Sécu : fin de l'accès libre à la psychiatrie

le 20 décembre 2005 à 17h32 , mis à jour le 20 décembre 2005 à 18h18

Dorénavant, les patients de plus de 26 ans devront passer par leur médecin traitant avant de consulter un psychiatre.

médecin traitant formulaire Sécu © DR

Entré en vigueur le 1er juillet, le parcours de soins coordonné, qui instaure l'obligation pour chaque assuré de voir son médecin traitant avant de consulter un spécialiste, ne s'appliquait pas, pour l'heure, à la psychiatrie. C'est un des nombreux points restés en suspens le 12 janvier dans la convention médicale. L'assurance maladie et les trois syndicats de médecins(CSMF, SML Alliance) viennent de s'entendre à ce sujet dans la nuit de lundi à mardi. La question était de savoir si les assurés sociaux pouvaient accéder directement à un psychiatre (ou neuropsychiatre), comme c'est le cas pour certaines autres spécialités (gynécologues, ophtalmologues), ou s'ils devaient passer par la case "médecin traitant", pour être  remboursés à taux pleins.

Après plusieurs mois de discussions, l'Union des caisses d'assurance maladie (Uncam), la CSMF, le SML et Alliance ont tranché, dans la nuit de lundi à mardi, en faveur de la deuxième solution. Toutefois, les moins de 26 ans pourront consulter directement. Ce texte doit encore être publié au journal officiel. Il s'appliquera au plus tard "dans 45 jours", a précisé l'Uncam.

Les partenaires conventionnels ont en partie suivi les conclusions du récent rapport de Marie-Christine Hardy-Baylé et Laurent Schmitt qui préconisait que le parcours coordonné autour du médecin traitant soit "la règle dans la plupart des situations relevant du champ de la santé mentale". Pourtant, une majorité de psychiatres milite pour que leur discipline demeure en accès direct comme c'est déjà le cas pour les gynécologues et les ophtalmologues. Les auteurs du rapport rappellent que le médecin généraliste constitue déjà "le premier recours pour le plus grand nombre de patients", notamment en matière de prescription d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. Le rapport estimait néanmoins que l'accès libre à la psychiatrie devait être possible dans certains cas complexes et pour les patients de 16 ans (âge à partir duquel l'assuré doit choisir un médecin traitant) à 25 ans, une tranche d'âge qui représente une "période de vulnérabilité". Médecins et assurance maladie ont finalement retenu la limite de 26 ans.

Les partenaires conventionnels ont également signé un avenant qui va permettre aux médecins spécialistes consultés en cas d'urgence de toucher la "majoration de coordination" de 2 euros qui leur est déjà versée lorsqu'ils reçoivent un patient qui leur est adressé par un médecin traitant. En revanche  les discussions sur les dispositions tarifaires censées entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2006 ont été reportées. Elles portent sur la majoration de trois euros des consultations des généralistes pour les enfants de 2 à 6 ans et la hausse d'un euro de la "majoration de coordination", ainsi portée à 3 euros.


le 20 décembre 2005 à 17:32
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8 Commentaires

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  • Bret, le 22/12/2005 à 16h57

    Philippe, Le rapport c'est qu'en négligeant l'accès à la psychiatrie, on a laissé dehors un schizophrène dangereux. Un malade qui a rencontré les pires difficultés pour se faire soigner. Et je ne pense pas qu'un directeur de conscience aurait suffit à le détourner de ses démons intérieurs. L'affaire de Pau n'est pas une exception, c'est juste une conclusion tragique de la difficulté que rencontre de + en + de personnes pour se faire soigner.

  • Christophe, le 22/12/2005 à 00h30

    Mon cher Philippe, Comment peux-tu faire une croix sur l'ensemble d'un corps scientifique et médical ? Serais-tu favorable aux "bonnes vieilles recettes d'antan" sans avoir conscience de la faiblesse de ce type d'approche ? Dans ce cas, reprends tes lectures. Ou bien s'agit-il d'une forme d'obscurantisme idéologique. La psychologie expérimentale, les nouvelles thérapies, l'apport de la neurophysiologie, sont des exemples parmi bien d'autres d'avancées dans ce domaine, fort complexe j'en conviens. Cdlt

  • Dominique, le 21/12/2005 à 14h13

    Est-ce que quelqu'un sait combien on est remboursé si on ne passe pas par le médecin traitant avant d'aller voir le psychiatre ?

  • David, le 21/12/2005 à 14h06

    Sur le principe du suivis du patient, l'idée est bonne, mais alors le cout... C'est encore le contribuable qui va payer.

  • Fabrice, le 21/12/2005 à 12h53

    Ne croyez vous pas que quelqu'un qui consulte un psychiatre meme s'il a plus de 26 ans est plus vulnerable que celle qui consulte un gynecologue!

  • Philippe, le 21/12/2005 à 12h53

    Bret, je ne vois pas le rapport. Par ailleurs, il faudrait cesser de régler la conduite de notre société et de la majorité sur des exceptions.

  • Bret, le 21/12/2005 à 12h04

    Philippe, C'est avec des raisonnements comme le tien qu'on se retrouve avec un double meurtre comme à Pau l'an dernier. Un an après ce triste évènement, certains n'ont manifestement rien compris.

  • Philippe, le 21/12/2005 à 00h00

    Enfin, quand finira-t-on par admettre que toutes les psy... sont des escroqueries et que dans la plupart des cas, hormis l'usage de médicaments, elles ne résolvent rien. Un peu d'histoire, toutes ces "techniques" sont dérivés du jansénisme qui est une introspection de plus en plus poussée, une explication de tout par une replis sur soi. Un directeur de conscience à la hauteur, comme par le passé, était beaucoup plus efficace.

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