© INTERNELa sonde horizons">New Horizons, qui doit être lancée mardi, porte bien son nom : elle ouvre de "nouveaux horizons" à la Nasa. Celui de la vitesse, d'abord. Si tout se passe bien, l'engin s'arrachera de Cap Canaveral, en Floride, entre 19h24 et 20h23 heure française. Une fusée Atlas V-551 à deux étages, construite par Lockheed Martin, l'emportera à une vitesse d'environ 50.000 km/heure, en faisant ainsi l'engin spatial le plus rapide ayant jamais décollé. La sonde atteindra la Lune en 9 heures, contre trois jours pour une capsule Apollo.
L'autre "nouvel horizon", c'est la destination de la sonde : Pluton, la plus petite planète du système solaire et la plus éloignée du Soleil, autour duquel elle fait une révolution en 248 ans. Depuis sa découverte en 1930, elle reste une énigme : est-ce une planète ou un gros astéroïde ? Pluton est plus petite que sept satellites du système solaire. Son diamètre représente deux tiers de celui de la Lune. Les seules images d'elle ont été prises par le télescope spatial Hubble et elles sont très floues. New Horizons arrivera aux abords de Pluton en 2015, après un périple de 6,4 milliards de km. La sonde survolera alors pendant six mois la planète. Au programme : prises de photos et recueil de données sur son atmosphère et sa géologie.
"Fouilles archéologiques"
La sonde procédera aussi à des observations de Charon, la principale lune de Pluton, ainsi que de deux autres satellites récemment découverts par Hubble. Elle se dirigera ensuite vers la ceinture de Kuiper, une région glacée située derrière Neptune, qu'elle traversera en récoltant une moisson d'informations tout aussi précieuses. Les astronomes ont repéré dans cette ceinture d'astéroïdes, entourant notre système solaire, des centaines de milliers d'objets célestes surnommés "les nains de glace", apparemment similaires à Pluton, lui aussi glacial.
"Explorer Pluton et la ceinture de Kuiper revient à faire des fouilles archéologiques dans la partie la plus éloignée du système solaire, un endroit ancien où l'on peut trouver des indices de l'histoire de la formation des planètes", selon Alan Stern, le responsable scientifique de cette mission, astrophysicien au Southwest Research Institute, à Boulder (Colorado).
Plutonium à bord
De la taille d'un grand piano et pesant 454 kilos, New Horizons est dotée de sept instruments scientifiques. Elle sera alimentée par un générateur thermoélectrique au plutonium produisant 200 watts. L'agence spatiale américaine a ainsi officiellement averti l'ONU et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que près de 11 kilos de matière radioactive allaient être envoyés dans l'espace. L'Afrique australe et l'Australie seront survolées par l'engin. En cas d'accident au décollage — une probabilité estimée à 4 chances sur 1000 par la Nasa, celle-ci s'est engagée à assister les pays touchés par une éventuelle contamination radioactive.
L'Agence a déjà lancé au moins 25 autres engins spatiaux fonctionnant avec une énergie apportée par des matières radioactives, indique le site Internet New Scientist Space, en précisant que "sept de ces satellites sont toujours en orbite autour de la Terre". "Les accidents ont été rares", poursuit le site, qui évoque notamment la perte de 3,8 kilos de plutonium dans l'Océan Pacifique, lors de l'échec de la mission Apollo 13. La Nasa justifie le recours au plutonium du fait de la destination de la sonde : celle-ci sera trop éloignée du Soleil pour qu'elle puisse utiliser l'énergie qu'il dégage.
photo : NASA/JHU/APL (vue d'artiste)
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