La Croix Rouge fait machine arrière

le 13 janvier 2006 à 19h55 , mis à jour le 13 janvier 2006 à 20h00

Les trois centres de santé de la Croix-Rouge en Seine-Saint-Denis ont rouvert vendredi alors que l'incertitude reste totale sur leur devenir.

croix rouge pretexte

Les trois dispensaires de la Croix Rouge, fermés depuis une à trois semaines selon les villes, ont de nouveau ouvert vendredi en attendant l'avis du comité central d'entreprise (CCE) de la Croix-Rouge sur le plan social que lui a soumis la direction. Ils reprendront les consultations sur rendez-vous en début de semaine prochaine.

Le bras-de-fer procédural dure depuis plusieurs semaines entre les deux parties. Réuni à huis clos mercredi à Paris, le CCE a entamé l'examen du plan de sauvegarde de l'emploi prévoyant la fermeture de neuf de ses centres de santé en France, dont trois en Seine-Saint-Denis. Il reprendra les discussions mardi prochain.

"C'est aux élus d'agir"

Selon Djilali Benaboura, représentant CGT au CCE Croix-Rouge, le CCE a en revanche désormais la possibilité légale d'assigner en justice la Croix-Rouge. "Le CCE a voté mercredi à l'unanimité la motion d'assigner en justice la Croix-Rouge", a-t-il déclaré à l'AFP. La direction de la Croix-Rouge n'avait pu être jointe vendredi sur ce point. "On a joué notre rôle en faisant rouvrir les centres, pour respecter la loi. Mais maintenant c'est aux élus d'agir. Les maires ont des crédits, qu'ils s'en servent", a ajouté M. Benaboura.

A Drancy, les centres municipaux de santé se préparent à recevoir les patients qui fréquentaient le centre de la Croix-Rouge, a indiqué le maire UDF Jean-Christophe Lagarde. "La Croix-Rouge a abandonné le territoire, nos centres de santé vont s'occuper des patients", a déclaré M. Lagarde, surpris par cette réouverture. C'est ubuesque ! Qu'ils rouvrent définitivement, mais pas pour trois mois", a commenté M. Lagarde, ajoutant que "ce n'était pas digne de traiter comme cela les salariés et les patients".

Les fermetures annoncées par la Croix-Rouge avaient suscité une vive émotion du personnel soignant, qui a dénoncé l'abandon de patients déjà défavorisés, l'organisation évoquant une situation "intenable", faute de subventions.

le 13 janvier 2006 à 19:55
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