Remous au CNRS

le 11 janvier 2006 à 18h34 , mis à jour le 11 janvier 2006 à 20h11

Catherine Bréchignac a été nommée mercredi présidente du CNRS, en remplacement de Bernard Meunier, démissionnaire. Il s'opposait à la réorganisation du directeur général de l'établissement, qui va être remplacé. Ambiances.

recherche scientifique cnrs © INTERNE

Le vaisseau amiral de la recherche publique française tangue. Après une démission, un limogeage et une nomination, la direction du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a été profondément modifiée en moins d'une semaine. Au cœur de ces mouvements, la réorganisation de l'établissement sur fond de débat sur la recherche en France.

"Réticulation" ou "évolution"

La physicienne Catherine Bréchignac, 49 ans, a été nommée mercredi présidente du CNRS. Ancienne directrice générale de cet organisme de 1997 à 2000, elle remplace Bernard Meunier, qui a démissionné vendredi dernier. Ce dernier, en place à ce poste depuis le 20 octobre 2004, a déploré dans une lettre une "réticulation administrative excessive (qui) ne semble pas la meilleure manière de répondre aux défis scientifiques qui attendent notre établissement". En clair : il dénonçait la lourdeur administrative qu'allait susciter la réorganisation interne menée par Bernard Larrouturou, directeur général du CNRS depuis juillet 2003.

Présentant cette réforme au printemps dernier, Bernard Larrouturou avait affirmé que le "projet d'évolution" du CNRS "allait beaucoup plus loin qu'un changement d'organisation d'établissement" et passerait par une fermeture de laboratoires, "l'abandon éventuel de certaines activités" de recherche et un partenariat fort avec les universités. Cette réorganisation, qui doit être "pleinement opérationnelle début 2006", prévoit notamment que se substitueront aux huit départements actuels, quatre départements scientifiques (Mathématiques, informatique, physique, planète et univers ; Chimie ; Vivant ; Homme et Société) et deux départements transversaux (Environnement et développement durable ; Ingénierie).

"Solidarité" et "indignation"

Le départ de Bernard Meunier semblait annoncer celui de Bernard Larrouturou. Confirmation ce mercredi par François Goulard, ministre délégué à la Recherche : "Nous nommerons prochainement un directeur général qui aura une identité de vue avec la présidente". "Nous devrons faire évoluer le statut du CNRS pour que les dissensions comme celles qui ont existé entre le président et le directeur général ne se renouvellent pas", a expliqué le ministre.

En réaction, "les membres de l'équipe de direction du CNRS" ont affirmé être "solidaires de l'action menée par Bernard Larrouturou" dans une lettre au Président de la République et au gouvernement. Les signataires "s'indignent de l'interruption brutale annoncée du mandat du directeur général et l'analysent comme une remise en cause de la réforme déjà fortement engagée". Ils rappellent que cette réforme "a été approuvée par le Comité technique paritaire des personnels, par le Conseil scientifique, par le Conseil d'administration du CNRS le 19 mai 2005 et soutenue par le ministère de tutelle". De son côté, Sauvons la Recherche, à l'origine du mouvement des chercheurs en 2004, estime qu'il y a "dans ce limogeage la même logique que dans ‘le pacte pour la recherche' [le projet de loi sur la recherche, NDLR] : la défiance vis-à-vis des institutions scientifiques et des chercheurs".

D'après AFP

photo : DR

le 11 janvier 2006 à 18:34
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16 Commentaires

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  • Marco, le 16/01/2006 à 14h18

    Il faut supprimer une fois pour toute le CNRS et creer uniquement de VRAIES universités, avec de VRAIS départements de recherche dignes de notre pays, identifiables au niveau international, et largement dotés de moyens financiers. Il faut une politique de recherche claire, refléchie, car ce qui nuit a notre recherche scientifique, c'est le COPINAGE, les luttes fratricides entre nos mandarins de la Recherche et surtout la PAPERASSERIE administrative!!!! signé : un Maitre de conferences (Rennes)

  • Lolo, le 12/01/2006 à 21h12

    4 annnées de thèse m'ont permis de constater à quel point les laboratoires sont un lieu de recherche en tout genre. Recherche de mains d'oeuvre pour terminer les travaux dans sa maison (ben oui quoi, un thésard, ça sert aussi à poser du carrelage ! ). Recherche d'appuis politiques autour du café de 9h, de 11h, de 14h, de 16h. Recherche de thèmes de recherche si possible les plus abstraits possibles. Car l'abstraction a de gros avantages : on n'aura pas besoin de prouver les concepts par l'expérience et on pourra dire qu'il s'agit de recherche fondamentale (si, si, on vous l'assure, les applications sortiront dans moins d'1 milliard d'années). Recherche d'un autre chercheur pour parler politique car c'est tellement bon de se retrouver entre intelligents de gauche. Bref, faite de la recherche en France si vous n'aimez pas faire de la recherche scientifique, sinon, vous serez déçus. Si vous aimez les jeux politiques, que vous aimez parler politique, que vous avez la prétention d'être bon et intelligent et évidemment que vous êtes de gauche, alors foncez !

  • Pirate, le 12/01/2006 à 18h08

    CNRS=laboratoire de fonctionnaires. Pas besoin d'en dire plus...

  • Dom, le 12/01/2006 à 17h36

    A Syndrael et Pierre de Paris, Si l'ethnologie permet d'expliquer, a la fin, pourquoi des personnes comme vous divaguent ainsi dans les forums de discussion alors je suis totalement pour!!! Pourriez-vous m'expliquer quelles ont été les applications immédiates de la découverte de la radioactivité par les Curie??? La réponse est : il n'y en a eu aucune... Et pourtant tout le monde est d'accord aujourd'hui pour dire que cela a été un pas décisif pour la science atomique... Alors qui sait ce que les hymenoptères de Papouasie peuvent nous apprendre? Le doute suffit à justifier leur étude. PS : La Papouasie Nouvelle Guinée existe bien, je suis bien moins sûr pour la Papouasie du Sud...

  • Marion, le 12/01/2006 à 15h54

    Le but de Chirac a toujours été de foutre le CNRS en l'air, des gens qui savent penser et analyser c'est pas compatible avec la politique de la caste chiraquienne qui préfère des moutons bien sages qui se laissent tondre. Donc le gouvernemnet a tout intéret à mettre le CNRS en difficulté. On veut tuer le chien?? On fait en sorte qu'il attrape des puces et ensuite on l'immole sous les applaudissement de l'opinion publique que l'on a blousé une fois de plus..c'est lamentable

  • Olivier, le 12/01/2006 à 14h16

    Tout a fait d'accord avec Feawing. Arretons de melanger recherche fondamentale et recherche appliquee. Les deux sont necessaires. La premiere semble moins productif a court terme mais a long terme ca porte ses fruits. Pensez-vous vraiment que Newton imaginait fabriquer des avions quand il decriva et demontra la loi de la gravite?

  • Cc, le 12/01/2006 à 13h46

    Le CNRS est une machine qui est plus "préoccupée" d'organisation administrative que de recherche; D'ailleurs seule une faible part de son budget sert à financer le fonctionnement des laboratoires. La reforme qui se met en place actuellement est en train de creer un enorme mammouth administratif dans lequel les chercheurs perdront leur temps dans les paperasses. Enfin, la recherche produira des resultats quand on en finira avec le copinage qui sert de base à l'attribution des moyens et à l'evaluation de la recherche! Il faut remettre la recherche au centre des préoccupations du CNRS! signé : Un enseignant-chercheur.

  • Sami, le 12/01/2006 à 13h06

    Cyndrael et Pierre, est ce que vous savez vraiment de quoi vous parlez? Savez-vous vraiment ce qu'est la recherche? Il ne suffit pas d'avoir "Côtoyé" un chercheur pour prétendre s'y connaitre! Et demandez aux prix Nobel, P et M Curie et tous ceux qui ont changé notre monde, combien d'années, de frustrations, de déceptions cela leur a pris avant d'avoir "trouvé" ! Alors arrêtez de dire n'importe quoi. Un peu de respect pour ces chercheurs qui se sont enfouie dans leur labo pendant tant d’année juste pour un « espoir » de rendre ce monde meilleurs. Et croyez moi, ils dépassent de loin les 35H ! Merci de me publier.

  • Feawing, le 12/01/2006 à 11h28

    Je trouve significatif la confusion entre science et technologie. Le but de la science n'est pas de nous apporter des trucs et des bidules censés nous faciliter la vie; le but de la science est d'apprendre, et de comprendre le monde dans lequel on vit. Rare sont les gens à comprendre cette distinction, y compris au CNRS, visiblement...

  • Arnaud Dubois, le 12/01/2006 à 11h13

    Si cet institut pouvait consacrer ses moyens (humains et matériels) pour la recherche à la place de la politique, la France ferait un bon d'une dizaine d'années par rapport à ces concurrents directs. Force est de constater que c'est plutôt un institut aux principes gérontocratiques, où les moyens matériels sont utilisés pour asseoir des des personalités qui règnent comme de véritables patriaches, et où les sélections sont loin d'être équitables. Dans ces conditions il est normal que les querelles de personnes prennent le dessus sur les objectifs naturels d'un institut de recherche scientifique.

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