
"Aujourd'hui les urnes ont parlé. Si Fos-sur-Mer est encore en France, on ne peut pas faire abstraction de ce vote", a déclaré dimanche soir le maire socialiste de Fos-sur-Mer, René Raimondi, précisant qu'il allait demander une audience à Jacques Chirac afin que les voeux de la population soient entendus. Les résultats du référendum auquel étaient appelés les électeurs de trois communes de cette agglomération des Bouches-du-Rhône proche de Marseille venaient d'être proclamés. Des résultats sans ambiguïté : les 44.000 électeurs de Fos-sur-Mer, Istres et Port-Saint-Louis-du-Rhône ont voté massivement contre l'implantation sur leur territoire d'un incinérateur destiné à traiter les déchets de Marseille. "Le non l'a emporté avec 97,80%", a indiqué une porte-parole de l'agglomération Ouest Provence. 22.770 habitants de l'agglomération de Fos-sur-Mer se sont rendus aux urnes, soit un taux de participation de 52,45%.
Ce scrutin, purement consultatif, constituait un nouvel épisode de la longue bataille politique et juridique qui oppose le maire de Marseille et président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), Jean-Claude Gaudin (UMP), partisan de l'incinérateur aux élus de la zone de Fos-sur-Mer qui s'y opposent.
Fermeture d'une décharge

Au coeur de la bataille, les déchets générés par la communauté urbaine de Marseille et la meilleure façon de les traiter alors que la gigantesque décharge à ciel ouvert d'Entressen (Bouches-du-Rhône) doit fermer fin décembre 2006 sous peine de lourdes sanctions de la Commission européenne. Cette décharge reçoit chaque année 600.000 tonnes de déchets des Bouches-du-Rhône, notamment de Marseille mais également des départements voisins. Pour MPM, la construction d'un incinérateur à Fos-sur-Mer, à l'est de Marseille, sur un terrain appartenant au Port autonome de la cité phocéenne, permettrait de compenser la fermeture d'Entressen.
Les élus d'Ouest Provence se disent prêts à traiter sur leur territoire une partie des ordures de MPM mais sans incinérateur qu'ils jugent nocifs pour la santé. Ils soutiennent un plan départemental d'élimination des déchets présenté par le Conseil général, dirigé par le socialiste Jean-Noël Guérini, qui met l'accent sur le tri sélectif et des procédés de traitements biologiques.
Dimanche, pendant le vote, de nombreux habitants de Fos-sur-Mer ne cachaient pas leur farouche opposition à l'installation d'un incinérateur. La ville, située à une quarantaine de kilomètres de Marseille compte déjà de nombreuses industries lourdes : pétrochimie, cimenterie... Beaucoup d'électeurs craignaient cependant que leur vote ne soit pas entendu. Le préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur, Christian Frémont, pourrait donner l'autorisation d'exploitation à l'incinérateur dans les jours qui viennent après le feu vert du comité d'hygiène le 22 décembre 2005. Les élus d'Ouest Provence avaient tenté de s'opposer à l'incinérateur en déclarant inconstructible le terrain sur lequel il devait être construit, une décision suspendue par le tribunal administratif. Ouest Provence a alors modifié son plan d'urbanisme pour interdire toute installation industrielle polluante sur son territoire et lancé cette consultation publique.
D'après AFP
(Image d'ouverture : une affiche appelant à voter non à la consulation)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




