© INTERNEJacques Chirac a annoncé jeudi le lancement d'un prototype de réacteur nucléaire de 4e génération lors des voeux aux forces vives. Ce prototype devra entrer en service en 2020. Des partenaires industriels ou internationaux pourront y être associés. "Il faut préserver notre avance dans le nucléaire. Nous avons lancé l'EPR à Flamanville et c'est la France qui a été choisie pour implanter Iter. L'enjeu, c'est la domestication de l'énergie du soleil d'ici la fin du siècle", a rappelé le chef de l'Etat. Par ailleurs, "pour faire progresser encore la confiance, j'ai demandé au gouvernement de créer par la loi sur la transparence nucléaire, dès cette année, une autorité indépendante chargée du contrôle de la sécurité nucléaire, de la radioprotection et de l'information", a-t-il poursuivi. Concernant le stockage des déchets radioactifs, Jacques Chirac a indiqué que le Parlement sera saisi "au cours du débat public en cours" d'un "projet de loi qui devra être voté avant la fin de l'été".
Prévoir l'après-pétrole, une réflexion dans laquelle la France a l'ambition d'être "une référence mondiale" selon Jacques Chirac, c'est aussi économiser l'énergie dans l'habitat, multiplier par cinq les biocarburants d'ici deux ans, développer la voiture électrique. "Nous devons réserver l'utilisation du pétrole aux transports et à la chimie, et développer le plus possible des substituts, comme la chimie verte" (chimie non polluante), a déclaré le président. Les transports publics doivent montrer l'exemple, au premier rang desquels la RATP et la SNCF "qui ne devront plus consommer une goutte de pétrole dans 20 ans", a-t-il dit. La politique énergétique française doit aussi se bâtir dans un cadre européen, a souligné le chef de l'Etat. La France présentera lors du prochain Conseil européen un mémorandum sur la politique énergétique.
Les industriels satisfaits
Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, s'est félicitée de cette annonce, qui "va tout à fait dans le sens de ce que nous préparions". Areva, premier groupe mondial de nucléaire civil, a déjà mis au point un réacteur de troisième génération, l'EPR, qui a été vendu à la Finlande et à la France, où il doit entrer en service à l'horizon 2012. Le PDG d'Electricité de France, Pierre Gadonneix, s'est également félicité de l'annonce du président de la République, soulignant que "le programme nucléaire français fait le respect et l'admiration des Etats-Unis et du monde entier". "Pour l'Europe, le nucléaire est une réponse à la crise gazière", a estimé pour sa part Gérard Mestrallet, PDG de Suez, qui a l'intention de participer à la construction de l'EPR en France. La SNCF s'est déclarée favorable au tout électrique, les locomotives électriques étant plus économiques et plus puissantes que les diesel.
Le "tout nucléaire"
Cela ne concerne qu'une "pure invention publicitaire de l'industrie nucléaire", dénonce le réseau "Sortir du nucléaire". Après "l'échec cuisant du surgénérateur Superphénix" (abandonné depuis plusieurs années) et le lancement du réacteur international expérimental de fusion thermonucléaire ITER (qui doit être construit à Cadarache), "voici la supposée génération 4. Il s'agit en réalité du recyclage de vieux projets qui avaient été auparavant écartés par l'industrie nucléaire", affirme le réseau, qui dit regrouper 722 associations.
Les Verts se sont également insurgés contre les annonces du Président. "En annonçant le lancement de la conception d'un réacteur nucléaire de 4ème génération, sans même attendre le résultat des débats publics sur l'EPR, réacteur de troisième génération, et sur les déchets radioactifs, Jacques Chirac apparaît comme un parfait défenseur du lobby nucléaire", soulignent les Verts.
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