"Nous proposons formellement notre aide à la Turquie. Si le gouvernement d'Ankara le souhaite, nous enverrons sans tarder des virologues de l'institut fédéral de recherche vétérinaire (BLI) de Riems", qui travaille sur un prototype de vaccin contre la grippe aviaire. Cette proposition d'assistance a été faite par le ministre allemand de la Protection des consommateurs, Horst Seehofer, dans le journal Bild am Sonntag de dimanche.
Il faut dire que la situation en Turquie inquiète l'Europe. "Les cas (de grippe aviaire) en Turquie montrent que nous devons aussi être très prudents. Bientôt, des millions d'oiseaux migrateurs voleront au-dessus de l'Allemagne. Certains pourraient être infectés", rappelle ainsi le ministre allemand. Les cas humains confirmés de la maladie se succèdent : un quatrième a été signalé samedi par les autorités turques, qui ont recensé de nouveaux foyers d'infection de volailles dans l'est du pays. L'Organisation mondiale de la santé a déjà dépêché en Turquie une équipe d'experts chargés d'évaluer la situation aux portes de l'Europe.
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"Il y a quatre cas (humains) confirmés par les laboratoires, trois en provenance de Dogubeyazit et un de Van. Deux de Dogubyazit sont morts, comme vous le savez", a déclaré samedi le ministre turc de la Santé. Trois enfants d'une même famille originaire de la petite ville de Dogubeyazit, près de la frontière iranienne, sont morts entre dimanche et vendredi après avoir joué avec la tête d'un poulet malade, abattu et mangé par la famille. Le H5N1 a été détecté chez deux des enfants décédés, devenus les premières victimes humaines de la grippe aviaire hors d'Extrême-Orient, les tests s'avérant négatifs pour le troisième. Les autorités n'ont pas indiqué si le quatrième enfant de cette fratrie, lui aussi hospitalisé, était porteur du virus.
Le ministre turc de la Santé a indiqué par ailleurs qu'une grande majorité de la trentaine de personnes actuellement hospitalisées pour grippe aviaire présumée provenaient de Dogubeyazit - l'un des foyers identifiés. Il s'est toutefois efforcé d'apaiser la panique - concrétisée par de nombreuses demandes d'hospitalisation - en affirmant qu'il n'y avait pour l'heure aucune indication d'une transmission du virus de l'homme à l'homme. "Nous ne nous attendons pas à une épidémie qui puisse affecter l'ensemble du public", a-t-il souligné. Les experts affirment en effet que la maladie ne se contracte pour l'heure qu'au contact de volailles infectées, mais craignent une éventuelle mutation du virus permettant une contamination plus facile dans les populations.
Le gouvernement turc montré du doigt
Le ministre turc de l'Agriculture a annoncé pour sa part que la grippe aviaire avait été détectée sur des volatiles dans deux nouvelles provinces de l'est de la Turquie, Bitlis et Erzincan. Trois foyers d'infection avaient été confirmés la veille en Anatolie orientale, un autre dans une bourgade du sud-est anatolien et un cinquième près d'Ankara.
Les autorités font face à de nombreuses critiques les accusant de traîner des pieds: les premières alertes à la grippe aviaire dans l'est du pays remontent à près de deux mois. Un chef de village de la province d'Agri a affirmé avoir été contraint d'appeler à l'aide un fonctionnaire qu'il connaissait à Ankara pour faire face à la mort de ses volailles alors qu'une équipe de vétérinaires avait effectué des prélèvements un mois plus tôt mais n'avait pas communiqué les résultats des tests. L'Union des vétérinaires turcs a accusé le gouvernement d'avoir fait preuve de "lassitude" après avoir endigué une première flambée de grippe aviaire dans le nord-ouest en octobre.
Le transport de moutons à travers la Turquie pour le sacrifice rituel de la fête qui marque la fin du pèlerinage à la Mecque pourrait favoriser l'extension de la grippe aviaire dans ce pays, a prévenu le président de l'ordre des médecins d'Istanbul. Bien que les moutons et le bétail ne soient pas affectés par la grippe aviaire, les animaux qui ont vécu à proximité d'oiseaux malades peuvent porter le virus sur leur peau ou leurs pieds, a-t-il précisé devant la presse selon l'agence Anatolie. Le danger des moutons
Photo d'ouverture : archives








