
Le ministre français de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé le renforcement des moyens de prise en charge des malades d'une épidémie de chikungunya, lundi, lors de sa première journée de visite sur l'île de la Réunion. "Dès samedi, j'ai saisi l'Organisation Mondiale de la Santé pour que l'on fasse du chikungunya une cause internationale, que l'on partage les ressources à son sujet et que l'on avance dans la recherche d'un vaccin." Une vingtaine de médecins et d'infirmiers sont arrivés avec lui sur l'île lundi, pour renforcer les équipes des hôpitaux les plus sollicités. Ils seront "relayés par d'autres professionnels dès la fin de la semaine", a déclaré le ministre.
Il a prôné "une stratégie globale de lutte pour ne pas se faire prendre de vitesse par une accélération de l'épidémie" et pour permettre de la "maîtriser le plus tôt possible", affirmant qu'il vient également "apporter un message de solidarité aux Réunionnais". La "première priorité est la prévention" a dit Xavier Bertrand rappelant que le Premier ministre a décidé samedi d'accroitre les moyens de démoustication sur le terrrain par le renfort de 400 militaires. Jusque là, plus de 1500 personnes participaient déjà à la lutte contre la propagation de la maladie.
Le nombre de malades depuis le début de l'épidémie est évalué à plus de 22 000. Le ministre déclaré avoir également saisi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour "coordonner" et "intensifier la recherche" sur le virus, soulignant que plusieurs autres de la région sont concernés par l'épidémie. Le ministre de la Santé passera 36 heures dans l'île avant de se rendre à Mayotte mardi où les "premiers cas " de la maladie ont été observés. Il rencontrera les élus, les professionnels de santé, rendra visite aux malades et aux personnes âgées et assistera à des opérations de démoustication sur le terrain.
"Celui qui marche courbé" |
Apparue en mars 2005 à la Réunion, l'épidémie de chikungunya est propagée par les moustiques. La maladie n'est pas mortelle mais il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux. Elle se traduit par une forte fièvre (plus de 39°C), des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations, obligeant le malade à se déplacer courbé, d'où le nom chikungunya, "celui qui marche courbé" en swahili.
(Image LCI : Xavier Bertrand, à Matignon, samedi)
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