Grippe aviaire : 14 cas en Turquie, l'UE se protège

le 09 janvier 2006 à 13h28 , mis à jour le 09 janvier 2006 à 18h22

Cinq nouveaux cas humains identifiés lundi, tous porteurs du H5N1, une centaine de personnes en attente de résultats de tests du virus : la Turquie se débat contre la grippe aviaire et des experts envoyés par l'OMS et l'UE sont à pied d'oeuvre. Bruxelles interdit l'importation de plumes des zones susceptibles d'être touchées.

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De nouveaux cas humains de grippe aviaire sont signalés quotidiennement en Turquie et l'UE durcit ses mesures de protection. La Commission européenne a ainsi annoncé lundi l'interdiction de l'importation de plumes non traitées provenant de six pays voisins des zones touchées de l'est de la Turquie. Les experts vétérinaires des Etats membres ont rendu un avis unanime en ce sens, avis qui sera entériné formellement mardi par la Commission. La viande et tous les autres produits à base de volailles provenant de ces pays étaient déjà interdits, et seules les plumes n'étaient pas encore bannies. Une équipe d'experts envoyée conjointement par l'Organisation mondiale de la Santé et l'Union européenne est d'ores et déjà à pied d'oeuvre dans la zone touchée en Turquie. Ces experts doivent analyser la situation épidémiologique sur place et aider les autorités turques à y faire face.

L'inquiétude gagne l'Europe avec la proximité des zones touchées : le gouvernement allemand a mis en garde lundi contre les transports illégaux de volaille en provenance de Turquie, en annonçant la plus grande sévérité à l'égard des contrevenants, et a appelé les touristes à éviter la fréquentation des marchés de volaille dans ce pays. En Italie, la consommation de volaille qui s'était rétablie pendant les fêtes de Noël, a recommencé à baisser.

"L'épizootie plus importante qu'on ne l'avait anticipé"

Au total, la Turquie a annoncé jusqu'à présent 14 cas humains de grippe aviaire, dont deux sont décédés. La plupart des malades sont des enfants ou des adolescents. Sur les cinq nouveaux cas détectés lundi, et qui tous étaient infectés par le redoutable virus H5N1, potentiellement mortel pour l'homme, quatre sont originaires du nord du pays - des provinces de Samsun, Kastamonu et Corum - tandis que le cinquième vient de Van, dans l'est, où plusieurs malades ont déjà été signalés.

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La prise en charge médicale des cas humains de la maladie semble se faire dans de bonnes conditions. Les deux malades originaires de Kastamonu, membres de la même famille et âgés de 4 et 5 ans, sont hospitalisés à Ankara mais ne présentent pour l'instant aucun symptôme, a déclaré lundi le chef des services de santé de base au ministère de la Santé, cité par l'agence Anatolie. Un enfant de 5 ans, originaire de Corum, initialement soigné pour une pneumonie, a été également hospitalisé à Ankara et son état s'améliore. Un autre malade, âgé de 12 ans, est soigné à Samsun et a été en contact étroit avec des poulets malades. Le cinquième malade, âgé de 18 ans, est hospitalisé à Van, où deux enfants sont décédés la semaine dernière de la grippe aviaire, qui n'avait jusqu'à présent tué qu'en Asie du Sud-Est.

Les familles pauvres cachent leur volaille

"Sur le plan de la santé humaine, la prise en charge de la crise est bonne. Ils (les responsables turcs) ont été réactifs... et leur réaction est structurée", a confirmé lundi Guenael Rodier, le chef de la délégation d'experts de l'OMS en Turquie, arrivé de Van à Dogubeyazit en compagnie de Recep Akdag, ministre turc de la Santé - ce dernier, placé sous bonne escorte, a d'ailleurs été bousculé par des habitants de cette région à grande majorité kurde, qui ont dénoncé l'inaction supposée du gouvernement. "Le problème, c'est la taille de cette ligne de front homme-animal : il faut la réduire", a estimé Guenael Rodier. "C'est clair que l'épizootie est beaucoup plus importante qu'on ne l'avait anticipé sur cette ligne de front. On a à faire à des petits foyers familiaux, avec une notion de contact prolongé avec les animaux, surtout pour les enfants".

Confirmant ces craintes, des cas d'animaux tués par un virus de type H5 ont été signalés à l'Ouest du pays, alors que les cas humains confirmés touchés par le H5N1 étaient pour l'instant originaires de l'Est. Et selon les médias turcs, de nombreuses familles pauvres cachent leur volaille. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a appelé lundi les Turcs à remettre aux autorités les animaux malades qui doivent être abattus. La zone la plus occidentale où la maladie a été décélée est Küçükçekmece, une banlieue lointaine de la partie européenne d'Istanbul, où des poulets retrouvés morts samedi étaient porteurs de la grippe aviaire. Le sous-secrétaire turc à la Santé a fait état dès dimanche d'une centaine de personnes en attente, à travers le pays, de résultats de tests de la grippe aviaire. 21 personnes suspectées d'être contaminées sont actuellement hospitalisées dans la seule ville d'Istanbul, selon la presse turque citant des responsables de la ville. Quinze provinces turques sont touchées sur 81. La grippe aviaire inquiète de plus en plus le secteur du tourisme, source vitale de revenus pour l'économie nationale.

Photo d'ouverture : patient hospitalisé dans un hôpital turc pour une suspicion de grippe aviaire - DR

le 09 janvier 2006 à 13:28
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5 Commentaires

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  • Thierry M. Carabin, le 10/01/2006 à 10h16

    Pensons à ce que fut la grippe espagnole. Soyons vigilants. Respectons plus strictement encore les consignes d'hygiène. Exemple : lavons nos mains après passages dans les lieux publics. (Les portes que l'on pousse ou tire sont de grandes distributrices !) Soyons attentifs aux autres, prêts à aider les malades et leurs familles.

  • Stephane, le 09/01/2006 à 19h58

    Bonjour, il parait que la grippe aviaire (ou une de ses mutations) pourrait etre transmise par les animaux domestiques et en particulier les chats... quelqu'un pourrait nous donner son avis sur cette possible transmission oiseau -> chat -> humain. merci d'avance.

  • Sébastien, le 09/01/2006 à 18h02

    Voilà un sujet qui fait réfléchir quand à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Je pense que même avec les mesures européennes en terme d'hygiène et de protection contre ce type de maladie, la Turquie serait, aujourd'hui et même dans les années à venir, incapable de prévenir ces épidémies.

  • De flechac, le 09/01/2006 à 17h12

    Il faut étendre cette interdiction à la Turquie qui est touchée. Qu'attend Bruxelles pour fermer également la frontière Greco Turque ? A moins qu'il ne faille encore éviter (comme pour le match de foot Turquie-Suisse) de toucher la susceptibilité Turque !!!!!

  • Tolerance, le 09/01/2006 à 14h49

    Pourquoi ce ne sont pas des vétérinaires qui prennent en charge le problème tant que la pandémie n'est pas déclarée ?

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