Les gros pollueurs en appellent aux industriels

le 11 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 11 janvier 2006 à 17h17

Etats-Unis, Australie, Chine, Inde, Japon et Corée du Sud sont réunis jusqu'à jeudi à Sydney. Ces "dissidents" au protocole de Kyoto demandent au secteur privé de prendre la tête de la lutte contre les effets des émissions de gaz à effet de serre.

environnement pollution usine fumee © INTERNE

Certains des plus gros pollueurs de la planète, dont les Etats-Unis, ont exhorté le secteur privé à faire sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique, lors de l'inauguration mercredi à Sydney d'un "partenariat sur le développement propre et le climat" regroupant l'Asie-Pacifique.

Il est temps que le privé "prenne la tête" dans la lutte contre l'émission des gaz à effet de serre, a lancé le ministre australien de l'Energie, Ian MacFarlane, dès l'ouverture de la conférence. "C'est le secteur privé, les sociétés qui sont propriétaires des infrastructures, qui au final vont être celles qui vont résoudre le problème", a renchéri le secrétaire d'Etat américain à l'Energie, Samuel Bodman. Les gouvernements doivent s'en tenir à faciliter le travail du privé et non pas contraindre les industriels qui agiront de toute façon de manière volontaire, a assuré le ministre.

La conférence, qui se tient jusqu'à jeudi, devrait ainsi recommander au secteur privé de dégager plusieurs milliards de dollars pour financer des programmes destinés à réduire la pollution. Voilà donc posé le principe du "Partenariat sur le développement propre et le climat", fondé l'été dernier et qui regroupe les Etats-Unis, l'Australie, la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que des dirigeants de grandes compagnies minières et énergétiques dont Exxon Mobil, Rio Tinto ou Peabody Energy. Le président du groupe américain Electric Power a assuré que l'industrie était disposée à ouvrir son portefeuille, rappelant que sa société avait engagé vingt milliards de dollars dans de nouvelles centrales énergétiques "propres".

Technologies "propres" et nucléaire

Le ministre australien MacFarlane, a pour sa part déclaré que si tous les pays adoptaient les technologies "propres" de consommation de carburants, la réduction des émissions de gaz à effet de serre serait trois fois plus élevée que ce que prévoit le protocole de Kyoto. L'Américain Bodman a par ailleurs estimé que "la communauté internationale devait sérieusement envisager l'utilisation de l'énergie nucléaire si l'on veut réduire sérieusement les émissions de gaz à effet de serre".

Les opposants voient dans le "Partenariat" une échappatoire aux obligations de limitations des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, stipulées dans le protocole de Kyoto de 1997. Canberra et Washington ont refusé de ratifier le protocole, entré en vigueur en février, et les pays réunis à Sydney ont exclu de fixer des objectifs chiffrés en terme d'émissions de gaz polluants, contrairement à Kyoto. Les Etats-Unis représentent plus de 25% des émissions de carbone du monde tandis que l'Australie produit plus de dioxyde de carbone par tête d'habitant que n'importe quel autre pays. Environ 80 personnes ont manifesté devant l'hôtel du centre de Sydney qui accueille la conférence, en déversant du charbon sur un portrait du Premier ministre conservateur australien, John Howard.

Par Neil SANDS (AFP)

photo : archives

le 11 janvier 2006 à 07:00
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9 Commentaires

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  • Pirate, le 11/01/2006 à 17h21

    Les cowboys australiens et americains n'aiment pas le protocole de Kyoto car celui-ci n'impose rien aux pays en developement. Mais justement, si les usa signaient ce protocole ca ferait pression sur les pays en devellopement qui se diraient finalement: tout le monde signe le protocole, il n'y a pas de raison pour qu'on en soit dispensé. Mauvaise foix qui viole encore la planète...

  • Terry, le 11/01/2006 à 17h01

    Je lis: Plusieurs centaines d'écologistes ont l'intention de manifester devant l'hôtel où va se tenir la réunion pour "la présenter comme une imposture dont rien de concret ne sortira"... Cette remarque pourrait justement tout aussi bien s'appliquer au traite de Kyoto. Lisons les promesses faites par les pays signataires et regardons les resultats 8 ans plus tard: rien de concret n'en est sorti !

  • Regis, le 11/01/2006 à 14h14

    De toute facon, il est trop tard.... le mal est fait...

  • Mike, le 11/01/2006 à 14h10

    Et bien sur, comme d'habitude, nous les Francais, nous sommes parfaits...........

  • Ludo, le 11/01/2006 à 13h04

    On s en fou de toutes maniere d ici20- 30ans il n y aura plus petrole avec la consommation actuel. donc les pays qui vont faire la transition pendant ces decenies seront en avance. les usa et autres vont payer le prix tres fort car de toutes facon ils seront obliger de passer par la et la facture risque d etre tres sales aux americains. ils pourront remercier leur president bush

  • Teddy, le 11/01/2006 à 11h56

    C'est sur qu'on crevera tous Xx, après tout ne faite plus de mômes et personne ne sera la pour voir la fin du monde... Et puis après tout, faut etre sympa avec les US car ce sont eux qui nous sauveront tous et nous meneront polluer une autre planète..........

  • Feawing, le 11/01/2006 à 11h35

    Les Etats Unis sont en général pragmatiques. Donc ils pensent à passer aux energies renouvelables, bien entendu. Mais pas pour des raisons écologiques: parce que l'industrie pétrolière sne pourra plus fournir selon les besoins d'ici à dans une vingtaine d'années. Moins si la Chine continue sa progression... Donc bien sûr qu'il veulent voir ce qu'il est possible de faire. Pas pour 2012 mais pour 2020... Pas par générosité mais par intérêt. D'un autre coté, j'aimerais souligné la partialité d'un relevé de pollution: Certaines gaz (même à effet de serre) sont déjà produit en permanence naturellement: dioxyde de carbone, méthane, certains oxydes de souffre, trioxygène...

  • Ab, le 11/01/2006 à 11h17

    Et ça sert à quoi alors vu-que les gros pollueurs s'en tamponnent ?

  • Xx, le 11/01/2006 à 10h51

    En faisant simplement un petit effort, qui ne coutera presque rien, ils peuvent reduire d'un coup de 30% les emissions, apres, ca devient effectivement plus dur et cela necessite des recherches et des investissments plus lourd, il faut simplement en avoir la volonté politique, sinon on crevera tous.

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