© DRDepuis l'apparition de la forme humaine de la grippe aviaire, le virus H5N1 a été détecté dans 14 pays, selon un décompte officiel de l'OMS : Corée du Sud, Vietnam, Japon, Thaïlande, Cambodge, Laos, Indonésie, Chine, Malaisie, Russie, Kazakhstan, Mongolie, Turquie, Roumanie. Un 15e pays, la Croatie, a confirmé le 26 octobre la présence du virus sur son territoire. Face à cette progression qui se poursuit, des vaccins adaptés sont à l'étude dans plusieurs laboratoires. Mais il faudra plusieurs mois pour les produire, une fois identifiée l'éventuelle souche pandémique du virus. Voilà pourquoi les gouvernements européens ont stocké ou se préparent à stocker de grandes quantités d'antiviraux.
Parmi les antiviraux, le Tamiflu est jugé susceptible de réduire la durée de la maladie (voire la mortalité) s'il est administré au plus tard 48 heures après l'apparition des premiers symptômes. Il peut également être utilisé pour prévenir la contamination de l'entourage d'un malade. Mais son efficacité n'est pas prouvée sur un virus pandémique puisque celui-ci n'existe pas encore. Et à ces doutes sur son efficacité, pourraient s'ajouter des questions sur ses effets secondaires. Selon nouvelobs.com, en effet, des effets potentiellement dangereux de cet antiviral ont été observés au Japon, contre lesquels le ministère japonais de la Santé met en garde les patients.
Cette mise en garde fait suite à la mort de deux adolescents qui avaient, selon les médias japonais, ingéré du Tamiflu. Cet antiviral est en effet administré de manière courante au Japon pour lutter contre le classique virus de la grippe - ce qui est d'ailleurs à l'origine de cas constatés dans ce pays de résistance de souches du H5N1 au Tamiflu. Le journal Mainichi et l'agence Kyodo news, cités par nouvelobs.com, évoquent ainsi le cas d'un étudiant de 17 ans qui avait sauté devant un camion en février 2004 dans la région de Gifu. Il venait alors de prendre du Tamiflu. L'autre cas est celui d'une lycéenne de la région voisine d'Aichi, tombée du neuvième étage après avoir, là aussi semble-t-il, ingéré du Tamiflu. Le distributeur japonais de l'antiviral, Chugai pharmaceutical, a envoyé un rapport au ministère de la Santé en reconnaissant la possibilité d'un lien entre des troubles du comportement et la prise de Tamiflu. La notice du médicament distribué au Japon fait état de la possibilité de "comportements anormaux" ou "d'hallucinations", mais de tels cas n'avaient jamais été observés jusqu'ici.
Photo d'ouverture : boîtes de Tamiflu - archives
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