Grippe aviaire : fausse alerte en Belgique

le 14 janvier 2006 à 12h49 , mis à jour le 15 janvier 2006 à 10h49

Un journaliste de retour de Turquie et présentant les symptômes de la grippe aviaire a été hospitalisé à Bruxelles. Les analyses ont toutefois exclu le virus H5, selon les autorités sanitaires belges, qui se sont félicitées samedi de l'efficacité de leurs procédures d'alerte.

L'heure des soins (LCI) © LCI

La Belgique a poussé un soupir de soulagement samedi, en apprenant que le cas suspect d'un journaliste revenant de Turquie ne relevait pas la grippe aviaire, mais elle s'est surtout réjouie de l'efficacité du système d'alerte mis en place face à la menace d'une pandémie. "Ce premier test en temps réel est un élément de satisfaction", s'est félicité le ministre belge de la Santé, Rudy Demotte. "Cela nous montre que nous ne pêchons pas par 'trop d'alerte', mais que les protocoles que nous avons mis en place sont utiles", a-t-il poursuivi.

Si la presse n'a été prévenue que samedi matin de la détection d'un cas suspect de grippe aviaire à Bruxelles, les autorités sanitaires étaient sur le pied de guerre depuis vendredi soir. Un journaliste résidant en Belgique et travaillant pour la télévision russe Vesti, s'était rendu dans une clinique d'Uccle, dans la banlieue bruxelloise, car il s'inquiétait d'une toux et d'une température élevée. Agé de 28 ans, le jeune homme russe était rentré la veille de l'est de la Turquie, où il avait réalisé un reportage dans la région de Van, infectée par le virus H5N1, la forme la plus virulente de la grippe aviaire. Avec son caméraman, il avait visité des fermes, ainsi que des hôpitaux. "Même s'il n'a pas eu de contact direct avec les volailles, il correspondait à notre définition d'un cas suspect", a expliqué samedi le spécialiste belge de la grippe aviaire, Piet Vanthemsche.

Un test au niveau de la Belgique "dans les semaines qui viennent"

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Dès lors, les procédures d'urgence ont été appliquées et le journaliste a été transféré en ambulance sécurisée vers l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, spécialisé dans ce type d'infection. Là, il a été isolé dans une chambre à pression négative - où tout air sortant est traité -, placé sous observation et immédiatement soigné comme s'il avait été infecté par le virus H5N1. Des tests ont ensuite été effectués et envoyés à l'Institut scientifique de santé publique de Bruxelles pour analyse. "A 100%, il ne s'agit pas de la grippe aviaire", a finalement affirmé samedi après-midi René Snacken, virologue de l'Institut de la Santé publique, au cours d'une conférence de presse à l'hôpital Saint-Pierre.

Selon l'expert, "les tests qui ont été effectués sur ce patient ont exclu deux fois le virus H5 et ont confirmé par deux fois le H3, qui correspond à une souche saisonnière de la grippe classique". Il ne reste plus à présent qu'à déterminer la qualification précise de la grippe saisonnière dont est victime ce patient, a ajouté le virologue. Le journaliste devrait pouvoir quitter l'hôpital dès dimanche midi. Quant à sa famille et au caméraman, ils sont rentrés chez eux après avoir passé des examens. Les procédures d'alerte des passagers de l'avion pris par le journaliste ont également été interrompues lorsque l'hypothèse du H5N1 a été écartée.

C'est la première fois qu'une telle procédure est mise en place en Belgique suite à la découverte d'un cas suspect de grippe aviaire. "Pour nous, ce qui s'est passé est excellent, car cela confirme qu'il fallait mettre en place un dispositif rigoureux et des moyens financiers", a déclaré le président du CHU Saint-Pierre, Yvan Mayeur. Encouragé par cette expérience, Rudy Demotte a annoncé qu'un test serait lancé au niveau national "dans les semaines qui viennent" afin d'éprouver différentes situations. Mais surtout, a-t-il insisté, cela démontre la nécessité de créer un stock européen d'anti-viraux pour se préparer à une éventuelle pandémie. "C'est un véritable scandale de l'UE", a-t-il déploré, "que nous puissions mettre en oeuvre des stocks à usage vétérinaire, les animaux étant considérés comme des marchandises, tandis que les êtres humains ne peuvent faire l'objet de ces constitutions de stocks".

Photo d'ouverture : archives

le 14 janvier 2006 à 12:49
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