
La Croix-Rouge tient mercredi un comité central d'entreprise qui doit entériner la fermeture de plusieurs centres de soins en France. Sont concernés des dispensaires du Blanc-Mesnil, d'Epinay-sur-Seine et du Drancy ainsi que de 6 autres structures dans les départements du Nord, du Val-d'Oise, de la Loire et de la Drôme. Il doit aussi examiner un plan de sauvegarde de l'emploi : 137 salariés sont menacés.
La Croix-Rouge estime qu'elle agissait dans ces établissements en tant que délégataire d'une mission de service public, or "la Croix-Rouge ne peut avoir des délégations d'action de l'Etat sans délégations de moyens", tels que les subventions de la CPAM, ou de collectivités. "La Croix-Rouge ne peut assumer seule l'immense majorité des charges", a-t-on ajouté, évoquant une situation devenue "intenable".
"La sécurité n'est plus assurée"
Mardi, l'organisation s'est défendue de se désengager de la Seine-Saint-Denis. "Nous fermons trois centres mais cela ne veut pas dire que nous désertons ce département", a expliqué Olivier Brault, directeur général, soulignant qu'avec 21 délégations locales pour quarante communes, le département "est un de ceux où la Croix-Rouge est la plus investie". La moyenne nationale est de 10 délégations par département.
Evoquant des déficits cumulés approchant les 6 millions d'euros, un responsable a jugé "absolument inacceptable de continuer dans les conditions actuelles, où la sécurité des personnels et des patients n'est plus assurée".
"Plus médiatique"
La Croix-Rouge a justifié les fermetures en évoquant un manque de soutien local. Une affirmation qui a provoqué la colère des municipalités de Seine-Saint-Denis, assurant n'avoir pas été sollicitées pour un sauvetage financier. Le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, a dénoncé mardi "le mensonge grossier" de la Croix-Rouge qu'il accuse "de se désengager de la Seine-Saint-Denis au profit de ses actions internationales sans doute plus médiatiques". "Des aides ont en revanche été sollicitées et accordées pour des opérations de secours", a précisé la municipalité.
La mairie d'Epinay-sur-Seine a accordé en 2005 12.000 euros de subventions au centre de santé de la Croix-Rouge. Cette subvention, minime au regard des déficits du centre, "était celle sollicitée par la Croix-Rouge qui ne nous a jamais demandé plus", a assuré Hervé Chevreau, le maire UDF d'Epinay. Au Blanc-Mesnil, en revanche, "la Croix-Rouge a demandé à la municipalité de combler le déficit annuel", rapporte le docteur Joël Le Cor, directeur général adjoint des services de la ville. "C'est juridiquement impossible pour une ville de verser une subvention d'équilibre à un établissement privé", explique-t-il. "La ville avait donné son accord de principe à une subvention simple et la Croix-Rouge ne l'a pas sollicitée".
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