
Pourquoi avez-vous décidé de vous rendre au Sri Lanka après le tsunami ?
Jean-Pierre Leclerc (1) : J'ai effectué de nombreuses missions humanitaires dans le monde entier, en dehors de mon travail d'ingénieur de recherche. Après le 26 décembre 2004, il m'a semblé naturel de faire quelque chose. J'ai donc contacté l'association Solidarités avec laquelle j'avais déjà travaillé. On m'a alors proposé de me rendre sur place dès le 13 janvier 2005, pendant un mois. La mission de l'association sur place concerne essentiellement l'eau et l'assainissement. J'avais pour ma part un rôle de coordinateur technique.
Qu'avez-vous découvert en arrivant sur les lieux ?
J.-P. L. : Les habitants de la zone sinistrée sont constitués d'une population assez pauvre, qui a pour habitude d'utiliser l'eau des puits. Or les puits sont maintenant inutilisables à cause de la pollution à l'eau de mer causée par la vague qui les a submergés et recouverts. À l'arrière, les puits ont été pollués par infiltration de l'eau de mer dans les nappes phréatiques. Il en a donc résulté un manque d'eau global.
Quelles actions avez-vous alors mises en place ?
J.-P. L. : Pour les puits, rien ne peut être fait, c'est une question de temps. Nous approvisionnons les populations en eau potable grâce à des camions-citernes et des stations de "potabilisation", ou bien lorsque les sites de fortune ou les villages sont proches des villes, nous mettons en place des connexions avec les réseaux de distribution urbains. Mais notre principal travail consistait à construire des latrines dans les camps où la population avait été placée. De plus, il a fallu réaliser un programme de vidange pour les fosses septiques afin d'éviter les épidémies.
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Que reste-t-il à faire ?
J.-P. L. : La priorité est la reconstruction car les camps ne sont pas viables. Pour Solidarités, la première mission consiste à étendre le réseau d'eau et à continuer à reconstruire des latrines. Par ailleurs, la majeure partie de la population touchée est une population de pêcheurs. Un programme va donc être élaboré afin de leur redonner du matériel. L'association organise de plus un travail de déblaiement effectué par la population touchée elle-même, qui sera rémunérée.
(1) Jean-Pierre Leclerc est directeur adjoint du Laboratoire des sciences du génie chimique (LSGC), au CNRS.
CNRS Thema souhaite permettre aux médias
de se constituer des dossiers de fond, en montrant la réflexion du CNRS
sur des choix de société et son engagement dans les débats de son époque.
photo : archives TF1
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