Lyon, 2 décembre – Cinq jours après son opération, la patiente greffée du visage "va bien", assurent les professeurs Devauchelle et Dubernard. Le premier a effectué au CHU d’Amiens l’implantation d’un greffon prélevé à Lille sur une donneuse décédée tandis que le suivi du traitement immunosuppresseur est assuré par le second à Lyon. Cette "première mondiale" suscite espoirs et polémique. DR © The Daily TelegraphLa patiente qui a reçu la première greffe partielle de visage redoute sa sortie de l'hôpital, affirme-t-elle dans un entretien publié samedi par le quotidien britannique Daily Mail. "Je n'ai pas peur pour l'instant, car j'ai la sécurité de l'hôpital, mais je dois dire que j'ai très peur de partir", explique cette Française de 38 ans, interviewée par téléphone à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon, et dont les propos sont traduits en anglais. "Je ne veux pas marcher seule dans la rue", poursuit-elle. "C'est trop tôt et je dois faire attention aux infections. Et j'ai peur que les gens me reconnaissent comme la femme qui a été greffée du visage".
La patiente dit s'être réjouie d'emblée du résultat de l'opération : "Quand j'ai regardé mon nouveau visage, j'ai tout de suite su que c'était moi. C'était extraordinaire de voir à nouveau un nez et une bouche sur mon visage".
Première mondiale
Décrivant la procédure comme un "miracle" et "un excellent travail", elle indique aussi que la cicatrice "commence à s'estomper". "Les médecins pratiquent des tests", raconte la jeune femme, "pour voir si je peux sentir la douleur. Ils me disent de fermer les yeux, puis appuient à différents endroits de mon visage pour voir si je le sens". "Je ne ressens encore rien pour l'instant", précise-t-elle, "car les nerfs ne travaillent pas correctement. Ils (les médecins) espèrent que la sensation reviendra dans six mois à un an, mais ils ne savent pas exactement, parce que c'est la première fois qu'ils font cela".
La patiente insiste encore sur la souffrance morale que lui causait le regard des autres avant son opération. Elle veut désormais "simplement mener une vie normale, sans (être) regardée tout le temps". "Il est trop tôt pour penser à l'avenir, mais je ne regrette rien, si on me le demandait à nouveau, je le referais", ajoute-telle.
La jeune femme, gravement défigurée en mai par son chien, avait bénéficié de la première greffe partielle de la face (triangle nez-lèvres-menton) réalisée par l'équipe du professeur Bernard Devauchelle, spécialiste de chirurgie maxillo-faciale au CHU d'Amiens, en étroite collaboration avec celle du professeur Jean-Michel Dubernard, chef du service de chirurgie à l'hôpital Edouard-Herriot.
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