
Décidément, les autorités, politiques et sanitaires, ne parviennent pas à délivrer un discours cohérent lorsqu'il s'agit d'évoquer la grippe aviaire et les risques qu'elle représente. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi appelé vendredi à éviter de paniquer après les décès de la grippe aviaire annoncés en Turquie (cliquez ici pour lire l'article). L'infection est "circonscrite dans une province" de l'Est de la Turquie, où la volaille est contaminée, et "il n'y a pas de panique superflue à avoir", a déclaré à la presse Fadéla Chaïb, porte-parole de l'OMS. Elle a toutefois précisé n'avoir pas encore de confirmation du gouvernement turc d'un troisième décès.
Des échantillons ont été envoyés dans un laboratoire londonien faisant partie du réseau OMS pour vérifier s'il s'agit bien du virus H5N1 de la grippe aviaire, le plus virulent. Les résultats sont attendus "la semaine prochaine si tout va bien", a précisé la porte-parole. Une équipe de cinq experts de l'OMS en virologie, épidémiologie et laboratoire est arrivée à Ankara et devrait atteindre Van dans la journée de vendredi.
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Se préparer à la pandémie
La veille, l'OMS a d'ailleurs tenu un discours plus alarmiste, évoquant une situation "préoccupante car elle montre que le virus est toujours là et qu'il se propage". L'organisation a alors appelé "tous les pays européens [à] redoubler de vigilance et continuer de suivre scrupuleusement les recommandations de l'OMS en se préparant éventuellement à une pandémie". Les propos émanaient alors du docteur Guenael Rodier, du Bureau européen de l'OMS à Copenhague. La probabilité "de voir surgir une pandémie en Europe a plutôt tendance à augmenter qu'à diminuer, car plus il y a de cas humains infectés, et plus il y a de risques que le virus s'adapte à l'Homme, et il sera alors difficile à arrêter", a estimé ce porte-parole.
Pour l'ensemble de l'Europe, "un contrôle draconien est nécessaire jusque dans les basses-cours des particuliers", notamment dans les pays se trouvant sur les routes migratoires des oiseaux sauvages, a estimé le médecin. Mais, a-t-il souligné, "un des problèmes clés est l'indemnisation : qu'est-ce qu'on donne aux gens lorsqu'on tue leurs poulets, et si l'indemnisation n'est pas bonne, les gens préfèrent cacher qu'ils ont de la volaille malade".
photo : un père et son enfant à l'hôpital de Van (TF1)
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