Cinq jours après la catastrophe, certaines régions sinistrées offrent toujours un spectacle de désolation, comme à Aceh, en Indonésie (image : LCI).Tsunami, un an après : cliquez ici pour lire notre dossier
Un nouveau tsunami est-il envisageable dans l'Océan indien, et notamment en Indonésie ? "Toutes les alarmes sont au rouge vif", affirme Paul Tapponnier, chercheur à l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP). La région "vit une séquence sismique qui se produit tous les 800 ans, tous les 1.000 ans. On ne sait pas trop. Et cette séquence, elle n'est pas encore terminée", explique-t-il.
"Ce serait irresponsable de la part des responsables de la région d'ignorer la possibilité qu'un séisme puisse survenir dans l'année", estime également un autre éminent tectonicien, John McCloskey de l'Université de l'Ulster.
"Plus grande pression"
Le séisme d'il y a un an, le deuxième plus puissant jamais enregistré scientifiquement avec ses 9,3 degrés sur l'échelle de Richter, a en effet déchiré sur 1 200 kilomètres la faille qui court parallèlement à Sumatra. "C'est comme une chemise que l'on déchire. A chaque fois qu'un bouton saute, ceux qui restent doivent supporter une plus grande pression", résume Paul Tapponnier. D'ailleurs, le 28 mars 2005, juste trois mois après le tsunami, un nouveau tremblement de terre, de magnitude 8,7, a rompu la même faille plus au sud, "à un endroit où il y avait déjà eu un gros séisme en 1861".
Reste également le tronçon de la faille encore plus au sud. La partie située en face de la métropole de Padang et ses deux millions d'habitants. Là, le dernier gros tremblement de terre - probablement de magnitude 9 - remonte à 1833, ce qui est déjà lointain dans une région où la plaque indienne s'enfonce sous la plaque asiatique à "grande vitesse géologique" (5 cm par an).
"20 minutes"
Toute la région est en fait sous tension : les coraux, qui poussent normalement à fleur d'eau, ont été tirés à un mètre de profondeur par les tensions accumulées de la plaque terrestre. Dans les régions touchées par les récents séismes, là où les tensions se sont libérées, ils sont désormais émergés.
Les études menées avant le tsunami, recensant le nombre et l'énergie des séismes au large de Sumatra, avaient montré que "cette zone était prête à partir", avec une accélération du nombre de ces évènements précurseurs. Selon les mêmes critères, toute la faille jusqu'à Java présente les mêmes symptômes.
La faille étant sous-marine et caractérisée par ses mouvements verticaux, un gros séisme a toutes les chances de s'y accompagner d'un tsunami. "Si on a un magnitude 9 dans la partie sud de Sumatra, ce sera terrifiant", s'inquiète Paul Tapponnier. "Il faut qu'au moindre frémissement un peu durable, les populations aillent se mettre à l'abri". Pour Sumatra, situé très près de la faille, un système d'alerte au tsunami ne servirait à rien. "L'alerte, c'est le séisme. Les gens ont alors 20 minutes pour se mettre à l'abri".
Des systèmes d'alerte plus efficaces |
Mais pour l'instant certaines nations ne sont pas allées au delà de simples déclarations de principe. En octobre, l'Inde a bien approuvé la mise en place d'un centre d'alerte au tsunami à Hyderabad, capitale régionale de l'Andhra Pradesh, mais il ne devrait pas être opérationnel avant deux ans. Au Sri Lanka, aucun dispostif sérieux n'a encore vu le jour. Au-delà du volet technique, les autorités portent aussi leurs efforts sur l'information des habitants, beaucoup n'ayant pas saisi les dangers du tsunami. "Des programmes d'éducation sont également cruciaux, pas seulement dans la perspective d'un risque futur mais également vis-à-vis d'autres dangers", souligne Eric P. Schwartz, envoyé spécial de l'Onu pour la reconstruction. |
(photo d'archives : les destructions à Banda Aceh après le tsunami)
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