de se nourrir et pas de faire un test VIH. On trouve aussi les immigrés plutôt récents qui ne se sentent pas concernés par les discours de prévention des médecins et des médias. Ils ne sont pas assez intégrés dans la société pour s'identifier aux messages envoyés. Ensuite, et c'est une part très importante, les personnes qui ont accès aux messages de prévention et aux soins mais qui ne mesurent tout simplement pas le risque, qui sont à cent lieues de s'imaginer être contaminées. Par exemple, des hétérosexuels de 45 ans avec une famille, un travail, qui se sentent loin du sida.

TF1.fr :Combien de personnes sont-elles concernées en France chaque année ?

HG: Selon l'institut de veille sanitaire, 47% des malades qui sont déclarés au stade sida apprennent leur séropositivité à ce moment-la. Mais il y a un autre chiffre inquiétant : 27% des personnes au stade sida qui connaissaient leur séropositivité n'étaient pas traités. Ces personnes ont appris leur état lors d'un test mais ont préféré ne rien faire et attendre que le sida se déclare pour être pris en charge. C'est un réel problème. Au final, ces chiffres montrent que peu de personnes sont traitées suffisamment tôt.

TF1.fr : Quelles conséquences sur les traitements ?

HG : Une personne prise en charge tardivement a un risque 16 fois plus élevé de décéder dans les 6 mois qui suivent le diagnostic. Si les traitements sont les mêmes, ils sont plus compliqués à établir. Il existe une vingtaine de molécules différentes. Chaque traitement est lourd et contraignant, et présente de nombreux effets secondaires différents. Quand le médecin a le temps, il peut tester son efficacité et adapter le traitement à la personne, le personnaliser en quelque sorte pour qu'il soit mieux toléré par le malade. Mais lors d'une prise en charge tardive, on n'a pas le droit à l'erreur, il faut en quelque sorte frapper vite et fort pour arrêter la progression du virus. Les patients apprennent la dure nouvelle de leur maladie et en plus, ils subissent un traitement de choc. Psychologiquement, c'est dur.

TF1.fr :Que suggérez-vous pour remédier à ce problème?

HG :On incite les médecins à proposer le test à leur patient, mais ce n'est pas toujours suivi car les médecins sont comme tout le monde, ils ont des a-priori sur leurs patients et n'imaginent pas que certains puissent être atteints du sida. Donc, je pense que le plus important est de changer l'image du sida. C'est une maladie toujours considérée comme honteuse et c'est cette idée de honte, d'immoralité et de punition qui freine le dépistage. Certaines personnes considèrent qu'ils ne peuvent pas l'attraper car ils ne sont pas immoraux ! De plus, le rejet avéré des séropositifs effraie et les gens préfèrent ne pas savoir qu'ils sont atteints de peur de la discrimination. Si on arrive à changer l'image du sida pour en faire enfin une maladie comme les autres, les gens se feraient plus facilement dépister, au même titre qu'ils se font dépister pour un cancer.


Un acteur espagnol atteint du VIH épouse son compagnon

Un acteur espagnol porteur du sida, Ramon Linaza, a épousé mercredi à Madrid son compagnon depuis 27 ans, Carlos Patiño, également acteur, pour manifester en faveur de la lutte contre le VIH à la veille de la journée mondiale contre le sida. Le maître de la cérémonie était le très médiatique conseiller socialiste de la mairie de Madrid Pedro Zerolo, qui a incarné la lutte en faveur du mariage homosexuel instauré par le gouvernement socialiste, entré en vigueur le 4 juillet. "Nous voulons rendre public notre engagement affectif et solidaire forgé pendant 27 ans. Un engagement qui inclut la lutte contre le VIH à travers le traitement (médicamenteux) et la vie saine", a assuré M. Linaza.

Par Propos recueillis par Grace MAROUN le 01 décembre 2005 à 06:11
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6 Commentaires

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  • Vanoverbeke nancy, le 02/12/2005 à 06h16

    Bonjour j'étais un peu choquée hier durant le journal tv en fait vous nous présentiez des gens de pays lointains qui disaient ne pas connaître le sida .....et en France combien de personnes ne savent pas ce qu'est et comment et pourquoi LE SIDA je voulais juste soulever cette annotatation merci de m'avoir lue et il faudrais encore et encore difuser des flashs régulièrement et faire comprendre au gens que ce n'est plus une honte ici dans la région il y en a un paquet qui l'ont et quand c'est la fin il sont décéder d'une crise cardiaque ou d'anévrisme etc.....

  • Pascal, le 02/12/2005 à 04h00

    Pour Lo-ran : tu as au moins compris une chose importante, à savoir que tu as bien fait de faire le test même si tu est fidèle, car tu ne peux jamais être certain que ta partenaire l'est egalement. Pour le reste il faut effectivement que quelqu'un t'eclaire un peu...

  • Christian, le 02/12/2005 à 01h06

    Quand on est seronegatif, on n'a pas le virus du sida dans le sang. Quand on est seropositif, on a le virus du sida mais pas forcement declencher la maladie, on peut rester seropositif pendant des années ou malheuresement tres peu de temps (ca depend des personnes) avant de declencher la maladie ( stade du sida declaré). Malheuresement actuelement aucun traitement n'éradique le virus, on peut juste freiner sa progression.

  • THIERRY F, le 01/12/2005 à 20h01

    Je vais texpliquer LORAN mais plutot que de poser tes questions ici il me semble qu'il serait plus opportun pr toi daller voir un medecin ds un hopital en consultation pour te renseigner.., je ne sais pas quel age tu as mais ca me parait assez aberrant de poser les questions que tu poses.., moi jai 38a je suis hiv seropo depuis aout 93, jusqua present je navais pas de traitement et jai commence une tri therapie en juin 2005, tout se passe bien ma charge virale est a 0 et mes cellules immunitaires sont a 470, jetais a 250 au moment du debut du traitement... en regle general d'apparence, a moins detre a un stade avance de la maladie il ny a pas de diffrence VISUELLE entre un sero negatif et un sero positif ! ce quil faut savoir cest que lorsque tu es immuno deprime tu risques lors d'un rhume mm un simple rhume d'user rapidement tes cellules T4 qui sont tes principales cellules de defense contre les infections. tu peux tenir comme moi 12ans, des fois 15 ans sans avoir de traitement mais ce qui est important cest de faire tout les trois mois des analyses pour voir ou tu en es car en un mois de difference cela peut aller tres vite..... helas c comme ca !

  • Typhaine, le 01/12/2005 à 19h05

    En réponse à Lo-Ran... 1°/ Etre séropositif au VIH signifie que l'on est infecté par le virus, il est décelable dans l'organisme. Ce qui ne veut pas dire qu'on est malade. On est malade lorsque le virus a tant attaqué les défenses immunitaires que l'on attrape des maladies dites opportunistes. Etre séronégatif au VIH signifie qu'on n'est pas infecté par le virus du SIDA. 2°/ A l'heure actuelle, lorsqu'on est séropositif au VIH, on n'a aucun moyen de le retirer de l'organisme ; on reste séropo à vie. 3°/ L'action des médicaments visent effectivement à ralentir la progression du virus dans l'organisme. A l'heure actuelle, avec un suivi médical régulier et une bonne observance des traitements, la durée de vie rejoint la durée de vie des personnes séronégatives. Par contre la qualité de vie change énormément...

  • Lo-Ran, le 01/12/2005 à 16h30

    Je m'aperçois que je ne connais pas grand chose du SIDA. N'étant pas concerné (partenaire unique & sincère depuis 2 ans 1/2, tests négatifs), je ne m'intéresse pas aux MST. Ce que je ne comprends pas (ou ne sait pas, n'ayant peut être pas fait l'effort de poser la question jusqu'alors, car c'est génant) : 1-Quelle est la différence entre séronégatif & séropositif (la maladie est déclarée en étant séropo, mais qu'est ce que ça change ?). 2-Si on est séronégatif (mais qu'on a le virus non déclaré), que faut il faire ? Peut on supprimer le virus ? 3- Si on attrape le virus, les médicaments servent-ils qu'à ralentir la progression du virus ? Quelle issue à terme alors, on est en sursis pendant quelques années ? Merci de me publier ainsi que des réponses éventuelles.

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