© lciLe plan français de préparation à une éventuelle pandémie de grippe risque de se heurter à des obstacles industriels, selon un rapport parlementaire publié jeudi. La préparation est "une course contre la montre dans laquelle la France est plutôt en tête", a relevé Jean-Marie Le Guen (PS), qui préside la mission d'information sur la grippe aviaire. Il a toutefois jugé les stocks actuels (masques, antiviraux) "insuffisants" pour affronter une grave épidémie grippale.
Préparer la lutte, "c'est beaucoup plus que stocker du Tamiflu" qui d'ailleurs "n'est pas la sainte hostie qui va nous apporter tout d'un coup la protection sanitaire absolue", a expliqué le député. La France a déjà stocké 14 millions de traitements antiviraux (Tamiflu et Relenza) et prévoit de disposer d'un total de 33 millions de traitements d'ici
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"Goulot d'étranglement"
Après avoir auditionné les acteurs de la filière, les députés mettent en garde contre "les difficultés d'approvisionnement en matière première auxquels les fabricants (de masques) risquent de se trouver bientôt confrontés". D'où la nécessité de "trouver des solutions sans tarder" au niveau de l'industrie chimique fine en Europe. Un autre "goulot d'étranglement" est pointé en ce qui concerne le Tamiflu, portant à la fois sur les capacités de production du fabricant et sur l'approvisionnement en anis étoilé, nécessaire pour fabriquer l'antiviral.
Il faut, selon Jean-Marie Le Guen, "repenser la politique industrielle", voire "réfléchir à des partenariats publics-privés au plan européen", en particulier en ce qui concerne la production de vaccin anti-grippe. La mission recommande de "donner suite" au niveau européen et international "à la proposition d''union sacrée des fabricants de vaccins' lancée par le laboratoire GlaxoSmithKline, en vue d'une collaboration de tous les laboratoires du monde pour la fabrication d'un vaccin pandémique".
Autre problème posé : faut-il créer des capacités industrielles qui n'ont pas vocation à perdurer en l'absence de pandémie? Garantir l'approvisionnement en oeufs nécessaires pour fabriquer un vaccin, stocker des antibiotiques pour soigner les complications de la grippe, prévoir suffisamment de blouses, gants, lunettes comme matériels de protection en sus des masques, figurent parmi les autres recommandations du rapport parlementaire. Les députés souhaitent aussi que l'OMS soit dotée "d'un véritable pouvoir d'ingérence sanitaire" pour effectuer enquêtes et contrôles dans les pays touchés par l'actuelle épizootie de grippe aviaire.
photo : archives
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