Grippe aviaire : l'OMS veut rassurer mais s'inquiète

le 06 janvier 2006 à 16h16 , mis à jour le 06 janvier 2006 à 16h26

"Il n'y a pas de panique superflue à avoir" après les décès liés à la grippe aviaire en Turquie, a déclaré vendredi une porte-parole de l'OMS. Mais la veille, un de ses confrères évoquait une situation "préoccupante".

grippe turquie

Décidément, les autorités, politiques et sanitaires, ne parviennent pas à délivrer un discours cohérent lorsqu'il s'agit d'évoquer la grippe aviaire et les risques qu'elle représente. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi appelé vendredi à éviter de paniquer après les décès de la grippe aviaire annoncés en Turquie (cliquez ici pour lire l'article). L'infection est "circonscrite dans une province" de l'Est de la Turquie, où la volaille est contaminée, et "il n'y a pas de panique superflue à avoir", a déclaré à la presse Fadéla Chaïb, porte-parole de l'OMS. Elle a toutefois précisé n'avoir pas encore de confirmation du gouvernement turc d'un troisième décès.

Des échantillons ont été envoyés dans un laboratoire londonien faisant partie du réseau OMS pour vérifier s'il s'agit bien du virus H5N1 de la grippe aviaire, le plus virulent. Les résultats sont attendus "la semaine prochaine si tout va bien", a précisé la porte-parole. Une équipe de cinq experts de l'OMS en virologie, épidémiologie et laboratoire est arrivée à Ankara et devrait atteindre Van dans la journée de vendredi.

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"La première hypothèse de travail, c'est que les enfants [décédés, NDLR] ont touché, ont joué avec des poulets malades et ont été infectés de cette façon-là", a estimé Fadéla Chaïb. "Mais ils vont essayer aussi de voir si on est en face d'un premier cas de transmission interhumaine, qui serait le début d'une épidémie de grippe", a-t-elle indiqué. Une seconde hypothèse, pour le coup, guère rassurante.

Se préparer à la pandémie

La veille, l'OMS a d'ailleurs tenu un discours plus alarmiste, évoquant une situation "préoccupante car elle montre que le virus est toujours là et qu'il se propage". L'organisation a alors appelé "tous les pays européens [à] redoubler de vigilance et continuer de suivre scrupuleusement les recommandations de l'OMS en se préparant éventuellement à une pandémie". Les propos émanaient alors du docteur Guenael Rodier, du Bureau européen de l'OMS à Copenhague. La probabilité "de voir surgir une pandémie en Europe a plutôt tendance à augmenter qu'à diminuer, car plus il y a de cas humains infectés, et plus il y a de risques que le virus s'adapte à l'Homme, et il sera alors difficile à arrêter", a estimé ce porte-parole.

Pour l'ensemble de l'Europe, "un contrôle draconien est nécessaire jusque dans les basses-cours des particuliers", notamment dans les pays se trouvant sur les routes migratoires des oiseaux sauvages, a estimé le médecin. Mais, a-t-il souligné, "un des problèmes clés est l'indemnisation : qu'est-ce qu'on donne aux gens lorsqu'on tue leurs poulets, et si l'indemnisation n'est pas bonne, les gens préfèrent cacher qu'ils ont de la volaille malade".

photo : un père et son enfant à l'hôpital de Van (TF1)

le 06 janvier 2006 à 16:16
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2 Commentaires

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  • Xx, le 08/01/2006 à 12h55

    Il faudrait surtout vacciner toues les volailles pour endiguer cette maladie. et eviter qu'elle se transmette trop souvent a homme, elevage, sauvage. cela a grande echelle

  • Pelissier, le 08/01/2006 à 09h38

    Quand nous dira-t'on enfin la vérité ? on nous même en "bateau" et on ne sait tjrs pas si cette grippe est réellement contagieuse par l'homme tellement on a peur de la pandémie qu'il pourrait y avoir ! A mon avis il vaut mieux savoir que de rien savoir, au moins on saurait à quoi s'en tenir!

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