
Le préfet de la Réunion Laurent Cayrel a annoncé mercredi un "plan d'action" pour lutter contre l'épidémie du Chikungunya, maladie dont le vecteur est un moustique. Selon le ministre de l'Outre-mer, François Baroin, interrogé le même jour sur France Inter, 6.273 personnes ont été victimes de ce virus dans l'île au 31 décembre 2005.
Le Chikungunya, qui veut dire "marcher courbé" en swahili, est une maladie handicapante, proche de la dengue, qui se traduit par une poussée de fièvre accompagnée de fortes douleurs aux articulations pouvant durer plusieurs semaines. "C'est une maladie dont on ne meurt pas" et qui "ressemble à une grande grippe", a rappelé le ministre, soulignant que la principale préoccupation des autorités sanitaires est sa "transmission de la mère à l'enfant". Indiquant que 300.000 euros ont déjà été débloqués pour lutter contre les moustiques vecteurs de la maladie, François Baroin a récusé la demande du parti communiste réunionnais (PCR) de déclarer l'épidémie "cause nationale". "On n'en est pas là" a-t-il dit.
"Que chacun se sente concerné"
De son côté, le préfet de la Réunion a décliné les moyens d'un "plan d'action" qui sera mis en place dans l'île pour combattre l'épidémie. Il a annoncé la "poursuite de la lutte anti-vectorielle avec des interventions systématiques sur les sites contaminés" par les moustiques ainsi qu'une "action d'information visant à sensibiliser chaque Réunionnais sur les réflexes à observer".
"Il faut que chacun se sente concerné. Chaque jardin non traité, chaque poubelle non vidée, sont autant de facteurs de prolifération de l'épidémie", a déclaré le préfet. Il a annoncé le déblocage prochain d'une somme de un million d'euros pour renforcer les moyens sur le terrain et mener une campagne de communication auprès du public. Ces derniers temps, les rumeurs les plus alarmistes sur l'épidémie ont circulé dans l'île, relayées par des médias voire par des élus.
La Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) a contesté le chiffre de 30.000 malades avancé notamment par le PCR, rappelant qu'environ 6.500 cas ont été recensés avec une marge d'erreur de l'ordre de 10%. La Drass a également indiqué que 8 cas de complications neurologiques avaient été observés, aucun décès n'ayant été constaté.
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