Le plan de démographie médicale de Bertrand

le 25 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 24 janvier 2006 à 15h24

Le ministre de la Santé doit détailler mercredi son plan de démographie médicale destiné notamment à rééquilibrer et à dynamiser l'implantation des professionnels de santé sur l'ensemble du territoire.

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Il a été maintes fois annoncé. Plusieurs fois repoussé. Mais il est enfin prêt. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, va détailler aujourd'hui son plan de démographie médicale destiné à rééquilibrer et à dynamiser l'implantation des professionnels de santé sur l'ensemble du territoire. Ce plan repose sur "trois  piliers" : les incitations - le ministre se disant hostile à la coercition -,  la formation et les conditions d'exercice. Il devrait s'inspirer des différents rapports remis ces dernières années aux pouvoirs publics par le président de l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS), le Professeur Yvon Berland.

Car la France est confrontée à deux problèmes. En premier lieu, la pénurie annoncée de certains professionnels pour les décennies à venir. Selon un scénario de la Drees (ministères de la Santé et de l'Emploi), les médecins, aujourd'hui en nombre jugé suffisant, pourraient voir leur nombre refluer de 205.000 (2002) à 186.000 en 2025. La démographie médicale passerait ainsi de 335 médecins pour 100.000 habitants en 2002 à 283 pour 100.000 en 2025, selon la Drees. Deuxième point noir : les professionnels de santé sont mal répartis sur le territoire. Paris et le Midi composent une France "surmédicalisée", en comparaison avec le reste du pays, "sous médicalisé", sans oublier le contraste entre zones urbaines et rurales.

Rendre plus visible les incitations déjà existantes

Le ministre entend tout d'abord rendre plus visibles les incitations existantes. La loi réformant l'assurance maladie (2004) et la loi sur les territoires ruraux (2005) ont ainsi prévu, pour les praticiens s'installant en zones sous-médicalisées, un ensemble d'aides financières : forfaits, partie des gardes et astreintes exonérée d'impôts, indemnités de logement pour les étudiants.... M. Bertrand souhaite aussi encourager les praticiens proches de la retraite à prolonger leur activité, en leur offrant la possibilité de cumuler leurs revenus avec une partie de leur retraite.

Fidéliser les étudiants à leur région d'origine

Le Pr Berland avait suggéré, en mai, des actions pour fidéliser les étudiants en médecine dans leur région de formation : il a notamment proposé de transformer l'examen national classant (ECN) pour les étudiants en 6e année (ex-internat) en épreuves classantes inter-régionales, avec la création de sept inter-régions, où les postes proposés correspondraient aux besoins locaux. Dans sa palette d'outils, le ministre peut aussi décider de continuer à  relever les numerus clausus, (quotas d'entrée en 2e année de médecine, dans les  instituts de formation etc) un mouvement entamé en 2000 . "Nous poursuivrons dans cette voie", a-t-il déjà dit, sans autres précisions. La "mise en place de passerelles plus efficaces entre l'ensemble des  professions médicales et paramédicales" est aussi évoquée par M. Bertrand.

Les modes d'exercice

 Le ministre est favorable à l'exercice en groupe ou sur plusieurs sites. Il souhaite ainsi que les consultations des médecins exerçant dans les cabinets groupés, dans des zones sous-médicalisées,  bénéficient d'un bonus "d'au moins 20%". Le plan devrait également prendre en compte la féminisation du corps  médical, avec des mesures spécifiques concernant la maternité. Le partage des tâches, la délégation de compétences d'un professionnel à un  autre, la création de nouveaux métiers de la santé sont d'autres pistes  possibles.

le 25 janvier 2006 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Sophie, le 26/01/2006 à 20h12

    Oui mais si il n'y a plus de médecins dans certains coins, la SECU ne sert plus à rien ! C'est une réforme qui vise a attirer les médecins vers certains coins désertés de France, ce qui me parait être une bonne nouvelle, je ne sais pas à quoi ressemblera mon village le jour ou le médecin généraliste prendra sa retraite si aucun jeune ne vient s'installer à sa place, et d'après ce que me racontait mon médecin, personne n'a pour l'instant envie de prendre sa succession... Déjà que l'hopital est en train de mourir à petit feu et que je dois encore attendre 9 mois avant d'avoir un RDV chez mon ophtalmo alors là ca serait la fin... Plus de médecin dans les campagnes = la mort des campagnes. Donc assurement POUR cette réforme.

  • Devilmange, le 26/01/2006 à 08h37

    Je vois que l'on prevoit encore d'elargire le trou de la secu et toujour avec les meme. exemple les contrat de bonne pratique, les contrats de santé publique qui je peut vous le dire coute tres chere à la secu par mois.l'augmentation sur plusieurs années de leur tarifs etc.. plus encore, vu les dessous de ce nouveau projet. Bravo mais n'oublier pas que la secu devrait etre au assurés et non pas aux medecins.

  • Moimeme, le 25/01/2006 à 16h47

    Je note que meme pour les professions liberales le gvt cherche a repousser l'age de la retraite. travaillez plus longtemps sacrifiez vos retraites dommage de cotiser toute une vie et de ne pas en profiter. enfin si ca plait aux personnes concernes...

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