© INTERNE"Dans l'immédiat, la motorisation diesel est la solution la plus efficace et la moins chère pour réduire les émissions en Europe, où le diesel est massivement diffusé", indique un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques présenté mercredi. Les députés Christian Cabal (UMP, Loire) et Claude Gatignol (UMP, Manche), y avancent une série de mesures pour favoriser la voiture propre, dans le respect d'une industrie automobile qui réalise 90 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie 300.000 personnes en France.
La priorité donnée au diesel se justifie d'autant plus aisément, selon les rapporteurs, que les constructeurs français en sont des spécialistes. Les motorisations diesel dégagent moins de gaz carbonique — principal coupable du réchauffement de l'atmosphère — que les motorisations essence car leur consommation est en moyenne moindre de 20% à 30%. Elles peuvent aussi fonctionner avec des esters d'huiles végétales, les "biocarburants". Le rendement énergétique de cette technologie, qui a perdu beaucoup de ses défauts environnementaux initiaux grâce au filtre à particules et à l'injection haute pression, peut encore être amélioré de l'ordre de 20%, selon le rapport.
"Les véhicules hybrides représentent une formidable publicité pour le Toyota", le constructeur japonais qui les commercialise. "Mais d'ores et déjà, des constructeurs français ont des modèles à leur catalogue qui rejettent moins de gaz carbonique" que la Toyota Prius, a fait valoir Christian Cabal. Il a par ailleurs noté que le véhicule hybride japonais n'était pas capable de rouler "plus de 4 km en propulsion électrique pure". "La motorisation hybride a trouvé sa place au Etats-Unis ou au Japon, où le diesel ne représente que, respectivement, 2% ou 5-8% des voitures vendues. En France, elle n'a aucun intérêt écologique", a asséné le député.
"Diesel hybride"
En revanche, les véhicules associant propulsion diesel et électrique, comme ceux en préparation chez PSA, trouvent grâce auprès des rapporteurs. Pour eux, la meilleure des solutions serait pour le court terme "un diesel hybride, disposant d'un système automatique arrêt/démarrage en circulation urbaine, et doté d'un filtre à particules, dans l'attente, au delà de 15 ans, de véhicules à pile à combustible commercialement viables".
Les rapporteurs relèvent les progrès récents des batteries automobiles, qui redonnent une chance au véhicule électrique, comme l'attestent les projets des groupes Bolloré et Dassault. Mais le véhicule électrique ne pourra concurrencer avec succès les véhicules thermiques que s'il affiche "les mêmes performances, la même polyvalence et le même coût que le véhicule thermique", affirment-ils.
Les deux députés s'interrogent par ailleurs sur la pertinence du maintien des incitations fiscales à l'achat de véhicules au gaz (GPL), alors que cette technologie "n'a pas fait la preuve de son efficacité". De 22.000 modèles immatriculés chaque année en France dans les années 70, on est tombé aujourd'hui à 2.200 véhicules. Enfin, s'ils s'interdisent de préconiser des mesures autoritaires pour réduire l'utilisation de la voiture, ils notent le succès aux Etats-Unis des voies de circulation réservées au covoiturage et préconisent des mesures favorables aux utilisateurs des véhicules les moins polluants.
Par Frédéric GARLAN (AFP)
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