Lyon, 2 décembre – Cinq jours après son opération, la patiente greffée du visage "va bien", assurent les professeurs Devauchelle et Dubernard. Le premier a effectué au CHU d’Amiens l’implantation d’un greffon prélevé à Lille sur une donneuse décédée tandis que le suivi du traitement immunosuppresseur est assuré par le second à Lyon. Cette "première mondiale" suscite espoirs et polémique. DR © The Daily Telegraph"Elle croise tous les jours, à visage découvert, des gens qui ne la reconnaissent pas forcément. A Grenoble, elle se promenait pour aller acheter ses revues sans que personne ne la remarque." Le Pr Devauchelle, qui a réalisé le 27 novembre la première greffe partielle de la face, a exprimé mercredi dans le quotidien Le Courrier picard sa satisfaction.
Un mois et demi après son opération, sa patiente, -une femme de 38 ans-, va bien. C'est peut-être la meilleure preuve d'intégration réelle même si, attention, quand on prête le regard, on s'aperçoit qu'il y a quelque chose qui n'est pas tout à fait normal dans la mobilité de son visage", a déclaré le spécialiste de chirurgie maxillo-faciale au CHU d'Amiens. "Mais il y a une certaine expressivité qui revient lentement. On avait fixé le délai entre trois et six mois et nous ne sommes qu'à un mois et demi", s'est-il réjoui.
La patiente, défigurée par son chien et greffée du triangle nez-lèvres-menton, est toujours hospitalisée. "Elle va encore bénéficier de biopsies, qui sont les moyens de surveiller son rejet", a indiqué le chirurgien. Le Pr Devauchelle a annoncé que son service était "en train d'élaborer un projet d'essais cliniques pour faire cinq cas de transplantation faciale", ajoutant qu'il n'avait "pas de cas urgents à opérer". "Nous sommes passés de l'imaginaire au possible, de la fiction à la réalité. Donc ça se reproduira", a-t-il affirmé, sans donner de date pour une prochaine opération du même type.
Un greffé du coeur, vingt ans après |
photo : DR
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