La sonde européenne Venus Express prête au départ

le 08 novembre 2005 à 12h51 , mis à jour le 08 novembre 2005 à 12h54

L'Agence spatiale européenne doit envoyer mercredi une sonde vers "l'étoile du Berger". Objectif : étudier l'atmosphère de cette planète sœur de la Terre.

vénus planète nasa © INTERNE

La sonde européenne Venus Express doit s'élancer mercredi du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à 9h33 heures locales (4h33 heure française), à l'aide d'une fusée Soyouz-Frégate. Le tir devait avoir lieu le 26 octobre mais avait été reporté en raison de la présence de poussières dans la coiffe du lanceur.

Il s'agit de la première mission européenne en direction de la deuxième planète à partir du Soleil, également connue sous le nom de l'étoile du Berger. Principal objectif : l'étude de l'atmosphère de la planète. Vénus, considérée comme une planète soeur de la Terre — en taille, masse, composition —, possède une atmosphère très dense et chaude, constituée à 96% de dioxyde de carbone ou gaz carbonique (CO2). On y trouve également de l'azote, du dioxyde de souffre et de la vapeur d'eau.

Présence d'océans ?

Les nuages, qui couvrent la planète, ont une très grande vitesse. La sonde mesurera entre autres leur température jusqu'à des altitudes très basses (10 km de la surface), ce qui permettra de déterminer notamment s'il y a "des écarts locaux" en certains endroits. Cela "laisserait penser qu'il existe des points chauds (volcans) ou des matériaux originaux" dans le sol, selon Pierre Drossart, du CNRS, co-investigateur pour une expérience placée à bord de Venus Express. La planète recèle encore beaucoup d'énigmes, dont la jeunesse des matériaux du sol. Les observations ont déjà permis d'observer des cratères de volcans, mais il n'a pas été possible de déterminer s'ils sont actifs ou non.

La mission Venus Express "apportera des éléments de réponse" à la question que se posent les scientifiques sur l'éventuelle présence d'océans à la surface de la planète à ses débuts, a relevé pour sa part un autre investigateur, Jean-Loup Bertaux, du CNRS. La vapeur d'eau se trouvant actuellement dans l'atmosphère correspondrait, sous forme liquide, à une couche d'eau de "30 cm d'épaisseur sur toute la surface" de la planète, a-t-il dit. Une autre modélisation prenant en compte l'abondance de deutérium (eau lourde) dans cette atmosphère laisserait entendre qu'il a pu y avoir dans le passé une couche de 45 m de profondeur. L'étude de l'atmosphère, a encore noté Jean-Loup Bertaux, permettra aussi éventuellement de mieux comprendre "la physique de l'effet de serre, en particulier des nuages, ce qui pourra contribuer à raffiner les modèles terrestres".

Venus Express sera placée en avril 2006 autour de l'étoile du Berger sur une orbite quasi polaire et très elliptique (250 km de périgée, 66.000 km d'apogée). La sonde fera le tour de la planète en un jour terrestre et la mission est prévue pour 500 jours. Outre la France, l'Italie, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche, la Suède et les Etats-Unis participent à cette mission. Plusieurs sondes américaines et soviétiques ont déjà été envoyées vers Vénus depuis 1961, dont Mariner 2 (USA - 1962) qui a été la première à la survoler, ou Venera 7 (URSS - 1970) qui s'y est posée en douceur.

photo : Vénus (NASA)

le 08 novembre 2005 à 12:51
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