
Trois députés de la Réunion ont demandé vendredi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'épidémie à virus chikungunya qui fait rage dans l'île (lire l'encadré ci-dessous). Huguette Bello (non inscrite), Christophe Payet (PS) et René-Paul Victoria (UMP) expliquent la nécessité, "parallèlement aux mesures d'urgence qui s'imposent" de prévoir des dispositions à "long terme".
A l'origine de cette initiative, Huguette Bello demande qu'une commission d'enquête se penche sur "les causes de la propagation rapide et massive de ce virus", "la prise en charge des malades", "la coordination entre les différents niveaux d'intervention", "les procédés pour l'éradication des moustiques". La députée a indiqué qu'en janvier 2006, "plus 10.000 personnes" étaient atteintes par ce virus, selon le DRASS, "plusieurs dizaines de milliers", selon les professionnels de santé.
"De nombreux cas sont sous-estimés", a affirmé vendredi l'Association des médecins urgentistes de France (Amuhf), qui a demandé la tenue d'une "réunion de crise" au ministre de la Santé. "Il est urgent d'agir et de dépêcher des renforts sur place", insiste l'Amuhf, qui souligne que les urgences, "en première ligne", manquent de moyens. Selon le syndicat, près de 15% de passages aux urgences par jour ont là-bas un diagnostic de Chikungunya, contre 10% la semaine dernière.
La Sécurité civile a annoncé pour sa part avoir envoyé sur place trois hommes afin d'évaluer les moyens à déployer éventuellement pour renforcer la campagne de démoustication de l'île. Cette mission devrait durer "quelques jours" et pourrait déboucher, en cas de besoin, sur l'envoi de renforts et de matériel, selon la Sécurité civile. Actuellement, plus de 1.500 personnes participent à cette campagne de démoustication, a indiqué jeudi au Sénat François Baroin, ministre de l'Outre-mer.
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