La patiente greffée du visage "va bien"

Par Par Matthieu DURAND avec AFP, le 02 décembre 2005 à 15h55 , mis à jour le 14 décembre 2005 à 15h40

The Daily Telegraph publie samedi la première photo de la patiente de 38 ans opérée dimanche dernier au visage. Vendredi, les professeurs Dubernard et Devauchelle ont fait un point sur cette première greffe mondiale de visage. Si un échec reste possible, à ce jour, "aucun problème post-opératoire" n'a été constaté.

Le Daily Telegraph publie en Une la photo de la première patiente graffée du visageLyon, 2 décembre – Cinq jours après son opération, la patiente greffée du visage "va bien", assurent les professeurs Devauchelle et Dubernard. Le premier a effectué au CHU d’Amiens l’implantation d’un greffon prélevé à Lille sur une donneuse décédée tandis que le suivi du traitement immunosuppresseur est assuré par le second à Lyon. Cette "première mondiale" suscite espoirs et polémique. DR © The Daily Telegraph

The Daily Telegraph a publié samedi la première photo de la patiente qui a bénéficié d la première greffe du visage partielle au monde. Vendredi, le professeur Jean-Michel Dubernard, qui a réalisé le 27 novembre à Amiens cette greffe, a affirmé que la patiente allait "bien sur le plan physique, immunologique et psychologique". Une conférence de presse était organisée à l'hôpital Edouard Herriot, à Lyon, où est suivie la patiente.

"Aucun problème post-opératoire" n'a été constaté, a indiqué pour sa part le Pr. Bernard Devauchelle, le chef du service de chirurgie maxillo-faciale du CHU d'Amiens, qui a réalisé l'opération. "On a eu une très bonne surprise en terme de couleur de la peau", a-t-il affirmé, avant d'ajouter que le premier mot de la patiente, 24 heures après l'opération, a été "merci". "On saura dans quatre à six mois si la patiente retrouvera toute la sensibilité", a-t-il indiqué. "Le bénéfice est déjà net, elle mange, elle boit, elle parle clairement", a poursuivi le spécialiste. "Avant la greffe, elle n'avait plus de lèvres et sans lèvres c'est très difficile de respirer, de boire et de manger", a-t-il expliqué. "On a été stupéfaits de l'intégration du transplant dans le visage de la patiente", a-t-il encore affirmé.

La greffe réalisée dimanche dernier (LCI)
"Une greffe de ce type n'a rien à voir avec d'autres transplantations. Je dis : ‘chapeau' !", a déclaré le Pr Dubernard à l'attention de son confrère. Soulignant la précision de ce "boulot somptueux", il a décrit des "nerfs suturés [de l'épaisseur] des fils qui pendent au bout des haricots". Les deux professeurs ont envisagé un possible échec de cette première greffe mondiale de la face. "En cas d'échec, nous revenons à la case départ, mais nous n'avons fermé la porte à aucune autre technique notamment la technique traditionnelle d'auto-transplantation", a précisé le Pr Devauchelle. La patiente court également le risque de développer des cancers, notamment de la peau mais ces derniers sont "faciles à prévenir", a prévenu le Pr Dubernard. Quant aux éventuelles conséquences psychologiques, "on ne peut pas [en] discuter beaucoup aujourd'hui", a-t-il poursuivi. Restent que des psychiatres et des psychanalystes assistent actuellement la patiente.

"Pour une malade"

La patiente, qui a été opérée dimanche au CHU d'Amiens, avait été gravement défigurée en mai par une morsure de chien. La transplantation a été réalisée à partir d'un greffon prélevé au CHU de Lille sur une donneuse en état de mort cérébrale encéphalique, avec l'autorisation de sa famille. Première difficulté : il a fallu prélever le greffon pour cette opération ainsi que d'autres organes destinées à d'autres patients, a pointé Philippe Domy, directeur général du CHU d'Amiens. C'est dans cet hôpital que le Pr Devauchelle a réalisé l'implantation tandis que le suivi du traitement immunosuppresseur a été effectué au CHU de Lyon par le Pr Jean-Michel Dubernard.

Les professeurs Devauchelle et
Dubernard (LCI)
Contacté par l'équipe d'Amiens, le Pr Dubernard a expliqué avoir hésité, évoquant la peur de "se faire massacrer par certains médias" et le "stress majeur" suscité par cette première. Mais quand il a vu le "visage défiguré" de la patiente, il n'a "plus eu la moindre hésitation". Et d'insister : "Ce travail, on l'a fait pour une malade car nous sommes des médecins".

photo DR : la photo de la patiente au CHU d'Amiens publiée en Une du Daily Telegraph

Par Par Matthieu DURAND avec AFP le 02 décembre 2005 à 15:55
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25 Commentaires

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  • HL, le 05/12/2005 à 09h39

    Grandiose. Inspiré de Face Off, Travolta et Cage qui échangent de visage. Bravo la science.

  • CHANU Hervé, le 05/12/2005 à 05h17

    Bravo, magnifique, quel courage pour ces chirurgiens et surtout pour la patiente. Espérons qu'il n'y ai pas de complication.

  • Nicole, le 04/12/2005 à 20h32

    Chapeau ! de toute manière si la patiente en a envie et que les docteurs sont capables de le faire alors pourquoi pas ? Même en cas d'echec, c'est seulement comme ça qu'on avance !Merci à la famille de la personne décédée

  • Salim, le 04/12/2005 à 13h16

    Je tiens à féléciter le bon réflexe d'avoir effectuer à bien cette opération qui donnera un nouveau éspoir pour la patiente,et grand châpeau pour le professionalisme et le courage de l'équipe opérationnelle dans cette action.

  • Ayumi, le 03/12/2005 à 22h39

    La médecine évolue et c'est très bien! Bravo encore aux médecins qui ont fait un travail formidable!

  • Anne, le 03/12/2005 à 21h21

    C'est absolument formidable mais pourquoi la premiere photo dans le Daily Telegraph? En tous cas toutes mes felicitations aux chirurgiens et leur equipe.

  • Romain Durand, le 03/12/2005 à 17h44

    Bravo, génial, cocorico! Pour ce qui est des problèmes d'ordre psychologique évoqués par les médias, entre ressembler à un monstre et avoir un nouveau visage je crois que le choix est vite fait.

  • Regis, le 03/12/2005 à 12h06

    Chapeau bas messieurs les chirurgiens, beau boulot :-)

  • Nicolas, le 03/12/2005 à 10h56

    Un mot : BRAVO

  • Coralie, le 03/12/2005 à 09h47

    Je trouve ce genre de geste tres professionnel: le medecin va aider le patient a "revivre". Nous vivons dans une epoque ou tout est possible... grace au don d'organes. S'entraider est le geste humain. Bravo

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